Revenir au capitalisme pour préserver notre environnement

Publié le 31 décembre 2010 à 14h00 dans Idéologie

Il est aujourd’hui courant d’entendre dans les médias mainstream et dans les conversations les plus banales, que les modes de vie que nous permettent nos sociétés capitalistes sont responsables des principaux désastres environnementaux. C’est oublier bien vite que l’état de santé des habitants des pays les plus développés ne cesse de s’améliorer grâce à de meilleurs traitements de l’air, de l’eau et de la nourriture notamment. La circulation automobile y est bien plus importante qu’ailleurs, et pourtant nous vivons mieux
et plus longtemps. Le progrès est au service de l’humanité. Le niveau de pollution des régions développées est en constante diminution, l’industrialisation cédant à la tertiarisation. Certains argueront que si nos sociétés sont plus saines qu’auparavant, cela est en grande partie dû au fait que nos industries polluantes se délocalisent dans des pays moins riches, et que l’environnement y est là-bas menacé.

De là entendons-nous pousser des cris d’orfraie que le capitalisme apatride a encore frappé, et que les multinationales sans scrupules exploitent les populations locales à seule fin de profit. Sans doute cherchent-elles à augmenter leurs bénéfices. Toutefois, c’est faire abstraction de la plus élémentaire définition du capitalisme, qui est la protection des droits de propriété, la responsabilité à son égard, et la liberté d’en disposer à sa guise, si tant est qu’elle ne nuit pas à autrui. Ces 3 piliers sont essentiels à la
compréhension des causes réelles des nuisances environnementales. Ceci est à mettre en rapport avec la définition précise des droits de chacun, sur soi et vis-à-vis d’autrui. Si je décide de polluer le sol de mon jardin en y laissant des détritus, cela ne concerne que moi. A l’inverse, si je décide de faire de même chez mon voisin, je serais dans mon tort le plus absolu, à moins d’avoir préalablement obtenu son consentement.

La principale difficulté provient donc du flou entourant ce que l’on appelle communément les biens collectifs. Appartenant à tout le monde, ils n’appartiennent en réalité à personne. L’utilisation d’un bien est étroitement liée à la responsabilité qui m’incombe vis-à-vis de lui, et de sa potentielle utilisation future. Par exemple, étant pêcheur, mon intérêt sera de profiter au maximum et au plus vite de la faune sous-marine pour couper l’herbe sous le pied de mes concurrents, quitte à en épuiser totalement les ressources. Exemple inverse, une zone marine m’appartenant, j’ai tout intérêt à l’exploiter le plus sagement possible, sans la polluer pour éviter de faire fuir le poisson, ainsi qu’à préserver un écosystème capable de se régénérer pour en tirer un revenu futur. Propriété n’est rien sans responsabilité. Le deuxième régulateur naturel étant le marché en lui-même. Rareté entraînant cherté, les espèces de poissons dont les représentants voient leur nombre diminuer seront les plus onéreuses, et donc moins consommées. L’Etat, en instaurant des systèmes de quotas, fait augmenter les prix du produit artificiellement, et n’incite qu’au braconnage, à la corruption, et à la mise en place de réseaux qui tentent de contourner ces barrières afin d’augmenter leurs revenus aux dépends des autres acteurs qui se plient aux règles.

