Pour une nouvelle mondialisation

Publié le 18 février 2013 à 14h39 dans Divers

La mondialisation est l’expression, trompeuse, d’un projet politique mondialiste et principalement occidentale, qui fait de l’inscription et de la nécessaire extension du capitalisme dans sa version néolibérale à toute la planète, le cœur de son projet: l’avènement du marché global. La mondialisation n’est donc pas une entité neutre, dépolitisée, atomisée, sans moyen et expression politique identifié: elle avance à découvert et sûr de sa force, celle de l’ignorance de ses consommateurs, celle de la marginalisation de ses détracteurs. Oublier cette première vérité, c’est oublier toute la spécificité de la mondialisation telle que nous la connaissons depuis plus de 30 ans, c’est oublier qu’elle est réversible et qu’elle l’a été, que l’on peut la transformer, la renverser et que d’autres projets politiques mondialistes lui sont substituables.

Si le sens des mots est loin d’être anodin, la différenciation entre la globalisation et la mondialisation n’est pas qu’une simple question de sémantique, elle recouvre des concepts et réalités bien différentes qu’il faut d’expliciter et garder à l’esprit.

La globalisation est une donnée géographique et historique de l’augmentation et de la diffusion continue, croissante et progressive, à l’échelle planétaire, des échanges militaires, diplomatiques, commerciaux, économiques et culturels entre civilisations et aires culturelles. Elle se caractérise par la diffusion de pratiques, de coutumes, de savoirs faire, de manières de penser et de vivre entre toutes ces entités humaines qui concourent à leur interpénétration croissante. Elle se caractérise aussi par le bouleversement des espaces environnementaux et sanitaire par l’échange et la diffusion d’une biodiversité entre continents et la propagation de traits génétiques et viraux entre les populations qui y sont parties prenantes.

La rencontre, l’échange et la confrontation à l’altérité n’est pas pour autant synonyme d’enrichissement des sociétés, bien au contraire, elle peut être synonyme de destruction et de disparition, comme cela fut le cas des biens mal nommées sociétés précolombiennes ou encore de nombres de sociétés africaines, toutes détritent/acculturées par les messianismes occidentaux. Mais, lorsque l’échange entre sociétés et aires culturelle s’amorce, s’il n’engendre pas de phénomène de rejet, bénéficie aux sociétés parties prenantes, du moins sur le long terme. Que serait l’Europe sans les apports techniques et culturels des Chinois et des Arabes? Néanmoins, la globalisation n’est pas forcément un échange égalitaire ou désordonné, mais peut-être aussi à sens unique, inégalitaire, de centres vers des périphéries, et orchestré pour assurer la suprématie d’une société sur une autre. Le processus de colonisation/ néo-colonisation en est la parfaite illustration. En réalité, la globalisation est une dynamique, qui lorsqu’elle est enclenchée et non empêchée ou freinée, tend à se nourrir d’elle-même, à se renforcer, à s’approfondir et à s’accélérer.

Si la globalisation n’a pas connu un développement historiquement et géographiquement linéaire, c’est une donnée géopolitique fondamentale de l’histoire de l’humanité qui a connu un changement d’échelle prodigieux depuis la révolution industrielle, et plus encore depuis la fin de la guerre froide, de part l’approfondissement des échanges et l’interpénétration des sociétés. Par ce processus, l’humanité tend aujourd’hui à ne faire plus qu’une. Là où il y avait des mondes, un seul semble se former, unique dans sa globalité, celle d’un monde globalisé. Ce monde globalisé prend alors peu à peu conscience de lui-même, par l’émergence d’une conscience mondiale de l’autre, de ses apports, de ses effets sur les sociétés. Mais cette globalisation des esprits n’est elle-même pas linéaire, également répartie ou partagé. Les phénomènes de rejets en sont les témoins les plus démonstratifs. Elle reste encore le fait de ce que l’on appel, faute de mieux, des classes moyennes occidentales, alors que les classes moyennes émergentes se tourne quant à elles vers le nationalisme.

La globalisation est donc tout à la fois un phénomène physique, sociale et émotionnel. Elle apparaît comme irréversible, même si elle peut être freinée, transformé, et peut même changer de nature. Vouloir la stopper, l’arrêter et développer un repli sur soit n’a pas vraiment de sens tant l’histoire nous démontre la longue construction de ce processus entre les sociétés, son caractère bénéfique et à bien des égards, irréversible.

