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	<title>La Politeia, la revue collaborative en ligne &#187; Langage</title>
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	<description>Parce qu&#039;il n&#039;y a pas de liberté sans politique.</description>
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		<title>Petit traité de l&#8217;individualisme</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Nov 2011 14:52:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Expression libre]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Pamphlet]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[On entend dire de part et d'autre que la société d'aujourd'hui, marquée par le consumérisme effréné et le chacun pour soi, serait de plus en plus «&#160;individualiste&#160;». Dans une certaine acceptation, cette affirmation est vraie. Cependant, l'individualisme au sens noble pourrait au contraire s'avérer être un solide rempart contre les mentalités qui lui sont trop souvent injustement liées. Quelques réflexions sur un mélange des genres pas si innocent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR"><em>Parmi les innombrables termes philosopho-politiques hautement discutés depuis les origines de l&#8217;humanité, ceux de la Liberté et de l&#8217;Individualisme figurent à un rang plus que respectable. Et, comme tout mot de vocabulaire associé à un minimum de complexité, ceux-ci font l&#8217;objet de moult définitions pouvant prêter à confusion ; conceptions parfois antagonistes, parfois semblables, parfois positives, parfois négatives, parfois manichéennes, parfois nuancées. Je réserve d&#8217;ailleurs l&#8217;étude de ces problèmes de communication liés au langage, menant le plus souvent à une difficulté voire une impossibilité totale de se comprendre entre êtres humains, à un article ultérieur.</em></p>
<p lang="fr-FR"><em>Un peu comme je l&#8217;ai fait pour la Liberté, j&#8217;évoquerai donc seulement ici, certes de manière bien éloignée de la masturbation intellectuelle académique officielle mais en toute humilité et en toute subjectivité assumée, ma vision propre et personnelle de ce qu&#8217;est l&#8217;individualisme, ou plutôt de ce que sont LES individualismes.</em></p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<h3><strong>Quel est le rapport avec la choucroute</strong></h3>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">Afin de se faire une toute première idée de ce qui est communément entendu par « individualisme », prenons en exemple la définition donnée par la Bible des temps modernes, j&#8217;ai nommé : Wikipédia.</p>
<p lang="fr-FR">(en anglais, car je la trouve bien plus adaptée à cet article que celle en français)</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR"><em>Individualism is the moral stance, political philosophy, ideology, or social outlook that stresses &laquo;&nbsp;the moral worth of the individual&nbsp;&raquo;.[1] Individualists promote <span style="text-decoration: underline">the exercise of one&#8217;s goals and desires</span> and so value <span style="text-decoration: underline">independence and self-reliance</span>[2] while <span style="text-decoration: underline">opposing most external interference upon one&#8217;s own interests, whether by society, family or any other group or institution</span>.[2]  Individualism makes the individual its focus[1] and so starts &laquo;&nbsp;with the fundamental premise that the human individual is of primary importance in the <span style="text-decoration: underline">struggle for liberation</span>.&nbsp;&raquo; Classical liberalism (including libertarianism), existentialism and anarchism (especially individualist anarchism) are examples of movements that take the <span style="text-decoration: underline">human individual as a central unit of analysis</span>.[3]  It has also been used as a term denoting &laquo;&nbsp;The quality of being an individual; individuality&nbsp;&raquo;[2] related to possessing &laquo;&nbsp;<span style="text-decoration: underline">An individual characteristic</span>; a quirk.&nbsp;&raquo;[2]</em></p>
<p lang="fr-FR"><em><br />
</em></p>
<p lang="fr-FR">Évidement, il ne s&#8217;agit là que d&#8217;un exemple pour illustrer mon propos, incomplet, orienté, imparfait, mais on peut déjà en dégager diverses choses sur le ressenti culturel à propos du concept d&#8217;individualisme.</p>
<p lang="fr-FR">Bien sûr, on retrouve le fait que l&#8217;individualisme est large, couvre plusieurs domaines de « sciences humaines » (philosophie, politique, sociologie,&#8230;), et est revendiqué par de nombreuses personnes d&#8217;horizons politiques très différents. Mais on y décèle également un lien avec les concepts d&#8217;émancipation, de droits de l&#8217;être humain, et donc de liberté ; et, surtout, une opposition (supposée) entre l&#8217;individu, instrument de sa propre libération, et le groupe, la communauté, autrui.</p>
<p lang="fr-FR">Ce mélange des genres est pourtant bien inadapté. L&#8217;individualisme, source de liberté et d&#8217;émancipation, serait-il ainsi incompatible avec l&#8217;immonde oppression représentée par la communauté ? L&#8217;individu ne pourrait-il se rendre indépendant, libre, que par le rejet de toute influence de l&#8217;autre ? La satisfaction des intérêts égoïstes et personnels de l&#8217;individu – car c&#8217;est bien de cela dont il s&#8217;agit -, seraient donc une condition sine qua non de l&#8217;accès à cette liberté de l&#8217;individu ?</p>
<p lang="fr-FR">En réalité, il n&#8217;existe pas un seul individualisme, mais au moins deux. En assimilant, d&#8217;un côté, l&#8217;individualisme de l&#8217;émancipation, de la liberté, des droits, de la créativité, de l&#8217;unicité de la personne ; et, de l&#8217;autre, l&#8217;individualisme égocentré, égoïste, anti-communautaire, on réalise là une dangereuse synthèse idéologique. S&#8217;il faut exacerber l&#8217;individualisme pour être libre, et que l&#8217;individualisme est intimement lié aux besoins et intérêts de l&#8217;individu – contre ceux de la communauté -, alors défendre la liberté équivaut à promouvoir ce culte intense du Moi, ce dégoût déguisé de la masse et des autres, cet égocentrisme jugé libérateur. C&#8217;est le sophisme déployé par l&#8217;idéologie dominante libérale. Relier, dans l&#8217;esprit des gens, l&#8217;individu déconnecté de la masse, agissant pour sa gueule, consommant « pour devenir soi-même », et l&#8217;individu libre, émancipé, unique, créatif, intéressant. Il s&#8217;agit de légitimer des comportements barbares et égoïstes, allant de pair avec l&#8217;esprit et le fonctionnement intrinsèque du système capitaliste, au motif que ceux-ci, non satisfaits d&#8217;être « dans la nature humaine », seraient également une condition de son épanouissement.</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">Pourtant, l&#8217;individualisme n&#8217;est pas foncièrement mauvais. Il faut juste différencier ce que j&#8217;appellerai, conséquence d&#8217;un jugement de valeur honteux de ma part, le « bon individualisme », émancipateur et libertaire, du « mauvais individualisme » cultivant l&#8217;égo et se focalisant sur les intérêts personnels ; et promouvoir aussi intensément le premier que l&#8217;on combat férocement le deuxième.</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<h3><strong>L&#8217;individualisme émancipateur et libertaire</strong></h3>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">Car malgré l&#8217;acceptation de la vie quotidienne qui prendrait, la plupart du temps, l&#8217;individualisme comme synonyme d&#8217;égoïsme, celui-ci est à mon sens une valeur philosophique à réhabiliter de toute urgence.</p>