La mauvaise définition des droits de propriété engendre des effets pervers très souvent plus néfastes que de laisser se développer une situation qui prendra inévitablement la direction d’un ordre spontané, imprévisible et non modélisable. Et c’est à n’en pas douter la plus grande crainte des hommes de l’Etat que de ne pas avoir le contrôle. C’est à cette fin qu’a été instauré le principe de précaution. S’il avait été appliqué auparavant, Denis Papin n’aurait jamais pu inventer la machine à vapeur, Edison serait mort à la lueur d’une bougie, et Ader serait resté désespérément les pieds cloués au sol. Les hommes de l’Etat se sentent obligés à devoir prendre des décisions. On se demande bien en quoi est-ce légitime, d’une part d’un strict point de vue de philosophies du droit et morale, mais surtout, en quoi est-ce efficace, quand l’on connait leur incapacité à résoudre les problèmes, notamment ceux traitant de l’environnement. L’assèchement de la mer d’Aral, Tchernobyl, les pluies acides en Roumanie… ne sont pas le fait de personnes privées. D’une manière générale, l’intervention des pouvoirs publics fausse la définition des droits de chacun. Pour rappel, un droit de propriété se compose de l’usus (droit d’usage), du fructus (droit de récolter les fruits de son bien) et de l’abusus (droit d’en disposer). Le cas de la déforestation en Amazonie est à ce titre des plus intéressants. L’Etat brésilien, concessionnaire, détient l’abusus, mais cède usus et fructus aux sociétés exploitantes, qui n’ont d’autre incitatif que de piller au maximum les ressources qui leur sont accordées durant le temps qui leur est
imparti. Dans un système véritablement capitaliste, ces sociétés posséderaient l’entière propriété de parcelles, et seraient incitées à une gestion pérenne, soit afin d’exploiter de nouvelles ressources ultérieurement, soit afin de pouvoir les revendre à un bon prix.

Le cas de la plateforme pétrolière BP, dont la fuite d’un tuyau a
provoqué la plus grande marée noire de l’histoire, est elle aussi évocatrice de ce biais. BP agit avec l’accord des autorités américaines, qui l’empêchent de forer plus près du rivage, ce qui augmente d’autant plus la difficulté de réparation et d’entretien. Le pétrolier de son côté tente d’exploiter au maximum son gisement d’or noir, quitte à courir à la catastrophe. Les droits de propriété des eaux et rivages n’étant que peu identifiés, leurs propriétaires, si tant est qu’il y en a, ne pourront pas faire entendre et valoir leurs droits. Si l’on excepte l’impact négatif sur l’image de la compagnie, BP est incité à prendre le maximum de risques pour maximiser ses coûts. Or si elle devait rembourser via dommages et intérêts tous les propriétaires des eaux, rivages et ressources (ostréiculteurs, etc…) souillés, la manœuvre ne serait pas du tout rentable. La société ne l’envisagerait donc pas et laisserait tomber son projet de plateforme ou consacrerait plus de moyens à construire des installations sûres si elle estime que le jeu en vaut la chandelle.

Une société libre implique nécessairement, si l’on ne peut envisager de se passer d’Etat, un gouvernement limité qui décide de lois objectives dans le seul but de protéger les droits naturels inaliénables de l’homme. Force est de constater que ce n’est pas le cas de nos jours. Certains parlent de capitalisme de connivence qui n’aurait que peu à envier au capitalisme d’Etat en vigueur en ex-URSS. Définir le plus finement possible les droits de propriété de chacun, assumer les conséquences de ses choix en en étant pleinement responsable, et être libre d’en disposer sans agresser ni nuire à autrui, c’est cela l’essence fondamentale du capitalisme, seul système qui permette de gérer au mieux, spontanément, notre avenir ainsi que celui de notre environnement.

9 réactions

  1. #1 Niggzs le 31 décembre 2010

    Nous avons ici la rhétorique libérale classique penchant dangereusement vers le libertarianisme, point de vue intéressant mais qui n’apporte véritablement aucunes solutions réellement pertinentes.

    Premièrement, ton argumentation me semble plus s’attacher à la préservation de la propriété privée, en reléguant la question environnementale au second plan, que de mettre en place des politiques environnementales actives. La question de la préservation de l’environnement semble finalement être une approche utilisée pour renforcer le droit de propriété et déconstruire d’une certaine façon toute notion de droit collectif. Toutes politiques à objectif environnementale spécifique n’ont donc pas lieu d’être puisqu’inutile.

    L’environnement est le prétexte pour renforcer des politique libérales et justifier un retour au marché capitaliste dans son sens le plus classique, ou comment une menace pour la survie de nos sociétés actuelles (et donc de son système économique), produite par les excès intrinsèque du capitalisme, servent à en légitimer l’existence et mêmes son renforcement. Ce n’est pas nécessairement ton propos ici, mais l’on peut en prenant du recul juger cette argumentation néfastes pour un réel changement en profondeur de nos sociétés et la mise en œuvre de politique environnementales.

