L’égalité, c’est la liberté

Publié le 10 février 2011 à 16h42 dans Expression libre

Le dernier article de notre Brogol national, portant sur le mythe de « l’égalité des chances » dans notre société, m’a longuement donné à réfléchir sur ce mot tout aussi fondamental qu’abondamment utilisé de manière erronée dans le débat politique quotidien : l’égalité.

L’égalité, concept ouvertement prôné comme un idéal par certains, très souvent dans un cadre strictement idéologique ; repris par d’autres dans un objectif purement démagogique ; et, enfin, quelquefois diabolisé par simple incompréhension de son sens réel, déchaîne depuis la nuit des temps bien des passions.

Cet article, modeste contribution à l’humanité, a pour but d’exposer ma vision de ce que devrait représenter l’égalité d’un point de vue sociétal, et surtout de ce qu’elle ne devrait en aucun cas être.

L’égalité de comptoir, ou ce que l’égalité n’est pas

Le cri du riche

« L’égalité, c’est un truc de sale collectiviste : tous penser pareil et consommer la même chose. »

Diaboliser une idée fondamentale de ses adversaires politiques a toujours été une excellente technique de manipulation. Le principe est fort simple au demeurant : il suffit de choisir un mot, de lui attacher sa propre définition caricaturale au possible ainsi que ses propres jugements moraux, et de clamer le plus fort possible « qu’ils » soutiennent ces valeurs ô combien infâmes.

« L’égalité, c’est avoir tous le même salaire, les mêmes objets, les mêmes références, les mêmes habits, les mêmes pensées. C’est l’uniformisation de la société, au détriment de toute liberté individuelle. Les socialistes se revendiquent d’une parfaite égalité, ils sont donc par essence opposés à toute notion de liberté ou de diversité. »

Autre exemple :

« Ces gens là sont pour l’avortement, or l’avortement est un meurtre. Ils sont donc favorables au meurtre d’un être humain ! »

L’égalité n’est évidement pas une quelconque uniformisation de la société, ni sur le plan matériel, ni sur le plan de la pensée. Ainsi, ceux qui prônent, par exemple, le port de l’uniforme à l’école ou l’interdiction des « marques » (il me semble avoir lu cette dernière proposition il y a quelques années dans le programme d’un candidat apparenté PCF) n’œuvrent certainement pas pour l’égalité. Bien au contraire, ils tendent à la discréditer, et à renforcer une vision erronée et liberticide de celle-ci. Ces mesures, appliquées dans la société actuelle, n’auraient d’ailleurs pour autre effet que de rendre encore plus dangereuses les inégalités sociales qui la frappent, en les cachant aux yeux du monde. On ne peut soigner que ce qui a été diagnostiqué, on ne peut combattre que ce dont on a conscience.

uniformes à l'école

L’abdication face aux dogmes

« Si il fallait choisir entre l’égalité et la liberté, je choisirais l’égalité ! »

Sauf erreur de ma part (dans le cas contraire, l’exemple serait toujours valable), il me semble que cette phrase peut être attribuée à Dominique Voynet.
Autre grand amalgame, cette fois provenant de la gauche : l’égalité serait opposée à la liberté.
Ainsi, le rôle de la gauche serait de privilégier une meilleure répartition des richesses (c’est ici le sens qu’il faut lui accorder), au détriment de la liberté.

Ayant déjà publié un article portant sur le concept « liberté bourgeoise », je ne m’appesantirai pas là-dessus.

Pour faire court, disons que cette personne de sensibilité gauchisante commet là une grave erreur politique, en proclamant qu’elle est favorable à une certaine égalité « mais en empiétant sur la liberté », ceci laissant à la droite et aux libéraux le rôle d’apôtres de la liberté. Il n’y a rien de plus faux. La « liberté bourgeoise », ou « liberté économique », comme expliqué plus ou moins bien à l’occasion de mon précédent article, n’a pour liberté que de nom, et serait même plutôt une contre-liberté, réservée à une élite financière, absolument anti-démocratique, spoliatrice et aliénante. Il est donc dommageable de faire le jeu du camp adverse en admettant cette contre-verité qui serait que « le libéralisme économique est une liberté fondamentale, mais que nous devons restreindre pour avoir plus d’égalité ».

Dans la même veine, venu de la gauche et se voulant critiquer l’action jugée excessivement libérale du gouvernement : une image avec le slogan « Liberté, Egalité, Fraternité », où le mot « Egalité » est barré et remplacé, écrit en rouge en dessous et à la main, par celui de « liberté ».