<p lang="fr-FR">L&#8217;individualisme, comme rejet de la conformité à la masse, comme refus de suivre le troupeau de moutons. L&#8217;individualisme, comme vecteur de diffusion de la tolérance, de la différence, de l&#8217;unicité de chacun. L&#8217;anticonformisme, le « Be Yourself », le « Do It Yourself » si chers aux mouvements punks.</p>
<p lang="fr-FR">C&#8217;est se rendre compte de l&#8217;immense richesse de chaque individu, de son potentiel créatif et imaginatif, c&#8217;est mettre en œuvre toutes les conditions de l&#8217;épanouissement intellectuel de chacun d&#8217;entre-nous afin que ce potentiel puisse se réaliser.</p>
<p lang="fr-FR">Socialement, il s&#8217;agit de fonder une société peuplée par des êtres libres de leurs choix (au sens philosophique du terme, la liberté de l&#8217;homme étant pour moi parfaitement illusoire&#8230;), indépendants, émancipés de la manipulation mentale et de toute forme d&#8217;aliénation, capables de raisonner et de prendre des décisions par eux-mêmes.</p>
<p lang="fr-FR">D&#8217;un point de vue humaniste, c&#8217;est plaider pour la dignité de chaque être humain, pour leur égalité (dans le sens libertaire développé lors de mon précédent article) ; c&#8217;est se battre contre l&#8217;exploitation de l&#8217;homme par l&#8217;homme, la misère, la hiérarchie, l&#8217;endoctrinement, l&#8217;esclavage-salarié, et tout ce qui retire à l&#8217;être humain sa dignité ou sa liberté d&#8217;individu.</p>
<p lang="fr-FR">C&#8217;est également reconnaître que chacun a ses propres qualités, ses propres défauts, ses propres talents, c&#8217;est comprendre que la différence entre chacun de nous ne signifie pas être inférieur ou supérieur, mais juste&#8230; être unique. Mais, encore plus important, c&#8217;est considérer que chaque individu, quel qu&#8217;il soit, est aussi important que les autres, de par sa qualité même d&#8217;individu/ être humain.</p>
<p lang="fr-FR">Bref, l&#8217;individualisme libertaire se bat bien contre une certaine idée de l&#8217;emprise de la communauté, mais pas comme on pourrait s&#8217;y attendre. Il s&#8217;agit bien d&#8217;émanciper l&#8217;individu de « la masse », du « troupeau », ou des institutions jugées néfastes, dans un contexte donné ; et non de l&#8217;autre et de la communauté d&#8217;une manière générale. Abolir l&#8217;autorité et la hiérarchie, l&#8217;oppression du système social et monétaire, pour que plus jamais aucun homme ne soit soumis à un autre homme. Ce n&#8217;est pas œuvrer pour sa propre liberté, pour ses propres intérêts, pour sa petite vie égoïste, mais pour ceux de TOUS. Contrairement à&#8230;</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<h3><strong>L&#8217;individualisme égoïste</strong></h3>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">L&#8217;individualisme égocentrique, a contrario, joue sur des valeurs fondamentalement différentes, si ce n&#8217;est totalement opposées.</p>
<p lang="fr-FR">C&#8217;est le culte de l&#8217;ego, le culte du Moi, avec un grand M. Je suis. Je décide pour Moi. Je consomme pour Moi. Je ne laisse pas les autres me marcher sur les pieds. Don&#8217;t thread on Me.</p>
<p lang="fr-FR">Souvent, l&#8217;individualiste libéral ne supporte pas la hiérarchie&#8230; quand il n&#8217;est pas au sommet de la pyramide. Dans le cas contraire, cela ne le dérange pas trop. « Chacun sa merde », quoi.</p>
<p lang="fr-FR">Là où l&#8217;individualisme libertaire revendique l&#8217;abolition, pour TOUS, de tous les systèmes coercitifs (qu&#8217;ils soient armés, financiers, intellectuels,&#8230;), et donc le renversement d&#8217;un mode de production qui mène nécessairement à une intense hiérarchisation des êtres humains (quoi qu&#8217;en disent nos amis libertariens), l&#8217;individualisme basé sur l&#8217;égo conseille simplement « de s&#8217;en sortir », au cas par cas, quitte à sacrifier au passage la liberté de ses semblables. En oubliant qu&#8217;il est strictement impossible de « s&#8217;en sortir » pour tous, dans un système qui nécessite de par nature des faibles et des forts, des exploiteurs et des exploités, des videurs de poubelles et une intelligentsia dominante.</p>
<p lang="fr-FR">L&#8217;Americain Dream, « le mec qui peut monter son entreprise à la force de ses tripes », c&#8217;est très bien, dans la théorie ! Mais peut-on penser honnêtement que seulement la moitié de la population puisse en arriver là ?</p>
<p lang="fr-FR">Comment se dire individualiste, c&#8217;est-à-dire chantre des droits et des libertés de l&#8217;individu, quand on ne pense qu&#8217;à sa propre liberté, sa propre dignité, ses propres intérêts ? C&#8217;est un non-sens ! Alors, bien sûr; on revendique pour tous le « droit à être égoïste ». Soit. Mais c&#8217;est une bien drôle idée de la liberté et de l&#8217;humanité.</p>
<p lang="fr-FR">Il est presque amusant de constater chaque jour les déviations toujours plus délirantes de cet individualisme forcené. Dans notre société de con-sommation toujours plus barbare, on nous VEND même de l&#8217;individualisme. L&#8217;individu est devenu un objet de consommation. « Achetez cette voiture, vous serez trop anticonformistes », « Le nouveau mobile trop personnalisable tip top pour mettre en valeur VOTRE PERSONNALITE ». Comble de l&#8217;ironie, on achète même des marques hors de prix, pour « se créer un look », histoire de se différencier des autres&#8230; enfin, de ceux qui n&#8217;en ont pas les moyens.</p>
<p lang="fr-FR">Même l&#8217;Armée s&#8217;y met, avec son célèbre clip de propagande télévisée « Devenez-vous même ». Venant de l&#8217;institution où la déshumanisation, la hiérarchie, la soumission au pouvoir dépasse largement celle des autres (c&#8217;est pour dire !), cela se passe de commentaire.</p>