    Deuxièmement, ton argumentation part du postulat suivant: le sacro-saint dogme libéral de la supposé rationalité des acteurs privés. Attention, les acteurs publics ne sont pas plus rationnels que les acteurs privée de mon point de vue, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit. Mais, selon ton approche, la propriété privée permettrait d’inciter les acteurs à être rationnel dans la gestion de leur patrimoine dans le sens de l’économie de marché. Or rien ne permet ici d’étayer cette affirmation, d’autant plus que la nation de rationalité n’a aucun existence concrète puisqu’il existe des rationalités, suivant des modèles de pensée différents, des sociétés différentes etc… la rationalité est une notion toute relative. Rien ne permet de penser à une meilleurs utilisation des ressources suivant ton modèle sinon à y inclure un contrôle plus large afin de juger de l’utilisation raisonnée de ces ressources, ce qui par ailleurs détruit la définition classique de la propriété tel que tu t’en réclame.

    Ton modèle déconstruit par ailleurs l’idée d’État interventionnistes (ainsi que les organisations internationales intergouvernementales) alors même qu’ils les entités le plus à même d’intervenir dans le domaine de l’environnement par définition globale. Cette approche interdit en effet toute action à échelle de la planète mais enferme toute intervention au niveau local, ce qui n’est pas le niveau le plus pertinent d’action dans ce domaine.

    Enfin, il ne faut à mon sens en aucun cas détacher les politiques environnementales des politiques sociales tant les imbrications peuvent être nombreuses. La société que tu proposes n’aborde en aucun cas cette question de façon satisfaisante sinon par celle du marché dont nous connaissons les limites dangereuses pour nos sociétés, tant en terme de cohésion sociale que d’émancipation de l’individu.

  2. #2 peter lien website le 31 décembre 2010

    Aaaah, enfin, le voilà :)
    Comme tu peux t’en douter, je ne suis absolument pas d’accord avec toi (étonnant :o), mais c’est très intéressant.

    Bon, ça va être dur de faire quelque chose de concis, il y aurait tellement de choses à dire, sur un sujet si étendu. Surtout que j’ai réellement très peu de temps.

    Pour commencer, un peu de hors sujet, à propos du site que tu as mis en lien : http://principlesofafreesociety.com/ . Juste en exemple, la séparation de l’éducation et de l’état (ou, plus généralement, du public). C’est une abbhération tant théorique que pratique. Encore pire qu’un système élitiste et sélectif basé uniquement sur les « résultats », une éducation totalement privée représenterait le summum des inégalités sociales. Fils d’ouvrier ? Même pas la peine de songer à intégrer une « bonne école ». Fils de bourgeois ? Pas de problème ! L’ascenseur social si cher à nos bobos n’aurait même plus de raison d’être. Pas besoin d’être communiste pour comprendre ça.

    Car, tout comme la soit disant « écologie capitaliste », il s’agit là d’une monstruosité idéologique. Un ensemble de préceptes, de sophismes, de dogmes, d’idées reçues pour tenter de justifier l’idéologie libérale. Celle de la classe dominante, des « riches », des grands patrons, celle relayée de manière plus ou moins bien cachée par les médias de masse. Un grand patron, un « bourgeois » au sens marxiste, a tout à gagner d’une totale privatisation de l’éducation, des services publics, de la terre. Lui, il a les moyens. Ses enfants pourront aller à l’école qui va bien. Il pourra acheter les billets première classe de ses trains privés. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que sous ce beau discours de « liberté », se cache en réalité un excellent moyen, pour les possédants, de garder « le pouvoir », de bâtir une muraille autour de leur classe sociale, de manière à ce que leur descendance la constituent à leur tour.

    De la même manière, l’écologie capitaliste, c’est de la poudre aux yeux. Les désastres environnementaux, la pollution, le réchauffement climatique donnent tort au capitalisme ? Il n’y a qu’à inventer des trucs bidons qui collent avec l’idéologie. Le réchauffement climatique ? UN COMPLOT ! De toute façon, on n’en est même pas sûr, c’est un type même pas payé par des multinationales qui l’a dit. Un pétrolier qui coule ? Pas assez de propriété privée, évidemment ! Des ressources gaspillées en masse, des terres polluées ? Allez op, un petit coup de Tragédie des communs : tout ce qui est privé est mieux géré !