Au lieu d’utiliser une telle rhétorique, il serait à mon sens plus efficace et véridique de dire : « Nous voulons la liberté et l’égalité pour tous, sur tous les plans ; eux ne veulent que le pouvoir et la richesse pour une minorité de privilégiés. »

Opportunisme et démagogie, les frères siamois

« L’égalité, c’est donner à tous les mêmes chances de réussir dans la vie. »

C’est là la version « égalité des chances », reprise par les libéraux afin de s’approprier le concept de l’égalité, trop souvent accaparé par la gauche. L’égalité serait ainsi une sorte d’American Dream, un remake du mythe de l’ascenseur social, une victoire de « ce qu’on pourrait faire » sur la dure réalité de la vie.

Certes, donner à tout un chacun une chance de se faire une place au soleil à l’intérieur de la société, quelles que soient ses origines sociales, pourrait être considéré comme un infime fragment du concept d’égalité. Mais ceci ne règle en rien les problèmes de l’exploitation, de la misère, de l’aliénation au profit des puissances financières, de la totale hiérarchisation de la société, etc.

De même, il me paraît absolument bisounoursesque de prétendre qu’une telle égalité des chances puisse être un jour établie dans un monde où le profit fait loi, où les enfants de bourgeois et de parents « cultivés » (professeurs, …) seront toujours largement favorisés, tant en terme d’accès aux établissements que d’éducation et d’aide parentales, par rapport à ceux dont les parents triment quotidiennement à l’usine pour une bouchée de pain. Cette égalité des chances n’est pas qu’incomplète, elle est aussi totalement illusoire. Elle oublie qu’il n’existe pas seulement un monde d’avenirs éventuellement possibles (mais si peu probables !), mais surtout un monde de réalités quotidiennes, fait de pauvreté, d’exploitation et de souffrance, qui la rende de par nature impossible à réaliser.

Pas de liberté sans égalité, pas d’égalité sans liberté

Mais alors, cher auteur, toi qui crois tout savoir, qu’est-ce-qu’est réellement l’égalité ?

Eh bien, c’est à la fois simple et compliqué. L’égalité, c’est l’égalité en tant qu’êtres humains. Certes, mais encore ?

L’égalité, c’est la fin de toute hiérarchie, qu’elle soit sociale ou professionnelle. C’est l’abolition de toute autorité d’un homme sur un autre. C’est la destruction de la grande pyramide sociétale, c’est mettre chaque humain d’égal à égal.

Politiquement, l’égalité, c’est la démocratie, directe, sans intermédiaire, c’est permettre à chacun d’agir également sur son avenir, sans déléguer son droit de penser et de décider à un autre. C’est la déchéance du pouvoir, car un tel pouvoir s’exerce toujours sur un autre être humain. C’est considérer qu’un homme ne devrait jamais pouvoir imposer quelque chose à un autre homme ou à un groupe sans son consentement.

Socialement, c’est ne pas être jugé sur sa couleur de peau, sur ses origines, sur ses idées, sur ses orientations sexuelles, sur ses possessions matérielles, sur son passé, sur son sexe. C’est prendre chacun d’entre nous uniquement pour ce qu’il est : un primate évolué, ni plus, ni moins.

Économiquement, l’égalité, c’est aussi la fin de l’exploitation, de la manipulation, de l’aliénation. C’est l’abolition de toute hiérarchie, de toute oppression, de toute aliénation, de toute exploitation voulues par le mode de production actuel, qui nécessite à la fois une inégalité de la répartition des ressources (classes sociales) et des fonctions. Elle est donc nécessairement anticapitaliste. Être égaux, c’est ne pas être dominé, et encore moins dominer autrui.

Ainsi, l’on pourrait considérer, sans en faire un parfait synonyme, mais plutôt une partie intégrante et indispensable, que :

L’égalité, c’est la liberté.

gg

10 réactions

  1. #1 hep le 10 février 2011

    « Politiquement, l’égalité, c’est la démocratie, directe, sans intermédiaire, c’est permettre à chacun d’agir également sur son avenir, sans déléguer son droit de penser et de décider à un autre. »

    Tu ne vois pas la contradiction fondamentale là-dedans ? Toute décision devenant l’objet d’un vote du groupe, où est la liberté la-dedans ? Si je veux manger du pain, on fait un vote pour savoir si j’ai le droit ou non ?