<p lang="fr-FR">Sous prétexte de liberté individuelle, on piétine dorénavant les autres à grands coups de chaussures cloutées. Les mœurs se débrident – ce qui n&#8217;est pas une mauvaise chose en soi -, mais dans une optique totalement dépourvue d&#8217;humanité et de tout intérêt pour les émotions d&#8217;autrui.</p>
<p lang="fr-FR">D&#8217;humeur Donjuanesque, je mens et manipule les cœurs pour mieux les briser le lendemain ? C&#8217;est mon droit, Liberté, tout ça.</p>
<p lang="fr-FR">Je veux faire comme ça, et mes camarades veulent faire autre chose, et ça les emmerde ? Rien à foutre, je suis LIBRE, vous entendez, LIBRE, pas question de me sacrifier une seule seconde pour un groupe !</p>
<p lang="fr-FR">Je veux être libre d&#8217;écraser les autres, libre de détruire tout autour de moi, la planète, les gens, les animaux, libre d&#8217;être un gros con superficiel et égoïste. Et, ma foi, ça marche plutôt pas trop mal, de ce côté là.</p>
<p lang="fr-FR">Cette plate liberté, cette parodie de rébellion face à une prétendue « tyrannie de la communauté » (à ne pas confondre avec la « tyrannie de la majorité » liée au vote) n&#8217;est que du vent. Là encore, on pastiche allégrement le « vrai » individualisme, celui de l&#8217;émancipation et de la liberté, pour se donner une raison d&#8217;assouvir ses pâles intérêts égoïstes.</p>
<p lang="fr-FR">L&#8217;influence du groupe est, comme toujours, fortement combattue. En revanche, il ne s&#8217;agit plus du « troupeau de moutons » à libérer de son berger, mais bien d&#8217;une défiance envers la communauté dans son ensemble – sans aller jusqu&#8217;à la misanthropie -, et de sa diabolique influence contre le Moi pur et libre. Les masses crétines, l&#8217;étranger, contre mon superbe et parfait Moi. « De toute manière, l&#8217;homme est mauvais par nature ». « Tout ce que je veux, c&#8217;est qu&#8217;on me foute la paix, même si je sais que je vais devoir vivre en société pour pouvoir partir en quête du Bonheur, tel Indiana Jones à la recherche de l&#8217;Arche Perdue ».</p>
<p lang="fr-FR">Ce combat contre les autres est parfaitement illustré par le mythe de la « crétinisation collectiviste », idée selon laquelle la mise en commun et la valorisation de la communauté seraient synonymes de « nivellement par le bas » et opposées au développement du sacro-saint individu.</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
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<h3><strong>Individu et communauté</strong></h3>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">L&#8217;usage voudrait que « l&#8217;individualisme, c&#8217;est mettre l&#8217;individu avant la société ». Pourtant, les idées d&#8217;individu et de communauté ne sont pas du tout incompatibles. Bien au contraire, l&#8217;une ne va pas sans l&#8217;autre.</p>
<p lang="fr-FR">Déjà, car la communauté est, par définition, l&#8217;ensemble des individus. Le bonheur individuel ne peut se réaliser pleinement que dans le bonheur collectif, et vice-versa.</p>
<p lang="fr-FR">Mais, surtout, car l&#8217;être humain ne peut s&#8217;épanouir sans l&#8217;aide des autres êtres humains. Pire encore : il n&#8217;est sans eux qu&#8217;un piètre animal, sauvage, barbare, guère plus évolué qu&#8217;un banal chimpanzé (et bien moins qu&#8217;un sublime et merveilleux dauphin surfant sur les vagues rougeoyantes sous le soleil de minuit).</p>
<p lang="fr-FR">L&#8217;éducation, même pour les autodidactes les plus endurcis d&#8217;entre-nous, ne se réalisera jamais toute seule. Nous avons besoin des autres pour nous former, pour apprendre, et ce tout au long de notre vie. Mais, surtout, nous avons intimement besoin des contacts et des relations sociales du quotidien, non seulement pour nous épanouir, être heureux, mais même pour ne serait-ce que survivre.</p>
<p lang="fr-FR">Car l&#8217;homme est un animal social, que cela soit dit. Un humain privé de tout contact extérieur devient fou, malade. L&#8217;homme nécessite en permanence la présence des autres, de sa famille, de ses amis, ou même de l&#8217;inconnu qui passe dans la rue. Quand il est seul, la majorité de ce qu&#8217;il fait (outre : dormir, faire la cuisine, etc) l&#8217;est en prévision d&#8217;une future relation sociale.</p>
<p lang="fr-FR">Car, ce qui différencie l&#8217;humain des autres espèces, ce qui a permis son hégémonie sur la planète Terre n&#8217;est pas seulement l&#8217;outil main, mais bien sa capacité à s&#8217;organiser en société, en civilisations partageant plus ou moins efficacement le savoir et les denrées.</p>
<p lang="fr-FR">Bref, l&#8217;homme n&#8217;est pas qu&#8217;un individu à insérer par obligation dans une communauté peuplée d&#8217;autres individus, il est partie intégrante de cette communauté. Une communauté sans humains n&#8217;est pas une communauté, et un humain sans communauté n&#8217;est tout simplement pas un humain.</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">Pour conclure, disons que chacun d&#8217;entre nous n&#8217;est ni tout blanc, ni tout noir, et que son comportement emprunte un peu aux différentes versions de l&#8217;individualisme. Nous sommes tous parfois égoïstes, parfois altruistes, en fonction du contexte. Même les plus « rebelles » suivent parfois la mode, même les plus radins font parfois preuve de générosité. Ce sont simplement les proportions qui changent&#8230; et sur lesquelles nous pouvons influer par un choix radical de société.</p>
<p lang="fr-FR">La vision de l&#8217;individualisme et de l&#8217;individu portée par notre société consumériste actuelle va très largement dans le sens d&#8217;un égoïsme rampant et d&#8217;une fracture toujours plus importante des liens sociaux. Ceci est d&#8217;autant plus vicieux que, au nom de la liberté, de l&#8217;émancipation de l&#8217;être humain, de la valorisation de l&#8217;individu, on nous refourgue en réalité de la pacotille égoïste, de l&#8217;égo sur-dimensionné, du culte de la superficialité et du chacun-pour-soi à la pelle. Et nous tombons dans le panneau, tout être intelligent que nous pensons être.</p>
<p lang="fr-FR">Il faut nettement faire la différence entre le « bon individualisme », libertaire, et le « mauvais individualisme », libéral, afin de ne pas se faire rouler sur la marchandise, de ne pas tout refuser ou accepter en bloc, de s&#8217;imprégner de ce qu&#8217;il faut et de se prémunir du reste.</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">Bien qu&#8217;encore peu rompu à sa pensée, je pense que le militant anarchiste italien Errico Malatesta résume assez bien ce point de vue de dichotomie individualiste :</p>