    Et, pour citer un célèbre auvergnat moustachu, au prix d’une titanesque « crampe mentale ». Car les éléments que tu choisis (enfin, que les libéraux choisissent) sont délibérément tirés du contexte, formatés et régurgités de manière à ce que ça fasse « correct ».
    Exemple : « Le deuxième régulateur naturel étant le marché en lui-même. Rareté entraînant cherté, les espèces de poissons dont les représentants voient leur nombre diminuer seront les plus onéreuses, et donc moins consommées. »

    C’est absolument BIDON comme argument ! Déjà, car il n’y a pas que la disponibilité des ressources qui entre en jeu, loin de là. Mais, surtout, car une fois qu’il n’y a plus de ressources, bah … elles ont beau être chères, il n’y en a plus hein. Par exemple, le pétrole, ressource aujourd’hui sur-utilisée, dans 100 ans, bah il n’y en aura plus. Malgré les pouvoirs magiques du marché qui font que son prix va augmenter.

    Mais le grand crime écologique du capitalisme (car, même si le sujet est ici l’écologie, ce n’est pas son plus grand des défauts !) c’est avant tout le PRODUCTIVISME et le CONSUMERISME qui vont de pair avec lui. Tu prends des exemples très spécifiques, mais la destruction de l’environnement par le productivisme n’est pas uniquement l’utilisation de ressources ou de lopins de terre à la con, mais tout ce qui va autour ! Tu veux aussi privatiser les rivières (rejets de produits chimiques FTW), les poissons et les estomacs des gens ? Produire pour le moins cher possible, au grand dam de l’environnement ; mais également de manière à ce que les gens consomment plus (et donc, plus de production). Produits volontairement limités dans le temps (frigos ?), vente de trucs inutiles par la crétinisation intensive des masses (owi le dernier iPhone il est tout différent de celui que j’ai déjà, il faut absolument que je l’achète §§§). Non mais sérieusement, et l’agriculture intensive, elle se fait sur des terrains collectifs peut-être ? La dure réalité offre des exemples à foison.

    Enfin, dans une société où tout est basé sur le profit, il est normal que l’état (exemple de la forêt amazonienne) et, d’une manière générale, « les gens », se comportent eux-aussi en véritables rats. La compétition, la productivité maximal … ceci n’existerait pas dans une société socialiste.
    De même, sans écrire une thèse pour réfuter la pseudo-loi de la Tragédie des communs (il y a des gens qui ont fait des trucs bien plus clairs et complets :D), il me parait évident que sans productivisme, sans consumérisme, sans malsaine concurrence, sans cette PRESSION pour faire du profit à tout prix, les comportements que tu décris (le pêcheur qui va pêcher le plus possible pour que ses concurrents ne le fassent pas avant lui) n’existeraient pas. Et même dans une société capitaliste, le bon-sens, le respect des autres, la « crainte du regard des autres » font que, d’une manière générale, les biens communs sont bien mieux tenus que les biens privés. Cf les écrits de *insérer ici le nom d’un économiste qui critique la Tragédie des communs*.

    Pour terminer, tu mélanges d’une manière atroce le principe de précaution, utilisé dans le but de protéger les populations des mecs qui seraient prêts à vendre n’importe quoi du moment que ça rapporte du fric, et des inventions qui n’ont, mais alors, strictement rien à voir avec lui. Le principe de précaution est réservé à ce qui peut être dangereux (OGM, trucs bizarres dans la bouffe, …), pas à tout et n’importe quoi. Ca peut t’apporter du grain à moudre à première vue, mais au final, quand on y réfléchit un peu, ça a plutôt tendance à te décrédibiliser :D

    Voilà. Pour une fois, j’ai essayé de ne pas reprendre le texte « point par point », mais de faire une réponse globale. Certes écrite à l’arrache, bien incomplète, mais, je l’espère, résumant mon point de vue.