    La démocratie étant la dictature de la majorité sur la minorité, tu souhaites donc un monde profondément inégalitaire où toute personne ayant une idée non majoritaire se vera systématiquement privée de sa liberté. D’ailleurs, dans un tel monde, on peut imaginer en quelques jours l’instauration de ghettos où l’on entassera des humains qui serviront d’esclaves aux autres. Il suffit que 51% des gens se mettent d’accord pour esclavagiser les autres, et ce sera fait. Légalement qui pis est.


    Passons les couplets sur la « liberté bourgeoise » (aussi intéressant qu’une diatribe sur l’ « ultralibéralisme »), et regardons où ton problème de compréhension du monde se situe.

    « L’égalité, c’est la fin de toute hiérarchie, qu’elle soit sociale ou professionnelle. C’est l’abolition de toute autorité d’un homme sur un autre. C’est la destruction de la grande pyramide sociétale, c’est mettre chaque humain d’égal à égal. »

    Intéressant. Mais complétement faux malheureusement. La notion d’égalité n’est pas une égalité numéraire (1000 € pour tous) mais une notion de droit. Chacun possède les mêmes droits que ses concitoyens. C’est tout. Personne n’oblige quelqu’un d’autre à accepter son autorité, autrement que par le suffrage universel (que tu adores tant). Un patron n’oblige pas ses employés à travailler. Chaque partie signe un contrat d’égal à égal où comme indiqué dans le lien, chaque partie à des droits et devoirs réciproques.

    C’est ce que l’on appelle la liberté.

    Le seul oppresseur présent dans notre société est l’Etat vivant par le peuple mais dans le soucis unique de son auto-perpétuation, au mépris de tous et in fine du-dit peuple. C’est le seul ‘individu’ pouvant se dispenser d’un contrat, pour s’approprier la liberté des individus au nom d’une « majorité ».

  2. #2 TayTay le 10 février 2011

    « L’égalité, c’est la liberté »

    Comme le dit si bien Patrick Devedjian, cet homme connu pour son objectivité et son excellent travail dans les gouvernements:

    « C’est la liberté qui oppresse, et c’est l’ordre qui libère. »

    Sur ce, je vais lire l’article :P.

  3. #3 nyanonyme le 10 février 2011

    Publié le 10 février 2011 à 16h42 dans Expression libre


    le 42, c’est voulu ?

    (c’est pas nya mais le sale yahourt :D )

  4. #4 kinenveu lien website le 10 février 2011

    c’est bien ecrit, c’est agreable a lire sur la forme.
    les exemples du 1er paragraphe sont interessants.

    Je ne rentrerai pas dans le debat sur le fond,
    je t’invite a en discuter sur IRC a l’occasion.
    mais je crois que HEP te donne deja quelques remarques pertinantes.

    bonne continuation. :-)

  5. #5 aguellid le 11 février 2011

    C’est bien beau mais on parle quand même d’êtres humains là. Et pour établir un « système » d’êtres humains il faut d’abord s’intéresser à ce qu’ils sont et à leur fonctionnement afin d’évaluer l’opportunité d’un modèle à leur appliquer.

    Mettre chaque humain d’égal à égal

    En pratique et en théorie, les humains ne sont pas égaux. Il y a des gens qui sont plus intelligents que d’autres ou plus forts que d’autres. Oui, c’est cruel mais c’est la réalité. Donc ton modèle part sur de mauvaises bases.

    De plus, je vois mal la suppression de l’autorité d’un être humain de 40 ans géniteur d’un être humain de 15 ans sur ce dernier. On peut essayer mais le résultat est assez prévisible.

    C’est juste une réaction rapide sur le contenu très large de l’article.



    Je précise que je suis d’accord sur pas mal d’éléments (mais l’intérêt du débat n’est pas de dire sur quoi nous sommes d’accord). Il y a un reproche à faire (et de taille) : le manque de raisonnements (ils ont surement eu lieu dans ta tête mais tu ne nous en fait pas profiter). C’est comme si tu proposais comme seule alternative à ce qui se fait, une tyranie de gg_tk qui n’a pas à démontrer le pourquoi de ce qu’il propose parce c’est gg_tk et que c’est quelqu’un de bien :)

    Et comme je l’ai dit plus haut, tu fais abstraction du fait que le système doit manager des humains. Dont nous ignorons encore le fonctionnement. Il ne s’agit donc pas de proposer un système parfait mais bien un système évolutif dans sa conception même et avec des imperfections qu’on tend à minimiser avec son évolution.

  6. #6 Melkion le 11 février 2011

    Mouais.

    Ça part relativement bien puis, pouf… une logorrhée sur l’ignoble système capitaliste débarque tout à coup d’on ne sait où avec ses gros sabots pour filer des tatanes à qui mieux mieux.