<p lang="fr-FR"><em>« All anarchists, whatever tendency they belong to, are individualists in some way or other. But the opposite is not true; not by any means. The individualists are thus divided <span style="text-decoration: underline">into two distinct categories</span>: one which claims the right to full development for all human individuality, their own and that of others; the other which only thinks about its own individuality and has absolutely no hesitation in sacrificing the individuality of others. The Tsar of all the Russias belongs to the latter category of individualists. We belong to the former. »</em></p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">Une prise de conscience collective est nécessaire avant qu&#8217;il ne soit trop tard. Il faut impérativement essayer de contrôler son comportement quotidien par un auto-questionnement permanent, se demander constamment si ce que nous faisons n&#8217;a pas une influence négative sur les autres, et si ce que nous considérons comme de « simples choix relevant du personnel » ne concernent pas en réalité d&#8217;autres que notre simple petite personne.</p>
<p lang="fr-FR">Extirpons-nous de cet état d&#8217;esprit égoïste, de cet aveuglement égocentrique, cachés insidieusement dans les plus infimes détails du quotidien. Nous en vivrons bien mieux. Et cela ne concerne pas un «bord politique » en particulier, ni une classe de personne, ni seulement ceux assumant pleinement leur « côté enfoiré ». Ce qui est triste, c&#8217;est que nous pensons toujours bien faire, ou du moins légitimement.</p>
<p lang="fr-FR">Même moi, même toi&#8230; mais surtout toi, quand même.</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Comment la vidéo nous manipule ?</title>
		<link>http://lapoliteia.com/comment-la-video-et-la-television-nous-manipule/</link>
		<comments>http://lapoliteia.com/comment-la-video-et-la-television-nous-manipule/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 18:05:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brogol</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>

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		<description><![CDATA[Les français regardent la télévision plus de 3 heures par jour. C'est une heure de plus qu'il y a 10 ans, et c'est largement l'activité la plus chronophage du temps libre dont nous disposons.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les français regardent la télévision plus de 3 heures par jour. C&#8217;est une heure de plus qu&#8217;il y a 10 ans, et c&#8217;est largement l&#8217;activité la plus chronophage du temps libre dont nous disposons. Pourtant, aujourd&#8217;hui, le petit écran n&#8217;est pas la seule source de vidéos dont nous disposons, notamment grâce à Internet.</p>
<h3>Il faut que ça buzz</h3>
<p>Une vidéo pour que ça marche, il faut que ce soit court, efficace. Récemment, un étudiant en école de journalisme l&#8217;illustra avec le ramdam autour de <a href="http://www.acrimed.org/article3342.html">la colère de Jean-Luc Mélenchon</a>. La vidéo est effectivement très bien adaptée au système médiatique. Hélas comme souvent, pour ne pas dire toujours, le traitement qui en a été fait est resté superficiel. L&#8217;école de journalisme de Sciences Po travaillait apparement avec ses élèves sur une démonstration qu&#8217;un format vidéo court est adapté au buzz sur Internet. Le contexte n&#8217;est guère éclairé, et ce qui intéresse est la polémique.<br />
Pourtant ce n&#8217;est pas caractéristique d&#8217;une vidéo. De nombreux contre-exemples existent, comme avec les longs-métrages ou les documentaires ennuyeux d&#8217;arte. Ces vidéos buzz sont plutôt caractéristiques du mode de vie moderne, dans la précipitation, dans le vif, dans l&#8217;immédiat, à l&#8217;opposé, donc, de la réflexion posée.</p>
<h3>L&#8217;image comme réalité</h3>
<div style="float:right;"><img src="http://lapoliteia.com/wp-content/uploads/2010/04/matrixrevolution.jpg" alt="matrix ordinateur" width="54" height="338" class="alignright size-full wp-image-122" /></div>
<p>Le buzz ou le ramdam pour les anglophobes, est donc particulièrement adapté au format vidéo mais n&#8217;en est pas une caractéristique.<br />
Cette adaptation tient au fait que la vidéo rend floue pour ne pas dire invisible la frontière entre le réel et le virtuel. Quand on voit des images, notre cerveau l&#8217;interprète spontanément comme étant la réalité. C&#8217;est naturel et bien normal, inconsciemment, on croit que ce qu&#8217;on voit est bien réel.<br />
Il faut une démarche active pour contrer cette impression, c&#8217;est à dire penser au fait qu&#8217;on reçoit une information travestie, fausse, montée. Si l&#8217;on vous met devant un miroir vous saurez que ce que vous voyez est une image de vous et non la réalité. Vous ne vous laissez pas abuser par vos sens grâce à votre cerveau qui analyse l&#8217;information reçue. De nombreux animaux n&#8217;ont pas cette conscience de soi et a fortiori la capacité de comprendre qu&#8217;une donnée que reçoit leurs sens puisse être fausse. L&#8217;humain, lui, possède cette capacité, mais il ne s&#8217;en sert pas. Ou pas assez quand il s&#8217;agit de vidéos plutôt.<br />
Alors, autant devant un miroir, c&#8217;est quasiment instinctif, car vous savez que vous êtes unique. Le fait qu&#8217;une autre personne vous ressemblant apparaisse spontanément devant vous n&#8217;est pas très plausible. Mais quand on vous présente une image ayant les apparences de la réalité, une image crédible, le processus est autrement plus difficile&#8230;</p>
<h3>Restricted time area</h3>
<div style="float:right;"><img src="http://lapoliteia.com/wp-content/uploads/2010/04/bande-film-matrix-subliminal.jpg" alt="matrix ordinateur" width="54" height="261" class="alignright size-full" /></div>
<p>  Vous êtes sûrement aller voir des films comme Harry Potter ou le Seigneur des Anneaux. Ou tout autre film qui se veut être la transcription au cinéma d&#8217;un livre, pour les plus réfractaires à la culture populaire. Prenons plus précisément <em>La coupe de feu</em>, tome 4 d&#8217;Harry Potter. Le livre fait 656 pages, le film 2h31. Chaque minute du film correspond donc à un peu plus de 4 pages du livre.<br />
On constate rapidement qu&#8217;il manque une infinité de détails décrits dans le bouquin, quand ce n&#8217;est pas des personnages qui ont complètement disparus ou des scènes qui ont été entièrement oubliées. Et pourtant c&#8217;est une adaption plutôt réussie&#8230; En fait, pour retranscrire tout la richesse de l&#8217;ouvrage original il faudrait que le film fasse au moins une douzaine d&#8217;heures.<br />