  3. #3 Melkion le 2 janvier 2011

    Bonne année ! :D

    Merci à mes contradicteurs pour leurs commentaires, qui me permettront de préciser certains points que je n’ai pas ou peu développé.

    Mon argumentation fait la part belle à la définition des droits, car j’estime qu’ils sont les plus à même de résoudre les problèmes auxquels nous avons à faire face aujourd’hui. « Les excès intrinsèque du capitalisme » sont ceux d’un capitalisme de connivence, que je critique, et dans lequel l’état joue un rôle non négligeable. C’est ce système qui permet aux « grandes corporations et grands bourgeois » de conserver et préserver leurs privilèges. Les plus protégés étant ceux qui ont les moyens en temps et pression pour accéder aux réseaux de pouvoir. Rien de libéral là-dedans, au contraire ;)

    Bien sûr que l’individu n’est pas totalement rationnel. Mais il apparaît clairement qu’il l’est plus que des institutions déconnectées et surtout irresponsables (ce n’est pas avec leur argent qu’elles jouent mais avec celui du contribuable). Ce raisonnement s’applique aussi dans de nombreux autres domaines, l’éducation entre autres, mais cela devrait faire l’objet d’un autre article tant le sujet demande à être développé. Il n’y a pas de réponses parfaites, mais il y en a de meilleures que d’autres.

    Pour en revenir au coeur du sujet, les réserves de pétrole sont estimées aujourd’hui, peut-être à 100 ans comme dit plus haut, mais elles ne tiennent absolument pas compte de la consommation future. Les réserves de charbon étaient estimées à 40-50 ans au plus haut de leur consommation pendant la révolution industrielle. Désormais, elles sont estimées à plus de 200 ans. Pareil pour le gaz, leurs réserves ont explosé depuis que le progrès technique a permis de découvrir de nouveaux gisements et que son extraction devient plus aisée. Le pétrole est la réserve d’énergie la plus usitée actuellement, et cela changera très certainement. Si les pollueurs payaient chers leur droit de polluer la propriété bien définie de personnes bien identifiées, ils se limiteraient d’eux-mêmes et n’essaieraient pas de profiter du flou entourant les biens communs ou de soudoyer les autorités publiques locales. Attention je ne dis pas que la pollution disparaîtrait mais elle serait plus contrôlée et in fine plus limitée.

    Les américains ont le choix de manger des OGM, ou pas, depuis plus de 10 ans, et aucun cas de contamination n’a éclot dans le pays le plus « judiciarisé » au monde. La véritable raison de leur interdiction concerne plutôt la protection des agriculteurs locaux au détriment de ceux des pays émergents que l’on affame sous prétexte de protéger les « emplois nationaux ». Bastiat écrivait à ce sujet il y a 150 ans et l’argumentation n’a pas changée d’un pouce, si pertinente et tellement empreinte de logique.

    Enfin, merci aux administrateurs de ce site de permettre une tribune libre à des opinions totalement opposées qui autorisent un débat sain et intelligent, et la découverte de points de vue peu connus du grand public.

  4. #4 peter lien website le 7 janvier 2011

    Je n’ai pas (encore) vu toutes les vidéos, mais voilà qui devrait servir à mettre en lumière la vision très tronquée et incomplète des libéraux quant aux effets écologiques du productivisme et du consumérisme : http://ledesertdureel.over-blog.com/article-destruction-des-sols-et-du-monde-paysan-fin-d-une-civilisation-58447131.html :)

  5. #5 ELw le 9 janvier 2011

    Pas vraiment un commentaire à l’article, quoi que…

    Indépendamment l’un de l’autre, l’INA et ARTEradio présentent un résumé de vieux, oups ! lapsus tapæ, de vœux présidentiels de la Vè. Voyez d’abord ceux en vidéo de l’INA,
    puis goûtez ensuite à ceux audios d’ARTEradio, qui tordent autant les zygomatiques que les boyaux. Moi, ça me laisse de plus en plus un mauvais goût buccal et quelques douleurs aussi annuelles qu’ana/censuré/, mais qui ne doivent rien des orgies saint-sylvestrardes, vu que ces dites orgies se réduisent de plus en plus à traîner le petit pois jusqu’à 24h plus 1 seconde et bonne nuit.