    Je rejoint totalement le commentaire de hep. Tu fais abstraction du contractualisme qui est le résultat du consensus : Je décide de me subordonner à un homme qui lui, décide de m’acheter ma force de travail. Comme disait Walter Block, « La transaction librement consentie est le modèle d’une action réciproquement bénéficiaire ».

    Tu ne développes à mon sens pas assez la notion de liberté car si tu poussais ton raisonnement jusqu’au bout, tu verrais y apparaître un système libertarien type dans lequel l’égalité en droits est une notion fondamentale. Il rejette évidemment l’égalité de résultats qui n’est qu’une abstraction digne des régimes les plus autoritaires. C’est donc de la liberté que découle l’égalité.

    La démocratie directe quant à elle est à mon avis préférable à la démocratie « représentative » dans le sens où elle ré-accorde une part de pouvoir à l’individu. Mais ce n’est pas suffisant. Dans une société libre, tu aurais le droit de constituer une commune ou une coopérative du type « pas de profit qui ne soit pas redistribué au travail » avec ses propres lois, du moment qu’elles ne contraignent pas ceux qui ne veulent pas s’y plier. La liberté c’est aussi la concurrence des systèmes.

  7. #7 gg lien website le 11 février 2011

    Wouuuh, tous ces commentaires en si peu de temps, epic famous is epic !

    J’étais persuadé que le commentaire de hep était de Melkion <3, tant par le style que par le contenu "idéologique".

    Je vais essayer de répondre assez vite.

    "Tu ne vois pas la contradiction fondamentale là-dedans ? Toute décision devenant l’objet d’un vote du groupe, où est la liberté la-dedans ? Si je veux manger du pain, on fait un vote pour savoir si j’ai le droit ou non ?"

    Non. Je ne réclame pas de voter pour tout et n'importe quoi, mais de ne pas imposer, dans la mesure du possible, quoi que ce soit (y compris imposer par le vote !) à quiconque.

    "Intéressant. Mais complétement faux malheureusement. La notion d’égalité n’est pas une égalité numéraire (1000 € pour tous) mais une notion de droit. Chacun possède les mêmes droits que ses concitoyens. C’est tout. Personne n’oblige quelqu’un d’autre à accepter son autorité, autrement que par le suffrage universel (que tu adores tant)."

    Tu n'as pas compris le sens de l'article, ce qui est tout à fait normal : quand une personne lis un texte de quelqu'un d'autre avec lequel il n'est pas d'accord même sur les axiomes, il se "prostre" dans sa manière de penser et ne vois que ce qu'il veut voir (c'est aussi valable pour moi, of course).
    D'ailleurs, c'est intéressant : tu illustres parfaitement ce qui est dit dans le premier paragraphe, en réduisant ma définition de l'égalité à une notion numéraire (alors que, justement, il est écrit noir sur blanc que ce n'est surtout pas ça !). Puis, tu proposes ta propre définition, qui est pour moi très incomplète : celle de l'égalité des chances.

    "Personne n’oblige quelqu’un d’autre à accepter son autorité, autrement que par le suffrage universel (que tu adores tant). Un patron n’oblige pas ses employés à travailler. Chaque partie signe un contrat d’égal à égal où comme indiqué dans le lien, chaque partie à des droits et devoirs réciproques. "

    C'est faux. La nécessité d'argent pour vivre rend nécessaire de participer malgré toi à cette société esclavagiste ; les médias, l'éducation, la "pensée unique" effectuent le reste du formatage intellectuel qui va bien. Mais c'est un autre débat.

    Pour moi, le marché est tout sauf démocratique ou porteur de liberté, acheter un objet ce n'est pas "voter" pour lui, mais effectuer un acte fortement orienté. Tout ce que je vois, c'est de l'exploitation, de l'aliénation, de la manipulation, du formatage afin de faire de nous de bons moutons consommateurs et prêts à embaucher. La recherche du profit nécessite de produire toujours plus, à moindre coûts, et de vendre ensuite cette production par tous les moyens, au grand dam de l'écosystème et de l'esprit. C'est l'essence même du capitalisme qui est en cause.


    "le 42, c’est voulu ?"

    Oui, mais c'est de la faute à Batou :D


    "je t’invite a en discuter sur IRC a l’occasion."

    Owi, entre deux parties de Mein Kraft :)



    "En pratique et en théorie, les humains ne sont pas égaux. Il y a des gens qui sont plus intelligents que d’autres ou plus forts que d’autres. Oui, c’est cruel mais c’est la réalité. Donc ton modèle part sur de mauvaises bases."