Ça peut paraître évident, mais est bon de rappeler qu&#8217;il faut un temps conséquent pour développer une situation, une réflexion, une argumentation. Et c&#8217;est l&#8217;anti-thèse du format vidéo. Il doit capter l&#8217;intérêt sans arrêt. Il n&#8217;est tout simplement pas adaptée à subir une analyse en temps réel. Techniquement, une vidéo ce sont des images. La parade tient au fait qu&#8217;à partir de 24 mages par seconde, notre cerveau les relie entre elles pour créer une illusion de mouvement fluide.</p>
<h3>Une soumission plaisante</h3>
<p>Il faut savoir qu&#8217;une image construite peut en général faire l&#8217;objet d&#8217;une analyse assez poussée sur les divers choix de placement, de couleurs, de formes, etc. Une analyse un minimum sérieux prend plusieurs minutes. À 24 images par secondes, enfin non, c&#8217;est exagéré car les changement entre chaque image sont plutôt minimes et pas significatifs à chaque image. Mais même prenons à chaque changement de plan, de scènes. Et bien,  aucun humain ou ordinateur n&#8217;a la capacité et la rapidité de faire cette analyse en temps réel.<br />
De toute façon même si on avait la capacité d&#8217;analyser une vidéo en temps réel, l&#8217;énergie que ça demanderait d&#8217;être attentif au moindre détail, d&#8217;analyser logiquement chaque situation serait tout simplement épuisant. Et c&#8217;est bien l&#8217;avantage de la vidéo, d&#8217;être tout sauf épuisant. La passivité quasi totale qu&#8217;elle demande à celui qui la regarde est tellement confortable.</p>
<h3>La télé est mon amie</h3>
<p>C&#8217;est là que la bât blesse, on ne regarde pas, et on ne peut le faire, une vidéo d&#8217;un œil critique. Ou alors il faut tout enregistrer, le repasser, mettre pause, et remettre en question chaque image. Ici, on peut aisément me traiter de paranoïaque. Pourquoi vouloir à tout prix analyser une vidéo qu&#8217;on regarde, qu&#8217;on soit passif très bien, et alors&nbsp;?<br />
Pour répondre à cela, j&#8217;ai fait une observation amusante. Si on dit à quelqu&#8217;un ce qu&#8217;on pense, et qu&#8217;il se trouve que son avis soit opposé, en règle général, il contestera ou sera sceptique. Pourtant s&#8217;il le voit à la télé il le prendra comme une vérité. J&#8217;ai de nombreuses fois observé des gens répéter une opinion, ou une façon de voir les choses qui est un copié coller de ce que disait la télé. Je vous invite à faire attention à la même chose. Ce que j&#8217;en tire, c&#8217;est l&#8217;a priori amicale qu&#8217;il y a face une vidéo, en fait c&#8217;est pire que de la passivité. Cette impression de connaissance qu&#8217;on peut avoir d&#8217;une personne qu&#8217;on voit régulièrement dans des vidéos comme si elle nous connaissait tout autant en est caractéristique.<br />
À la lumière de cela, il me paraît que la vidéo est manipulatrice par essence.<br />
<img src="http://lapoliteia.com/wp-content/uploads/2010/04/television-manipulation.jpg" alt="" title="television-manipulation" width="400" height="278" class="aligncenter size-full wp-image-125" /></p>
<h3>La vidéo ce n&#8217;est pas le mal</h3>
<p>Vous l&#8217;aurez sans doute compris, je regarde peu la télévision car elle revêt tous les aspects manipulatoires de la vidéo, j&#8217;en parlerai peut être dans un autre article. Pour autant je ne condamne pas la vidéo en général, c&#8217;est son utilisation abusive à laquelle elle est pré-disposée qui m&#8217;agaçe.<br />
Techniquement la vidéo c&#8217;est formidable, pour des raisons similaires qui peuvent amener à la condamner d&#8217;ailleurs. Le confort c&#8217;est agréable en soi. Le problème étant les tentations d&#8217;utiliser cette passivité pour faire passer des messages fallacieux, comme avec les publicités dont c&#8217;est le but avoué.<br />
Cependant, même dans une publicité, une vidéo peut être belle à voir en dehors de toute considération politique.<br />
Je trouve que la vidéo est un outil esthétique formidable, de par sa capacité à imiter voir transcender la réalité. Elle illustre, elle peut être le point de départ d&#8217;une réflexion, elle un vecteur formidable donnant de la consistance à une pensée, une idée, une chanson, une histoire&#8230;</p>
<h3>Rien ne vaut les mots</h3>
<p>Finalement, l&#8217;outil idéal pour une réflexion me paraît être les mots. Mais les mots écrits. Deux raisons à cela.<br />
Le grand travers d&#8217;un débat oral, qu&#8217;il soit monté en prenant soin du placement de chaque invité ou qu&#8217;il soit fait entre 2 pintes au bistrot est son manque de précisions dans les termes. On passe beaucoup de temps à se répéter ou à reformuler une idée quand on ne se bat pas sur une définition. Ou pire, quand on ne finit pas nos phrases car passant d&#8217;une pensée à l&#8217;autre.<br />
L&#8217;autre avantage est la possibilité de lire à sa vitesse. Une vidéo elle avance, tu la suis, point barre. Un texte, on le lit selon son rythme ou selon l&#8217;importance qu&#8217;on veut apporter. On peut facilement relire un passage mal compris, c&#8217;est plus difficile de revenir en arrière sur une vidéo pour retrouver ou commence la scène voulue.</p>
<p>Un débat ne peut se faire mieux qu&#8217;à lécrit, avec des mots définis précisément, qui ne sont en réalité que des tâches noires sur du papier, mais qui prennent sens grâce à notre pensée. Les mots sont des outils pour réflechir avec le minimum de parasites dans la pensée.<br />
La vidéo quand à elle paraît réelle alors qu&#8217;elle ne l&#8217;est pas. Elle fait appel à nos émotions et non à notre raison. On analyse un texte tandis qu&#8217;on subit une vidéo.</p>
<p>Peut-être est-il temps de réduire notre temps d&#8217;asservissement à la vidéo en général et la télévision en particulier&nbsp;?</p>
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		<title>Des projets, une pensée</title>
		<link>http://lapoliteia.com/des-projets-une-pensee/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 18:11:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brogol</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Ne pensez-vous pas que l'innovation et le partenariat permettent un développement de la compétence des acteurs pour créer une réelle culture de participation dans l'entreprise&#160;?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comment gérer au mieux un projet d&#8217;entreprise&nbsp;? Cette préoccupation vitale de l&#8217;homme ultra-moderne trouve nombre de ses réponses dans les livres de management. Ainsi, il est notable de voir que dans les années 1960, le mot-clef des ces bibles est <strong>hiérarchie</strong>&nbsp;; c&#8217;est le terme que l&#8217;on retrouve le plus souvent.<br />