    Je m’excuse d’ailleurs de vous présenter après « ça » mes souhaits de bonnes volitions pour cette année au numéro de si mauvais augure, vœux pourtant moins virtuels et plus sincères, plus cordiaux en fait qu’il ne paraît ici. Est-ce parce que je crains tant que cette année Zoll… pardon 2o11, ne voit partout s’élever des frontières moins pénétrables que nos vies privées, et pulluler des vospapiéristes forcenés du scan-contrôle 3D-invasif, garde à vos gonades ? À part ça, je vous la souhaite un max altercollaboraboraroborarotative et joyeuse.

    Bises à tous
    ELw

  6. #6 Melkion le 11 janvier 2011

    @Peter : Tu apportes de l’eau à mon moulin ! Le but de cet article était de dénoncer les pratiques actuelles en matière de gestion des ressources naturelles et de proposer une solution pratique et réaliste qui n’est pas aujourd’hui en vigueur.

    De plus, laisse-moi te rappeler que le consumérisme est une notion purement Keynésienne. Les libéraux se revendiquant de l’école autrichienne souhaitent que l’accent soit mis sur son direct opposé : l’épargne et son corollaire, la production. Tous les indices de « consommation des ménages », de « hausse de la consommation » ne veulent rien dire dans un système de crédit facile garantit par l’état, et qui ne pousse qu’à la faillite des individus.

    http://www.unmondelibre.org/Horwitz_consommation_131210

  7. #7 22decembre lien website le 4 mars 2011

    difference entre productivisme et production ?

    Production de quoi déjà ?

  8. #8 Alfindel le 24 novembre 2011

    Voilà un article très intéressant qui donne un point de vue plutôt original sur les questions environnementales. J’avoue être séduis par certains arguments (par exemple la critique du systèmes des quotas), mais je pense qu’il y a quand même plusieurs erreurs :

    « Si je décide de polluer le sol de mon jardin en y laissant des détritus, cela ne concerne que moi. A l’inverse, si je décide de faire de même chez mon voisin, je serais dans mon tort le plus absolu, à moins d’avoir préalablement obtenu son consentement. »
    Mais les lois physiques qui régissent l’environnement ne tiennent pas compte des cadastres ! Si tu enfouis des produits toxiques dans ton jardin, ils finiront inévitablement par se répandre dans les parcelles voisines, puis dans la rivière du coin, etc. Le principal problème environnemental aujourd’hui, c’est justement notre incapacité à confiner durablement nos déchets, quels qu’ils soient !

    « Le cas de la déforestation en Amazonie est à ce titre des plus intéressants. [...] Dans un système véritablement capitaliste, ces sociétés posséderaient l’entière propriété de parcelles, et seraient incitées à une gestion pérenne, soit afin d’exploiter de nouvelles ressources ultérieurement, soit afin de pouvoir les revendre à un bon prix. »
    Si le propriétaire du terrain est un bon capitaliste, il brulera son bout de forêt pour cultiver du maïs OGM destiné à la production de « biocarburants ». De même, si tu donnes à un pêcheur la propriété exclusive d’une parcelle maritime, alors il a intérêt à lancer un élevage de poisson, bien plus rentable que la pêche (durable ou non), mais qui est un désastre écologique.
    Dans le système que tu présentes, on peut espérer arriver à un équilibre (les richesses « naturelles » et « durables » pouvant devenir plus rentables grâce à leur rareté), mais j’ai bien peur que ce qui restera sera bien insuffisant…

    Les américains ont le choix de manger des OGM, ou pas, depuis plus de 10 ans, et aucun cas de contamination n’a éclot dans le pays le plus « judiciarisé » au monde. La véritable raison de leur interdiction concerne plutôt la protection des agriculteurs locaux au détriment de ceux des pays émergents que l’on affame sous prétexte de protéger les « emplois nationaux ».
    Tu oublies que les OGM sont nocifs pour l’environnement, en diminuant la biodiversité des plantes (par une dissémination incontrôlée aujourd’hui largement prouvée), mais aussi en attaquant de nombreux insectes (abeilles, …).
    Au niveau économique, les OGM permettent de breveter le vivant, les paysans, qui n’ont plus la possibilité de réutiliser leurs propres semences, sont totalement dépendant de puissantes multinationales. Alors même que l’utilité des OGM est justement remis en cause aux US, où les parasites sont devenus résistants. La technique OGM/pesticides est moins efficace à moyen terme que des techniques plus « naturelles » (polyculture, jachère, entretien de la biodiversité, parasites naturels…) mais, l’agriculture industrielle est bien plus rentable à court terme.

