Comprendre la crise : La politique gouverne toujours l’économie

Publié le 14 avril 2012 à 17h37 dans La crise

Tout l’objet de ce dossier sur la crise est de démontrer que la politique domine l’économie, l’a toujours gouverné et la gouverne toujours et qu’alors une autre politique est possible. Car ce que la politique a fait, elle peut le défaire.

 Une question et un constat simple pour commencer.  Qu’est-ce que c’est que la mondialisation ? La mondialisation néolibérale est une construction politique d’Etats-nation. Elle sera permise par la victoire d’un nouveau projet politique fondé par les néolibéraux dans quelques Etats précurseurs, Etats Unis d’Amérique, Grande-Bretagne, et Allemagne.

Ce projet de société est basé sur la libre confrontation des intérêts privés qui serait source de la meilleure allocation des ressources possibles concourant donc à l’intérêt général.  Il met en œuvre la destruction de l’Etat social et le  détournement de ce qu’il en reste à des fins privées, met fin à l’indépendance des banques centrales, interdit  la démonétisation des dettes publiques et plus globalement privatise le financement des ressources et dettes publiques. La fiscalité inégalitaire devient un outil au service des puissants au pouvoir pour assécher l’Etat sociale et légitimer sa déconstruction auprès de tous. Sur le plan social, la déréglementation du travail est le mot d’ordre,  les « politiques structurelles » tant dans les secteurs publics que privé permettent de briser les résistances des syndicats et de procéder à la soumission des travailleurs. Au niveau global ces politiques se traduisent par la fin de la stabilité des taux de changes (1971), situation hautement instable pour les investisseurs et très profitable pour les spéculateurs, la libre circulation des marchandises et des capitaux (OMC) permettant un chantage à la délocalisation par l’argument de la compétitivité des territoires et la mise au pas des Etats récalcitrants en situation de détresse par cela même qui les ont mis dans cette situation (FMI & Banque Mondiale). La mise en situation de guerre économique mondiale par ce dernier volet doit achever les résistances nationales.

Bien sûr on peut y ajouter les bouleversements économiques, techniques, démographiques, cultures, cognitif et environnementaux accompagnant le processus de globalisation. La mondialisation est permise par ce processus. La mondialisation est un projet politique lorsque la globalisation est une donnée géographique. La première est un projet politique néolibéral qui se nourrit de la seconde, mais qui n’est pas forcément l’aboutissement inéluctable d’un stade capitaliste, comme le montre d’ailleurs la période des trente glorieuses, globalisé, mais pas mondialisé.

Les néolibéraux ont mis en œuvre leur projet de société dans les Etats où ils ont été au pouvoir, ont détourné l’appareil des Etats à leurs profit et ont étendu dans le même temps ce projet au niveau mondial pour assoir leur domination. En retour, l’état de guerre économique mondiale dans lequel ils ont plongé leurs propres Etats a permit de briser les résistances des peuples et de faire accepter le consensus capitaliste. Ils ont été soutenu en cela par certaines institutions internationales comme la Banque Mondiale, le FMI et l’OMC. La résistance de certains pays européens et d’Amérique Latine les ont convaincus d’approfondir encore plus cet état de guerre économique pour détruire définitivement les résistances. Ils ont bénéficié en Europe de l’impact démultipliant des institutions européennes sur les Etats membres. Mais ils n’ont pas toujours réussit d’où leurs tentative de passage en force depuis 2008 par l’argument massue des dettes publiques.

Il faut donc déconstruire le mythe de l’impuissance des Etats nationaux dans une économie globalisée. C’est le mythe d’une économie devenue mondiale qui ne serait plus gouverné et gouvernable par un pouvoir politique demeuré nationale. Face au nouveau capitalisme mondialisé, aux spéculateurs et à la crise des finances publiques, un gouvernement national serait impuissant à cause de la mondialisation. Le pouvoir aurait été transféré aux multinationales, aux marchés financiers, aux capitalistes. Ce constat est partagé par les profiteurs du système se nourrissant des désespoirs des peuples. Ces mêmes personnes se réjouissent que les peuples ne puissent plus mettre fin à leurs privilèges. Une nouvelle nuit du 4 août serait devenue impossible car les Etats auraient été dépossédés de leurs pouvoirs par la mondialisation, la révolution citoyenne utopique. Ce constat est malheureusement partagé par une part non négligeable de sociaux démocrates, écologiste et altermondialiste. Ils espèrent combattre la mondialisation néolibérale par des mouvements sociaux mondiaux débouchant sur une démocratie de type mondiale et commencer ce combat dans et part l’Union Européenne et/ou dans la coopération avec l’Amérique Latine. Ce scénario parait hautement improbable et il faut bien le dire encore plus utopique que d’agir au niveau national (même si l’un n’empêche évidemment pas l’autre). C’est dans les Etats nationaux qu’il faut commencer à agir. Quant à l’Union Européenne elle n’est plus aujourd’hui le cheval de Troie du néolibéralisme, elle en est la porte principale, battant grands ouverts. L’impossible attente éternelle d’un consensus irréalisable pour modifier le traité de Lisbonne n’est absolument pas souhaitable. Seule l’épreuve de force de gouvernements progressistes peut faire changer l’Union, tout en restant dans celle-ci et la zone euro. Nous y reviendrons.