Rien d&#8217;étonnant à cela d&#8217;ailleurs, les entreprises sans hiérarchie ne sont pas monnaie courante. Pas que cela soit impossible comme certains pourraient se complaire à le croire, mais plutôt que ce n&#8217;est pas en adéquation avec les théories dominant actuellement la société.<br />
Vous pourriez m&#8217;objectez ce n&#8217;est pas si notable que ça, que la hiérarchie soit un fondement des techniques managériales n&#8217;est un secret pour personne. Mais, ce serait trop vite oublier que le terme recouvre une dimension sacrée. Effectivement, étymologiquement, l&#8217;ordre de supériorité entre chaque élément est justifié par son degré de sacralité (voir les définitions à droite).</p>
<h3>Sacré patron</h3>
<div id="attachment_110" class="wp-caption alignright" style="width: 373px"><img src="http://lapoliteia.com/wp-content/uploads/2009/10/angeCadreChefDeProjet.jpg" alt="ange en cadre chef de projet" title="Chef de projet moderne" width="363" height="492" class="size-full wp-image-110" /><p class="wp-caption-text">Chef de projet moderne</p></div>
<p>Alors certes, originellement le mot avait une connotation religieuse, mais quelle importance puisque aujourd&#8217;hui ce n&#8217;est plus le cas&nbsp;? On ne voue pas un culte à son supérieur hiérarchique, et les canonisations des chefs d&#8217;entreprises sont plutôt rares. Les temps ont changé et le sens des mots a évolué avec.<br />
Sauf que, quelque chose de sacré n&#8217;est pas forcément religieux&nbsp;! C&#8217;est la religion qui a besoin de sacré pour exister et non l&#8217;inverse. Le sacré désigne ce qui sépare, interdit, en opposition à ce qui est profane.<br />
Ainsi, on comprend bien que le progrès scientifique diminue les domaines du sacré. Là où il y a une connaissance des choses, point de tabous. Et ce n&#8217;est donc pas un hasard que l&#8217;on trouve plus d&#8217;athées parmi les scientifiques que dans le reste de la population.</p>
<p>Mais alors, dans quel cas, ce qui est intouchable, inviolable n&#8217;est pas forcément religieux &nbsp;? Voyons voir, pour vous la vie est-elle sacrée&nbsp;? Et l&#8217;amour&nbsp;? C&#8217;est à dire sont-elles des valeurs supérieures qu&#8217;on ne peut remettre en cause&nbsp;? Ceux qui le pensent n&#8217;ont pas forcément de croyances et de pratiques particulières par rapport à cela et n&#8217;appartiennent pas à une Église.<br />
Ainsi, on peut dire que la sacralité implique une interdiction de remettre en cause une chose au nom de valeurs nous transcendant. Cette chose peut être un objet, un être, une pensée, etc. Ces choses vénérées qu&#8217;on ne peut enfreindre se retrouvent dans les religions et&#8230; dans les idéologies&nbsp;! Les totalitarismes en sont peut-être l&#8217;exemple le plus fort, où la pensée même du chef est sacralisée.<br />
Alors, revenons à notre hiérarchie. Peut-on remettre en cause une décision d&#8217;un supérieur hiérarchique&nbsp;? Non, un ordre n&#8217;est pas sujet à débat ou à discussion. Quand on est dans une entreprise, la parole du supérieur a quelque chose d&#8217;inviolable, d&#8217;intouchable, de <em>sacré</em>&nbsp;!</p>
<h3>L&#8217;idéologie managériale&nbsp;: un projet inhumain</h3>
<p>Les entreprises ne sont donc pas gérées selon une religion mais selon une idéologie, qui justifie la hiérarchie. Cette idéologie managériale prône l&#8217;épanouissement de l&#8217;individu dans l&#8217;entreprise. L&#8217;entreprise n&#8217;est plus là pour permettre aux gens de gagner de l&#8217;argent mais pour justifier le sens de leur vie. Cela passe par un conditionnement spécifique du comportement dans l&#8217;entreprise. On se doit d&#8217;être efficace et surtout pas contrariant. La performance et l&#8217;obéissance sont les mamelles de votre réussite sociale. Ne pas réussir est intolérable, d&#8217;ailleurs le mal-être au travail trouve sans doute une de ses sources dans cette stigmatisation de l&#8217;échec. Pourtant demander à un humain d&#8217;être parfait, est pour le moins inhumain.<br />
La redoutable efficacité de cette idéologie est que tout ceci est plus ou moins intériorisé, en passant premièrement par le langage. Ainsi, en 2000, le terme <em>hiérarchie</em> a totalement disparu des ouvrages de management. Pour autant, vous aurez sans doute remarqué que la hiérarchie n&#8217;a pas disparu de l&#8217;organisation des entreprises. Le mot qui a remplacé hiérarchie, que l&#8217;on retrouve le plus souvent, peut sembler inattendu, et pourtant si vous faites attention vous verrez que vous l&#8217;entendez sans arrêt. Ce mot c&#8217;est <strong>projet</strong>.</p>
<h3>Un projet, ça trompe énormément</h3>
<p>Initialement un projet, c&#8217;était le plan de quelque chose avant sa réalisation, alors appelée objet. Aujourd&#8217;hui le projet englobe aussi la réalisation dans son sens. Bien qu&#8217;on l&#8217;entende partout et pour tout,  ce terme reste vague et imprécis. Et pour cause, un projet ne prend son sens que quand il est défini. Projeter un meurtre c&#8217;est moins cool que d&#8217;avoir un projet humanitaire (si vous n&#8217;êtes pas d&#8217;accord je vous suggère d&#8217;aller voir un psychanalyste ou de jouer à Counter-Strike, ça défoule).<br />
On le voit bien, un projet, en soi, ça ne veut rien dire. Pourtant ce mot a une connotation terriblement positive. Il suffit de dire que l&#8217;on a un projet pour que ce soit bien. Pire que cela, ne pas avoir de projets est une tare. Comme le dit Franck Lepage dans son spectacle <a href="http://www.les-renseignements-genereux.org/videos/8285">Incultures</a>&nbsp;: &laquo;&nbsp;Autant on peut mobiliser un collectif de travailleurs contre une hiérarchie, autant aller faire chier des gars qu&#8217;on un projet, c&#8217;est vraiment pas sympa.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il faut savoir que ce mot était très peu utilisé il y a 30 ans. Il a été imposé d&#8217;en haut grâce à l&#8217;idéologie du management. Et maintenant, il structure notre façon de penser. Écoutez vraiment le nombre de fois que vous entendez parler de projets, c&#8217;est impressionnant, tout est projets, nous sommes dans une société de projets.<br />
Un projet a une connotation positive a priori. Cet illogisme est malsain. Avoir un projet est difficilement critiquable du fait qu&#8217;il se nomme projet. Et c&#8217;est en ça que c&#8217;est génial pour l&#8217;idéologie managériale.</p>
<h3>Des concepts opérationnels</h3>