Alors pourquoi ne pas utiliser la mondialisation, bien que communément utilisée, pour caractériser ce phénomène aujourd’hui mondiale? Parce que la mondialisation est bien plus qu’une simple donnée historique et géographique. C’est un véritable projet politique qui accompagne, accentue, nourri, utilise et transforme en profondeur la globalisation. La période actuelle correspond à la conjonction de ces deux phénomènes: l’explosion de la globalisation suite à l’introduction des pays en développement dans les canaux d’échanges planétaires et la suprématie idéologique de la mondialisation dans les pays occidentaux qui accentue la globalisation. Pourquoi? Parce que le projet politique mondialiste néolibéral se caractérise par la volonté d’étendre et d’accroitre les mécanismes du capitalisme de marché et de son fonctionnement néolibérale à l’ensemble de la planète. Cette vision n’est que l’instauration, in fine, d’une zone de libre-échange planétaire, censé parvenir à l’optimum économique et donc à l’optimum sociale, source autant de richesse que d’une baisse des inégalités au niveau mondial. Toute les justifications apportées au fonctionnement du capitalisme de marché sont utilisés ici, peut importe à quel niveau il s’instaure, puisque fondamentalement ses mécanismes, et donc ces réussites supposées ou avérées, sont les mêmes. La validité d’une théorie politique est d’autant  plus vérifiée qu’elle s’applique de la manière la plus large. La relativité de ses applications viendrais en effet affaiblir sa force théorique, voir même la nier complètement.

Cette volonté d’intégrer toujours plus les pays en développement dans la mondialisation par l’économie de marché, la démocratie, qui sont deux faces d’une même réalité pour le monde anglo-saxons, et d’approfondir dans le même temps son fonctionne dans les pays occidentaux, dans toutes les strates du tissu économique et sociale; est une politique qui est menée par les pouvoirs en place depuis les années 1980. D’ailleurs les zones de libre-échange, à l’instauration éminemment politiques, s’élèvent aujourd’hui aux cinq continents, puisque chaque aire continentale a désormais sa zone de libre-échange. Bientôt des zones intercontinentales seront instaurées: l’Europe et l’Amérique du Nord sont ainsi actuellement en négociation pour construire une zone de libre-échange transatlantique commune. Le processus le plus abouti d’une zone de libre-échange est celui de l’Union Européenne qui dispose d’un véritable marché intérieur par le marché commun desservie par une unique monnaie.

Si la mondialisation s’institutionnalisme, plus fortement à certains endroits qu’à d’autres, comme en Europe, celle-ci est avant tout une idée, un cadre de pensé, irriguant un projet politique qui définissait la supériorité, a priori, de tous les mécanismes de marché, sur tout autre mode de régulation économique et sociale, tant sur le plan de l’extension et de la croissance strictement économique, que de la régulation sociale. L’État est ici réduit à sa plus simple expression de facilitateur et de protecteur du marché. Elle s’apprécie donc comme une véritable idéologie épousant l’idéologie néolibérale. En ce sens, la mondialisation est une idéologie. Là où le capitalisme est un outil de production de richesse, imparfait par nature, il fonctionne par le biais d’un mode d’emploi idéologiquement construit, idéologie qui l’anime et le régule, comme peut le faire le libéralisme, le socialisme, le sociale-libéralisme ou le néolibéralisme, chacun d’entre eux accélérant ou ralentissant la globalisation, améliorant l’efficacité, strictement économique, du système ou au contraire prévenant ses défauts etc. Or, tous ces projets ne sont pas forcément mondialistes, au sens où ils ne se conçoivent pas forcément comme mode unique de régulation des échanges planétaires ou que l’extension de leur modèle est la condition sine qua none de sa propre réussite, ce qui est le cas pour le néolibéralisme. Celui-ci a triomphé dans les sociétés occidentales à tel points qu’il a voulu l’étendre au monde entier, afin de s’assurer la suprématie par se mode de régulation économique dont il maitrise tous les rouages.

Ce qu’il ya de plus paradoxale dans sa pensée politique, c’est que l’on veut nous faire croire que les États sont aujourd’hui impuissants, dépassées, inadaptés alors qu’en réalité ils n’ont jamais été aussi indispensables et finalement aussi puissant, comme d’ailleurs, la « résolution » de la crise financière est venue nous le démontrer. C’est l’absence de volonté ou de courage politique de commencer véritablement une transition vers un autre système qui fonde l’impuissance apparente des États. Leurs rôles, mêmes dans la mondialisation est centrale car il ne peut y avoir de marché sans États, sans volonté politique de les construire, d’en instaurer les normes, les limites et de leurs conférer une régulation, aussi faible soit-elle. Le marché n’apparaît pas de nulle part, de lui-même ou de la simple volonté des acteurs économiques de la fonder. S’il peut y avoir échange sans la mainmise de l’État, il ne peut y avoir de véritable marché, au sens de la tradition libérale, sans le rôle décisif et instaurateur de l’État.