    C’est oublier bien vite que l’état de santé des habitants des pays les plus développés ne cesse de s’améliorer grâce à de meilleurs traitements de l’air, de l’eau et de la nourriture notamment.
    C’est en train de changer, aux US par exemple (à cause des OGM ?) (Source).
    Tu oublies aussi quelque chose, c’est l’injustice des conséquences environnementale. En effet, les riches, qui polluent le plus (que ce soit historiquement, ou aujourd’hui en partie indirectement par l’investissement), sont aussi ceux qui peuvent le mieux se protéger. Donc oui, les américains et européens sont effectivement peu touchés par les problèmes environnementaux, mais ce n’est pas le cas de beaucoup de population « sensibles », pêcheurs africains face à la surexploitation des océans, agriculteurs (pauvres) chinois face à la pollution et la désertification de leur pays, habitants d’îles et de zones côtières, etc (50 millions de réfugiés climatiques en 2010 selon l’ONU).

    L’assèchement de la mer d’Aral, Tchernobyl, les pluies acides en Roumanie… ne sont pas le fait de personnes privées.
    L’asséchement d’une mer et les pluies acides sont des phénomènes trop globaux pour pouvoir désigner un responsables, donc des personnes privés ont sans aucun doute participé à ces désastres, mais il est vrai que les états, tout comme les sociétés privées, sont souvent impuissantes face à cela.
    D’accord pour Tchernobyl (m’enfin, c’est une erreur humaine à la base de l’accident, et la gestion à court terme n’est pas plus mauvaise qu’à Fukushima. On peut juste reprocher la gestion à long terme, par manque d’intérêts politiques et de fonds), mais il y a plein d’exemples d’accidents industriels ou une entreprise privée est directement responsable, Tepco pour l’accident de fukushima par exemple.

    (quelques extraits de google :
    La société TEPCO est mise en cause en 2002 par le gouvernement japonais pour falsification d’une trentaine de rapports, concernant notamment des fissures dans la structure de treize de ses réacteurs nucléaires ; ce depuis les années 1970, début des constructions de centrales au Japon ; et pour avoir dissimulé des accidents nucléaires, dont celui qui a conduit à une réaction en chaîne incontrôlée en 1978 dans un réacteur de Fukushima.

    Des témoignages d’employés tendent à penser qu’elle «fait passer la rentabilité à court terme avant l’impératif de sécurité à long terme». Elle est critiquée pour avoir recours pour la maintenance de ses centrales à des « sous-traitants souvent inexpérimentés ».)

    Cela me permet de faire une transition sur ton argument vis à vis de BP :
    Le pétrolier de son côté tente d’exploiter au maximum son gisement d’or noir, quitte à courir à la catastrophe. Les droits de propriété des eaux et rivages n’étant que peu identifiés, leurs propriétaires, si tant est qu’il y en a, ne pourront pas faire entendre et valoir leurs droits. Si l’on excepte l’impact négatif sur l’image de la compagnie, BP est incité à prendre le maximum de risques pour maximiser ses coûts. Or si elle devait rembourser via dommages et intérêts tous les propriétaires des eaux, rivages et ressources (ostréiculteurs, etc…) souillés, la manœuvre ne serait pas du tout rentable.
    Premièrement, tu enlèves l’effet négatif, pourtant, c’est bien une perte sèche pour la société, pourquoi crois-tu que toutes les multinationales travaillant dans le pétrole font autant de greenwashing (logo de BP justement, soutiens à des associations environnementales, pubs, …) ?
    Autre erreur, la catastrophe a déjà couté cher à BP (Pour l’heure, la société fait valoir qu’elle dépense actuellement 6 millions de dollars par jour et que les réparations devraient lui coûter 300 millions de dollars. Le coût total du nettoyage des côtes dépendra de la quantité de pétrole déversé., et il y aura sans doute d’autres versements de dommages et intérêts).