    Je pense que tous les humains sont plus ou moins "égaux" à la naissance, et que l'éducation et la société jouent ensuite un rôle crucial (Rousseau FTW). Mais, même si ce n'était pas le cas, cela n'empêcherait pas l'abolition des classes sociales, de l'exploitation, du pouvoir, de l'autorité, etc.

    "De plus, je vois mal la suppression de l’autorité d’un être humain de 40 ans géniteur d’un être humain de 15 ans sur ce dernier. On peut essayer mais le résultat est assez prévisible."

    Il y a autorité et autorité, on ne peut pas mettre sur le même plan autorité professionnelle et autorité des parents, par exemple. Cela dit, dans une société débarrassée des classes sociales, de la misère, de l'éducation débilisante et des médias crétinisants, un humain de 15 ans serait tout à fait capable de s'assumer tout seul (et à 15 ans, j'étais même bien plus "sage" qu'aujourd'hui :D). D'ailleurs, l'autorité a dans tous les cas l'effet inverse de celui voulu, par simple esprit de contradiction. Ça s'appelle la psychologie humaine.

    "Il y a un reproche à faire (et de taille) : le manque de raisonnements (ils ont surement eu lieu dans ta tête mais tu ne nous en fait pas profiter). C’est comme si tu proposais comme seule alternative à ce qui se fait, une tyranie de gg_tk qui n’a pas à démontrer le pourquoi de ce qu’il propose parce c’est gg_tk et que c’est quelqu’un de bien :)

    Et comme je l’ai dit plus haut, tu fais abstraction du fait que le système doit manager des humains. Dont nous ignorons encore le fonctionnement. Il ne s’agit donc pas de proposer un système parfait mais bien un système évolutif dans sa conception même et avec des imperfections qu’on tend à minimiser avec son évolution."

    Quel genre de raisonnements ? Je ne vais pas réécrire Le Capital à chaque fois, non plus ;)
    Je ne propose (et ne proposerai jamais) d'idées ou de systèmes "parfaits", car cela ne peut pas exister.
    Par contre, si tu veux savoir un peu ce que je propose "à la place", je t'invite à faire un tour ici : http://codenameutopia.alwaysdata.net/

    Melkion, même réponse qu'à ton jumeau ;) Là où nous sommes surtout en désaccord, c'est sur la définition de la liberté, et le rôle liberticide (ou libertaire, pour toi) des marchés.


    Merci à tous pour vos commentaires, gauchistes ou libertariens ! :)

  8. #8 22decembre lien website le 4 mars 2011

    @hep:

    parce que le patron et l’employé sont égaux ? …

    Première nouvelle !

    L’État est oppresseur ? Et les entreprises ? La société dans son ensemble nous oppresse, quelque soit ses composantes !

  9. #9 Thucydide le 10 mars 2011

    Encore une fois, logomachie inopérante sur cette malheureuse Égalité (vs égalitarisme) adjointe une fois encore à la liberté (tiens, curieux : il n’est pas question ici de la liberté du loup dans la bergerie ?)

    Or le concept d’Égalité est d’une simplicité extrême:
    l’Égalité est une mesure quantitative.
    Elle ne peut donc pas être invoquée sans être accompagnée d’une unité permettant de préciser en quoi elle s’applique.
    Un exemple historique très peu connu, les Droits de l’Homme révolutionnaires tous les hommes naissent égaux en droits

    Assimiler une notion quantitative à une autre, qualitative n’a donc aucun sens, et c’est donc le seul commentaire que mérite ce papier insensé.

    Ce qui épargne la perte de temps à décortiquer les lieux communs alignés à propos de la Liberté, qui sont autant de crimes commis en son nom.

  10. #10 Niggzs le 15 mars 2011

    Si je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il n’y pas d’opposition entre liberté et égalité (et donc qu’il ne peut y avoir de liberté sans une forme certaine égalité dans une société moderne) je suis assez septique sur la manière dont tu essaye de présenter ce point de vue.
    Evidemment, tu pars du bon côté puisqu’il avant toute chose définir ce qu’est (ou ce que l’on estime être) l’égalité mais je ne peut m’empêcher de penser que tu ne vas pas assez au fond des choses.
    En fait, un tel point de vue nécessite bien plus de développement.
    Sur le sujet, je vous suggère la lecture de « La grande dépression » de Jacques Généreux qui fait une démonstration très convaincante à mon sens de cette fausse opposition entre liberté et égalité.

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