La mondialisation se met donc en place par l’instauration de zones de libre-échanges, à l’instigation des États, par l’incorporation dans le marché mondial des États en développement grâce à leurs soumissions au Fond Monétaire Internationale et à son consensus de Washington, obtenue par le chantage monétaire sur leurs dettes; enfin, par la mise en œuvre institutionnalisé des mécanismes de marché par l’Organisation Mondiale du Commerce. En Europe, en supplément des mécanismes précédents, les institutions européennes, Commission et Banque Centrale en tête sont aujourd’hui les ardents défenseurs de cette logique. La mondialisation fait de l’augmentation prodigieuse, et en apparence irréversible de la globalisation, la condition essentielle de l’émergence de ce marché globale. On passerait alors de la mondialisation par la globalisation à la mondialisation dans la globalisation pour aboutir dans la globalisation par la mondialisation. En poussant les échanges mondiaux, par la disparition des barrières douanières de toute sorte, la mise en œuvre de stratégies marketing et commerciale mondiale, grâce à internet et aux réseaux sociaux par exemple, et le partage de norme de consommation mondiale, on approfondit les mécanismes marché, non seulement entre les sociétés, mais au sein de toutes les sociétés, devenant alors de véritables agents économiques de ce marché. On a crée un marché mondial avec les États comme terrains de jeux, leurs systèmes juridiques, leurs environnements politiques, leurs protections sociales, et où les firmes multinationales sont les agents économiques. La concurrence et la compétitivité ne sont alors que le cache sexe d’une véritable guerre économique, qui par l’instauration de barrière institutionnelle rendant impossible certaines politiques, fait de la société et des populations, ses variables d’ajustements, pour ne pas dire, sa chair à canon. La nécessaire adaptation des sociétés à la mondialisation devient alors le crédo politique des gardiens de l’ordre établit qui résignent leurs peuples à cette politique par l’évocation de l’insaisissable et incontrôlable mondialisation qu’ils font minent de ne pouvoir maitriser, soit pour masquer leurs vacuités idéologiques ou leur manque de courage politique,  et bien plus souvent, pour maquer leurs ralliements idéologiques, parfois inavouable au discours néolibérale dominant.

Tout pourrait être parfait dans le monde de l’économie libérale si la situation décrire était réellement l’image du monde actuelle. Mais c’est là que le bat blesse. Car les pays en vois de développement n’ont qu’une idée en tête: entrer de plein pieds dans la globalisation, la retourner à leur avantage, grignoter l’hégémonie occidentales, gagner de l’influence politique pour s’assurer des marges de manœuvre stratégiques, au moment même où il faudrait transformer en profondeur la globalisation. Or, ces pays en voie de développement s’emparent parfaitement de la globalisation, tellement bien qu’ils le font aujourd’hui au dépend des occidentaux qui commencent à se rendre compte de leurs erreurs, et qui de dominants, deviennent les dominés. Le centre de gravité de la globalisation se déplace alors que les pays en développement en deviennent les gagnants tout en rejetant le fardeau du néolibéralisme qui gangrène et entraine vers le fond les pays occidentaux, et singulièrement l’Union Européenne. Ce retournement de la globalisation dans les pays occidentaux explique le rejet croissant et tout à fait marqué dans une bonne partie de l’Europe, de ce que l’on appel communément la mondialisation. En même temps, les pays en voie de développement ne sont évidemment pas tous les gagnants de la globalisation, là aussi, il ne faut y voir rien d’égalitaire ou linéaire dans la répartition des gains. Seul les grands pays en voie de développements tirent leur épingle du jeu, comme la Chine, l’Inde, le Brésil bien sûr, mais aussi l’Indonésie, l’Afrique du Sud, le Mexique, la Turquie, l’Argentine ou encore le Chili. C’est en fait la hiérarchie mondiale qui est petit à petit remise en cause.