    Alors pourquoi une société comme BP ou Tepco prend-elle ces risques ? Pour la même raison qui fait que des investisseurs ont achetés des actions sensibles et on tout perdus, un système ou l’appât du gain à court terme et la règle, mais aussi ou le coup d’une catastrophe, multiplié par la probabilité de sa venue, la rende rentable pour l’industrie. C’est affreux, mais une catastrophe nucléaire par décennie, une marrée noire tout les 2 ans, c’est plus rentables que des normes de sécurité trop importantes. Par contre, l’environnement (donc nous tous) paye cash.

  9. #9 Melkion le 25 novembre 2011

    Quelques réponses rapides.

    « Mais les lois physiques qui régissent l’environnement ne tiennent pas compte des cadastres ! Si tu enfouis des produits toxiques dans ton jardin, ils finiront inévitablement par se répandre dans les parcelles voisines, puis dans la rivière du coin, etc. »
    Evidemment qu’elles ne tiennent pas compte des cadastres. Si tu enfouis des déchets et que ça pollue le sol de ton voisin, tu es fautif et coupable au même titre que si tu l’avais pollué directement. Là où ça devient compliqué, c’est quand la rivière dont tu parles n’appartient à personne. Et là on en revient à mon point.

    « Si le propriétaire du terrain est un bon capitaliste, il brulera son bout de forêt pour cultiver du maïs OGM destiné à la production de « biocarburants ». »
    Non. Brûler les sols augmente sa fertilité à court terme mais la stérilise à moyen terme. Seuls des fous ou des faux-propriétaires (ne détenant pas l’abusus) seraient enclins à ce genre de pratique.

    « C’est en train de changer, aux US par exemple (à cause des OGM ?) (Source). »
    L’espérance de vie se mesure sur une tendance de long terme, pas d’année en année. L’espérance de vie aux USA a diminué entre 1981 et 1993 par exemple avant de reprendre une ascension. Néanmoins depuis 1980, les américains ont gagné 4 ans d’espérance de vie.

    « Donc oui, les américains et européens sont effectivement peu touchés par les problèmes environnementaux, mais ce n’est pas le cas de beaucoup de population « sensibles », pêcheurs africains face à la surexploitation des océans, agriculteurs (pauvres) chinois face à la pollution et la désertification de leur pays, habitants d’îles et de zones côtières, etc (50 millions de réfugiés climatiques en 2010 selon l’ONU). »
    Ces réfugiés n’existent pas, il s’agissait d’une prédiction de l’onu en 2005, qui ne s’est jamais réalisée, ils ont d’ailleurs discrètement retiré l’info de leur site quand ils se sont rendus compte de leur erreur. Cf Anthony Watts dont l’exploit majeur a été de replacer le climat dans le domaine de la science et non de l’émotionnel et du chiffre choc.

    « L’asséchement d’une mer et les pluies acides sont des phénomènes trop globaux pour pouvoir désigner un responsables, donc des personnes privés ont sans aucun doute participé à ces désastres, mais il est vrai que les états, tout comme les sociétés privées, sont souvent impuissantes face à cela. »
    La mer d’Aral a été pompé par l’union soviétique et continue maintenant d’être surexploitée par les russes. Les pluies acides en Roumanie étaient causées par les rejets des usines nationales publiques. Quant à Tchernobyl… Ces exemples précis sont justement les fait des Etats. Les faits sont têtus.

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À une époque charnière, où les moyens de communication sont omniprésents, il paraît nécessaire d'avoir une réflexion sur les fondements de notre société afin de comprendre les conséquences de nos choix et soumissions présentes. La Politeia est une revue virtuelle collaborative, qui se veut être un espace de discussions favorisant l'échange, sans publicité ni contenu payant, conçue pour être et rester indépendante.

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