<p>Voilà comment on intériorise un schéma hiérarchique dans nos entreprises grâce au langage. <em>Projet</em> est sans doute le plus pervers, mais tout le vocabulaire se transforme pour qu&#8217;on ne puisse pas critiquer. On pourrait citer <em>acteur</em>, <em>compétence</em>, <em>culture</em>, <em>développement</em>, <em>innovation</em>, <em>partenariat</em>, <em>participation</em>, etc. Ces termes lissent la réalité pour annihiler tout sentiment d&#8217;injustice, donc de révolte. Prenons un exemple&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ne pensez-vous pas que l&#8217;innovation et le partenariat permettent un développement de la compétence des acteurs pour créer une réelle culture de participation dans l&#8217;entreprise&nbsp;?&nbsp;&raquo; Alors, d&#8217;accord, ou pas d&#8217;accord&nbsp;?<br />
Cette phrase n&#8217;est pas tiré d&#8217;un colloque du <acronym title="Mouvement des entreprises de France">MEDEF</acronym>, j&#8217;ai juste pris les termes listés plus haut en les mettant les uns à la suite des autres. Cette phrase ne veut rien dire parce que tous les termes qui la composent sont des concepts qu&#8217;il faudrait définir précisément, ils sont sujets à interprétation. Lepage le fait dans son spectacle, en tirant au sort parmi plusieurs mots du même genre et inventant des phrases qui paraissent sensées. D&#8217;ailleurs essayez de faire pareil chez vous, l&#8217;expérience, malgré le danger d&#8217;éveil d&#8217;un esprit contradictoire trop prononcé, est amusante. Vous verrez qu&#8217;on peut créer des phrases très classes grâce à ces jolis mots positifs qui ne veulent rien dire.</p>
<p>Bon, je vous laisse, j&#8217;ai un article intitulé &laquo;&nbsp;Les acteurs culturels innovent en développant un partenariat participatif avec les jeunes&nbsp;&raquo; sur le feu.</p>
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		<title>C&#8217;est quoi la politique ?</title>
		<link>http://lapoliteia.com/cest-quoi-la-politique/</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 15:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brogol</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langage]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Ha, ça parle de politique&#160;? Non merci alors, ça ne m'intéresse pas.&#160;&#187;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Ha, ça parle de politique&nbsp;? Non merci alors, ça ne m&#8217;intéresse pas.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La politique, c&#8217;est nul&nbsp;! Nombre de gens partagent ce constat, se méfiant de la politique comme de la peste. D&#8217;ailleurs, on s&#8217;en méfie ici aussi, car comme vous l&#8217;avez constaté, les premiers articles ne paraissent pas traiter de politique, même si le thème de La Politeia semble être la politique.<br />
Mais, en fait, c&#8217;est quoi la politique&nbsp;?</p>
<h3>Étymologie</h3>
<p>Littéralement, au même titre que mécanique est ce qui est relatif aux machines, ou féerique, ce qui est relatif aux fées&nbsp;; la politique signifie simplement &laquo;&nbsp;relatif à la cité&nbsp;&raquo;.</p>
<p><em>Polis</em> est effectivement le terme grec pour désigner la cité. Mais attention, la cité en Grèce antique ne désigne pas seulement la ville d&#8217;un point de vue géographique, mais toute son organisation sociale. Pour éviter l&#8217;ambiguïté <em>polis</em> est d&#8217;ailleurs souvent traduit par cité-état. Cette dernière traduction reste cependant imparfaite, car <em>polis</em> désignait plutôt les citoyens eux-même que la structure les englobant. Ainsi on parlait de la cité des Spartiates et non de la cité de Sparte.</p>
<p>Une cité est donc une communauté dirigé par ses citoyens. Une fois dit cela on a, en fait, que déplacer le problème. On va essayer de répondre à la question qui vous brûle alors tous les lèvres&nbsp;: qu&#8217;est-ce que la citoyenneté&nbsp;?</p>
<h3>Tous citoyens dans le village global</h3>
<div id="attachment_102" class="wp-caption alignright" style="width: 291px"><img class="size-full wp-image-102" title="citoyens-du-monde" src="http://lapoliteia.com/wp-content/uploads/2010/02/citoyens-du-monde.jpg" alt="Citoyens du monde de Leo Wirth" width="281" height="411" /><p class="wp-caption-text">Citoyens du monde de Leo Wirth</p></div>
<p>La notion de citoyenneté a évolué avec le temps. En Grèce antique, pour être citoyen, il faut être un mâle de plus de dix-huit ans, libre, qui a fait son service militaire et dont le géniteur était citoyen lui-même. En effet, les grecs estimaient que les femmes étaient irrationnelles, donc incapable de prendre des décisions politiques&nbsp;; les esclaves,  comme complètement dépourvu de la faculté de délibérer quand ils ne sont pas considérés comme des animaux&nbsp;; quand aux non-grecs, les barbares, ils étaient souvent considérés avec mépris comme inférieurs. Du reste, les prisonniers de guerre étaient une bonne source d&#8217;esclaves.</p>
<p>Finalement, si on se limite à la définition de l&#8217;époque, on rate l&#8217;essentiel de l&#8217;idée de citoyen. Ce qui est plus important à constater, est ce qui transparaît avant la mise en forme juridique. C&#8217;est le principe de fond, qui est que celui qui a la faculté de raisonner, de penser, de prendre des sages décisions pour la communauté, <strong>est un citoyen</strong>.</p>
<p>Ce qui est formidable, c&#8217;est que ces capacités sont aujourd&#8217;hui reconnues comme étant humaines. D&#8217;ailleurs, on retrouve dans la déclaration universelle des droits de l&#8217;homme, faite après la seconde guerre mondiale que&nbsp;: &laquo;&nbsp;Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ainsi posé que le sexisme, l&#8217;esclavage et le racisme n&#8217;ont plus de justification biologique, chaque être humain est, à sa naissance, un citoyen en puissance.</p>
<h3>Une histoire Française</h3>
<p>Cette citoyenneté peut s&#8217;appliquer différemment selon les droits et devoirs dont disposent l&#8217;individu à sa naissance. Ainsi, en France, on a le droit de vote pour faire entendre sa voix. Hélas, on se limite souvent à ce droit comme seule expression de notre citoyenneté. On vote en effet pour nos représentants, comme si on leur donnait notre citoyenneté, c&#8217;est à dire notre capacité à réfléchir et à agir dans la communauté. Et ceci durant la durée de leur mandat, avant de la donner à son successeur, et ainsi de suite.</p>
<p>La politique est alors réduite à l&#8217;exercice du pouvoir que font ces élus, et plus particulièrement à l&#8217;échelle nationale. Cette réduction est quasiment entré dans les mœurs et le pouvoir en place n&#8217;y est pas pour rien. D&#8217;ailleurs, il suffit de regarder les rubriques &laquo;&nbsp;politique&nbsp;&raquo; des sites d&#8217;informations comme <a href="http://www.lefigaro.fr/politique/">Le Figaro</a> ou <a href="http://www.rue89.com/politique">Rue89</a>, ça ne parle que des élections régionales et des personnalités politiciennes&#8230; Il ferait mieux de renommer leurs rubriques &laquo;&nbsp;Élections &amp; People&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Pourtant, la politique c&#8217;est bien plus large, tous les évènements touchant à l&#8217;organisation de la communauté en font partie. Une grève, un match de football, un concert ou une révolution sont des évènements politiques. Certains portants en plus des revendications politiques explicites. Et ce n&#8217;est pas un hasard s&#8217;il y a un ministère du sport et un ministère de la culture&#8230;<br />
