Revenir au capitalisme pour préserver notre environnement
Publié le 31 décembre 2010 à 14h00 dans Idéologie
Il est aujourd’hui courant d’entendre dans les médias mainstream et dans les conversations les plus banales, que les modes de vie que nous permettent nos sociétés capitalistes sont responsables des principaux désastres environnementaux. C’est oublier bien vite que l’état de santé des habitants des pays les plus développés ne cesse de s’améliorer grâce à de meilleurs traitements de l’air, de l’eau et de la nourriture notamment. La circulation automobile y est bien plus importante qu’ailleurs, et pourtant nous vivons mieux
et plus longtemps. Le progrès est au service de l’humanité. Le niveau de pollution des régions développées est en constante diminution, l’industrialisation cédant à la tertiarisation. Certains argueront que si nos sociétés sont plus saines qu’auparavant, cela est en grande partie dû au fait que nos industries polluantes se délocalisent dans des pays moins riches, et que l’environnement y est là-bas menacé.
De là entendons-nous pousser des cris d’orfraie que le capitalisme apatride a encore frappé, et que les multinationales sans scrupules exploitent les populations locales à seule fin de profit. Sans doute cherchent-elles à augmenter leurs bénéfices. Toutefois, c’est faire abstraction de la plus élémentaire définition du capitalisme, qui est la protection des droits de propriété, la responsabilité à son égard, et la liberté d’en disposer à sa guise, si tant est qu’elle ne nuit pas à autrui. Ces 3 piliers sont essentiels à la
compréhension des causes réelles des nuisances environnementales. Ceci est à mettre en rapport avec la définition précise des droits de chacun, sur soi et vis-à-vis d’autrui. Si je décide de polluer le sol de mon jardin en y laissant des détritus, cela ne concerne que moi. A l’inverse, si je décide de faire de même chez mon voisin, je serais dans mon tort le plus absolu, à moins d’avoir préalablement obtenu son consentement.
La principale difficulté provient donc du flou entourant ce que l’on appelle communément les biens collectifs. Appartenant à tout le monde, ils n’appartiennent en réalité à personne. L’utilisation d’un bien est étroitement liée à la responsabilité qui m’incombe vis-à-vis de lui, et de sa potentielle utilisation future. Par exemple, étant pêcheur, mon intérêt sera de profiter au maximum et au plus vite de la faune sous-marine pour couper l’herbe sous le pied de mes concurrents, quitte à en épuiser totalement les ressources. Exemple inverse, une zone marine m’appartenant, j’ai tout intérêt à l’exploiter le plus sagement possible, sans la polluer pour éviter de faire fuir le poisson, ainsi qu’à préserver un écosystème capable de se régénérer pour en tirer un revenu futur. Propriété n’est rien sans responsabilité. Le deuxième régulateur naturel étant le marché en lui-même. Rareté entraînant cherté, les espèces de poissons dont les représentants voient leur nombre diminuer seront les plus onéreuses, et donc moins consommées. L’Etat, en instaurant des systèmes de quotas, fait augmenter les prix du produit artificiellement, et n’incite qu’au braconnage, à la corruption, et à la mise en place de réseaux qui tentent de contourner ces barrières afin d’augmenter leurs revenus aux dépends des autres acteurs qui se plient aux règles.
La mauvaise définition des droits de propriété engendre des effets pervers très souvent plus néfastes que de laisser se développer une situation qui prendra inévitablement la direction d’un ordre spontané, imprévisible et non modélisable. Et c’est à n’en pas douter la plus grande crainte des hommes de l’Etat que de ne pas avoir le contrôle. C’est à cette fin qu’a été instauré le principe de précaution. S’il avait été appliqué auparavant, Denis Papin n’aurait jamais pu inventer la machine à vapeur, Edison serait mort à la lueur d’une bougie, et Ader serait resté désespérément les pieds cloués au sol. Les hommes de l’Etat se sentent obligés à devoir prendre des décisions. On se demande bien en quoi est-ce légitime, d’une part d’un strict point de vue de philosophies du droit et morale, mais surtout, en quoi est-ce efficace, quand l’on connait leur incapacité à résoudre les problèmes, notamment ceux traitant de l’environnement. L’assèchement de la mer d’Aral, Tchernobyl, les pluies acides en Roumanie… ne sont pas le fait de personnes privées. D’une manière générale, l’intervention des pouvoirs publics fausse la définition des droits de chacun. Pour rappel, un droit de propriété se compose de l’usus (droit d’usage), du fructus (droit de récolter les fruits de son bien) et de l’abusus (droit d’en disposer). Le cas de la déforestation en Amazonie est à ce titre des plus intéressants. L’Etat brésilien, concessionnaire, détient l’abusus, mais cède usus et fructus aux sociétés exploitantes, qui n’ont d’autre incitatif que de piller au maximum les ressources qui leur sont accordées durant le temps qui leur est
imparti. Dans un système véritablement capitaliste, ces sociétés posséderaient l’entière propriété de parcelles, et seraient incitées à une gestion pérenne, soit afin d’exploiter de nouvelles ressources ultérieurement, soit afin de pouvoir les revendre à un bon prix.
Le cas de la plateforme pétrolière BP, dont la fuite d’un tuyau a
provoqué la plus grande marée noire de l’histoire, est elle aussi évocatrice de ce biais. BP agit avec l’accord des autorités américaines, qui l’empêchent de forer plus près du rivage, ce qui augmente d’autant plus la difficulté de réparation et d’entretien. Le pétrolier de son côté tente d’exploiter au maximum son gisement d’or noir, quitte à courir à la catastrophe. Les droits de propriété des eaux et rivages n’étant que peu identifiés, leurs propriétaires, si tant est qu’il y en a, ne pourront pas faire entendre et valoir leurs droits. Si l’on excepte l’impact négatif sur l’image de la compagnie, BP est incité à prendre le maximum de risques pour maximiser ses coûts. Or si elle devait rembourser via dommages et intérêts tous les propriétaires des eaux, rivages et ressources (ostréiculteurs, etc…) souillés, la manœuvre ne serait pas du tout rentable. La société ne l’envisagerait donc pas et laisserait tomber son projet de plateforme ou consacrerait plus de moyens à construire des installations sûres si elle estime que le jeu en vaut la chandelle.
Une société libre implique nécessairement, si l’on ne peut envisager de se passer d’Etat, un gouvernement limité qui décide de lois objectives dans le seul but de protéger les droits naturels inaliénables de l’homme. Force est de constater que ce n’est pas le cas de nos jours. Certains parlent de capitalisme de connivence qui n’aurait que peu à envier au capitalisme d’Etat en vigueur en ex-URSS. Définir le plus finement possible les droits de propriété de chacun, assumer les conséquences de ses choix en en étant pleinement responsable, et être libre d’en disposer sans agresser ni nuire à autrui, c’est cela l’essence fondamentale du capitalisme, seul système qui permette de gérer au mieux, spontanément, notre avenir ainsi que celui de notre environnement.
Source
-
L'auteur
Melkion
Voir tous ses articles Influences
Murray Rothbard, Ayn Rand, Pascal Salin
Illustration

#1
Niggzs
le 31 décembre 2010
#2
gg
le 31 décembre 2010
#3
Melkion
le 2 janvier 2011
#4
gg
le 7 janvier 2011
#5
ELw
le 9 janvier 2011
#6
Melkion
le 11 janvier 2011
#7
22decembre
le 4 mars 2011
#8
Alfindel
le 24 novembre 2011
#9
Melkion
le 25 novembre 2011