La crise que nous connaissons est donc double et possède un effet multiplicateur pour les nations occidentales. C’est la fois la crise du capitalisme de marché et finalement celui de leur modèle de développement, pour cause de réchauffement climatique, d’appauvrissement des ressources naturelles, de disparition des écosystèmes, des terres et de la biodiversité, mais aussi la crise du projet politique néolibérale, que nous avons longuement développé dans des articles précédents et qui a guidé toutes les politiques publiques et privées depuis 30 ans. Ce modèle se retourne simplement contre eux en les appauvrissant plus qu’il ne les enrichie aujourd’hui. Les nations occidentales sont donc prises entre deux feux: une obligation morale, mais qui deviendra rapidement économique, de transformer la globalisation et donc en profondeur leurs modèles de développement, et une obligation économique et géopolitique de transformer la mondialisation, pour éviter une paupérisation croissance de leurs populations, le gâchis de leurs potentiels et éviter que les nations en développement ne remettent très largement en cause leurs hégémonies existantes, vielles de près de cinq siècles. Ces deux crises sont liées, entremêlées et s’entretiennent. Mais il est nécessaire de bien distinguer ces deux phénomènes afin de percevoir les nuances entre ce qui peu modifié et transformer et ce qui ne peut pas l’être pour proposer des solutions de sorties. En réalité, les nations occidentales ont peu de marge de manœuvres et doivent se lancer dans ses projets politiques, sociaux et environnementaux radicalement nouveaux, progressistes et ambitieux, ou rester condamné à vivoter dans une croissance molle entrainant une baisse du niveau de vie globale de leurs populations ou augmentation des inégalités, sources de tensions sociales, tout en perdant inexorablement et assez logiquement d’ailleurs, des places sur l’échiquier géopolitique. Le défi est donc majeur et les réponses à y apporter se doivent d’y être à la hauteur. Autant dire que l’on n’en prend pas le chemin.

            En un mot, le capitalisme et la mondialisation sont en crise rendant insoutenable la globalisation actuelle. Le renouveau idéologique, culturel et politique nécessaire de ce siècle doit entraîner un changement profond et durable de la globalisation. La viabilité de cette planète est à ce prix. Les nations occidentales y ont d’ailleurs tous intérêts. Pour leurs intérêts d’État sur la scène internationale tout d’abord, mais aussi et surtout pour l’intérêt de leurs populations, en termes d’emplois évidemment, de qualité de vie fondamentalement, tant les relations de travail et l’environnement de nos sociétés doivent être bouleversées par la mise en œuvre concrète de liens d’échanges et de solidarités profonds, soutenables, durables, et respectueux de cette planète, rejetant les notions aujourd’hui mortifère de compétition acharnée, de guerre économique, de consumérisme émotionnel, source de gaspillages indécents, aberrants, et de stress dégradant la joie de vivre et la santé des populations.

Il est alors temps de changer de mondialisation pour transformer en profondeur la globalisation. Mais pour quel projet politique? Pour quelle globalisation? Pourrat-elle être transformée, au moment même où ceux qui en étaient exclus en deviennent les gagnants? Un autre monde est-il possible? Comment engager la transformation? Telles sont les questions qui devraient être aujourd’hui posées. Elles ne le sont toujours pas ou inaudible pour le grand public. Et le temps presse, car cette terre ne peut attendre.

 

 

12 réactions

  1. #1 Melkion le 14 avril 2013

    - Les libéraux ne sont pas mondialistes. Le FMI, L’ONU, etc. comptent parmi leurs ennemis.
    - Pour toi, les consommateurs sont des ignorants, ils sont trop bêtes pour faire leurs propres choix sans se tromper. Il faudrait donc qu’ils choisissent (sans se tromper, en parfaite contradiction avec l’assertion précédente selon laquelle ils sont trop stupides pour « bien » choisir) d’autres personnes (celles-ci forcément infaillibles et mues par l’altruisme et l’intérêt général, c’est certain) qui prendront les décisions à leur place.
    - Un processus « orchestré », c’est l’antithèse de l’ordre spontané qui sous-tend le libéralisme
    - D’un côté les pays occidentaux profitent de la mondialisation qu’ils ont mis en place pour exploiter les pays en développement, c’est la faute du turbo-libéralisme. De l’autre, les pays occidentaux perdent des parts de marché et ferment leurs usines à cause de la mondialisation, c’est donc la faute du giga-libéralisme. Les politiques de relance et d’impression de monnaie depuis des années, c’est aussi le mega-libéralisme, à coup sûr. C’est pratique l’ultra-libéralisme quand même. On ne trouve pas meilleur bouc émissaire, on peut l’accuser de tout et son contraire, et tant pis si toutes les organisations citées sont « illibérales » (pour reprendre la formule de Boudon).
    - Les Etats sont réduits à peau de chagrin (56% du PIB confisqué par l’Etat, c’est une paille, il reste encore une marge de 44%, poursuivons le tour de vis fiscal qui ne comprime pas du tout le budget de la classe moyenne et les pauvres, c’est bien connu), et l’UE, super-structure étatique et sa monnaie unique l’euro sont des manifestations du space-libéralisme (on oublie au passage que les libéraux sont critiques de ces 2 constructions, mais baste)
    - Le marché c’est toi et moi qui échangeons librement des biens ou services dont nous avons besoin, rien de plus. Le cueilleur qui échange le fruit de son travail avec le chasseur ont créé un marché. L’Etat n’existait pas encore, il n’instaure rien. « Peuple, comment l’État pourra-t-il te faire vivre, puisque c’est toi qui fait vivre l’État ? » Bastiat.

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