Si vous voulez en savoir plus sur ce que j&#8217;avance à propos de l&#8217;implication du pouvoir dans la perception qu&#8217;on peut avoir d&#8217;un domaine comme la culture je vous invite à regarder <a href="http://www.les-renseignements-genereux.org/videos/8285">Incultures</a>.</p>
<h3>La servitude choisie</h3>
<p>A l&#8217;heure d&#8217;Internet et de la mondialisation, les états sont loin d&#8217;être indépendants comme l&#8217;étaient les cités grecques. Oui, on sait maintenant que les nuages de nos usines de s&#8217;arrêtent pas à la frontière. Ainsi même si en droit on ne peut être citoyen que d&#8217;un état &mdash;&nbsp;voir deux dans des cas particuliers&nbsp;&mdash; il existe un niveau de pouvoir planétaire.<br />
Nous sommes donc des citoyens du monde, en plus d&#8217;être citoyen de notre pays, mais aussi citoyen de notre région, citoyen de notre ville, voir citoyen de notre immeuble. A tous les niveaux, nous pouvons agir et penser sur comment vivre avec l&#8217;autre.<br />
A noter que vous pouvez aussi choisir d&#8217;être esclave plutôt que citoyen. Le citoyen usera de son aptitude à réfléchir et à se bouger tandis que l&#8217;esclave laissera les autres penser et décider à sa place. Et à moins de s&#8217;enfuir tel Christopher McCandless, l&#8217;esclave n&#8217;échappe pas à la politique, il la subit.</p>
<p>Finalement, la politique désigne <strong>ce qui est relatif à une communauté d&#8217;êtres humains utilisant leurs capacités de réflexion pour s&#8217;organiser ensemble</strong>. La réduction de la politique à l&#8217;exercice du pouvoir est une aberration, ou plutôt le signe d&#8217;une société qui veut robotiser l&#8217;individu&#8230;</p>
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		<title>Les mots ont un sens</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Feb 2010 22:12:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Brogol</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langage]]></category>

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		<description><![CDATA[Rien n'est plus hypocrite que de les entendre dire, lors d'un débat démocratique, dans d'un pays démocratique, que tel propos est anti-démocratique&#160;; alors que si on leur demandait ce qu'est la démocratie, ils nous expliqueraient que c'est trop compliqué pour nous.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ne vous est-il jamais arrivé de ne pas réussir à exprimer votre pensée faute de trouver le mot qui convienne ? Comme si le mot que l&#8217;on cherchait n&#8217;existait pas. On sait pourtant qu&#8217;il existe, puisqu&#8217;on le ressent, c&#8217;est juste que l&#8217;on arrive pas à le dire. Un simple trou de mémoire, ou un manque de vocabulaire, voilà ce que traduit cette difficulté momentanée à s&#8217;exprimer.</p>
<h3>On n&#8217;invente pas les mots</h3>
<p>Quoique c&#8217;est peut-être un sentiment inédit que vous avez ressenti là, jamais répertorié ! Après avoir bien vérifié les mots existants et validés par l&#8217;Académie Française, et qu&#8217;aucun ne corresponde au sens exact de votre pensée, allez donc vite le faire breveter. Ainsi, à l&#8217;instar de Peyo qui inventa le <em>schtroumpf</em>, en désignant un bidule dont il ne se rappelait plus le nom à son ami Franquin, vous vous schtroumpferez gloire et fortune.<br />
À moins que, plus modestement, vous finissiez par trouver un substitut au sentiment ineffable, convaincant ou non, se persuadant qu&#8217;il correspondait à votre idée. Et, sauf si vous êtes le fils spirituel de Tolkien, c&#8217;est normal ; inventer des mots n&#8217;est pas monnaie courante. Contrairement à l&#8217;altération de leur sens, qui paraît être une évolution inéluctable.</p>
<h3>On invente leurs sens</h3>
<p>Faisons une expérience amusante, et surtout éclairante, pour constater cela. Demandez à un panel de 10 personnes de votre entourage (choisi selon la méthode des quotas, avec exactement 5,14 femmes et et 1,62 vieux) de donner une définition de Dieu.<br />
A moins de mettre 2 cases à cocher pour savoir si oui ou non c&#8217;est le père Noël, vous aurez de nombreuses réponses différentes. On pourrait penser que Dieu est une exception, mais essayez avec politique, liberté, démocratie, terrorisme, Web 2.0, etc. J&#8217;ai bien sûr choisi des mots conceptuels, avec moutarde par exemple vous ne trouverez sans doute qu&#8217;une seule définition&#8230; Mais vous m&#8217;accorderez que dans un débat, le sens de démocratie est plus utile que celui de moutarde. L&#8217;ennui est que le sens de tels mots, plus que le contexte, dépend de la sensibilité de chacun. Cela engendre d&#8217;évidents problèmes de compréhension.</p>
<h3>La confusion, ou pourquoi j&#8217;aime les cons</h3>
<p>Comment alors dialoguer, discuter, débattre, si nous n&#8217;entendons pas la même chose pour un même mot ? Les politiciens, publicitaires, et autres chargés de manipulation en ont fait un art très prisé. Ils préfèrent jouer sur les mots ; au détriment hélas, de réels débats de fond. Seulement, les mots ne sont pas là par hasard, leurs évolutions et leur sens premier nous éclairent même beaucoup sur la réalité. Ainsi, comment peut-on prétendre que l&#8217;on ne vit pas dans une société machiste, sachant qu&#8217;un mot désignant le sexe féminin, soit devenu une vulgaire insulte ?</p>
<p>Alors je pense que le meilleur moyen de redonner du sens aux mots est d&#8217;en parler, au moins pour pouvoir se comprendre entre nous, au mieux pour pouvoir débattre. C&#8217;est le sens de la création de la rubrique <a href="http://lapoliteia.com/rubrique/langage/">langage</a>, pour porter un regard critique sur l&#8217;outil qui nous permet d&#8217;être critique, qui nous permet de parler, et même de <strong>penser</strong>.</p>
<p>Vous pourriez me dire qu&#8217;il ne faut pas exagérer, ce n&#8217;est qu&#8217;un moyen de communication que l&#8217;on a inventé, on pensait avant de parler. D&#8217;ailleurs comme le disait un grand penseur de notre temps, ils peuvent tout nous prendre, ça ne nous empêchera d&#8217;avoir notre liberté de penser.<br />
Une petite question cependant : quand vous réfléchissez vous pensez bien avec des mots, non ? Et si les mots sont limités, nos réflexions ne le seraient-elles pas aussi ?</p>
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