Ce constat partagé est donc que l’Etat nationale aujourd’hui ne pourrait plus rien : mondialisation + dettes publiques = impuissance publique. Cela est bien sûr totalement faux. Non les Etats-nation ne sont pas morts. C’est un mythe, une illusion construite par les capitalistes et la bulle médiatique à leur solde pour empêcher toute tentative des peuples de renverser la table. Car si en apparence les Etats-nations sont extrêmement contraint par l’économie mondialisée, en réalité ils peuvent faire et font d’ailleurs à peu prêt tout ce qu’ils veulent. Il y a une différence fondamentale entre des contraintes apparentes et des contraintes réelles. Les Etats par leurs politiques nationales ont eux-mêmes limités leurs marges de manœuvre apparentes,  mais en réalité elles leur ont permis de faire les politiques qu’ils voulaient. La médiacratie s’arrête aux apparences pour nous convaincre de l’impuissance des Etats,  mais ne pose jamais les questions essentielles. La situation a-t-elle été toujours ainsi  et dans le cas contraire, quand et pourquoi les choses ont-elles évolués dans cette direction, comment cela a-t-il été possible, avec quels objectifs et quelles conséquences sur la répartition des pôles de pouvoirs et cela a-t-il fonctionné ?

Or nous pouvons d’or et déjà répondre facilement à ces quelques questions.

-         Le système économique actuel n’est absolument pas l’aboutissement d’un processus naturel. Il est le produit d’une transformation historique des rapports de forces en faveur d’une oligarchie déterminée à déconstruire tous les compromis politiques et sociaux qui ont émergé à la suite de la seconde guerre mondiale.

-         Les contraintes économiques censées limiter les marges de manœuvre des Etats ont été mises en place par les gouvernements eux-mêmes. C’est le pouvoir politique qui va attribuer délibérément de prétendu pouvoirs aux marchés.

-         L’objectif des politiques néolibérales, qui a d’ailleurs été en partie atteint, a été de briser la résistance des peuples au modèle néolibérale en les soumettant à une guerre économique mondiale entre territoires.

-         Dans les grands pays qui ont été à l’origine de ce mouvement politique, le poids de l’Etat n’a pas régressé mais à au contraire progressé. L’Etat a été privatisé au bénéfice des intérêts d’une minorité oligarchique privilégiée. Il n’a donc pas disparut. Une conclusion s’impose de ce constat : ce n’est pas le pouvoir du politique sur l’économie qu’il faut restaurer, puisque celui-ci n’a jamais disparu, mais le pouvoir souverain des citoyens sur leurs gouvernements. Car c’est le peuple qui a perdu du pouvoir et non l’Etat. C’est ce constat qui pousse certains partis de gauche en France à instaurer une VIème République, considérant que la Vème République n’est plus en mesure de garantir le pouvoir souverain du peuple. Face au mur de l’argent, le peuple doit reprendre la Bastille et révolutionner la société.

-         Enfin, les objectifs politiques de néolibéraux n’ont pas été complètement atteints. Dans de nombreux domaines, les politiques néolibérales se heurtent à de nombreuses résistances. C’est ainsi que les gouvernements européens instrumentalisent la crise financière pour imposer un modèle détesté par de large part des sociétés qui y ont déjà succombées. Ils le font sciemment au lieu de protéger leurs peuples.

Les crises des dettes publiques ont toujours été le moment favorable à des offensives néolibérales – conservatrices. D’ailleurs ces crises des dettes publiques sont le plus souvent provoquées par cela même qui veulent imposer des cures d’austérités salvatrices : systèmes fiscaux totalement déséquilibrés en faveur des riches, creusement des dettes pouvoir financer l’Etat oligarchique et les cadeaux vers les minorités privilégiés, maintient d’un illusoire verni d’Etat sociale pour éviter l’explosion sociale et financement de l’Etat policier. Résultat : instrumentalisation de la dette et des peurs des peuples pour une cure d’austérité made in FMI et ses politiques « d’ajustement structurel » ou encore de « révision générale des politiques publiques », empêchant de fait toute politique alternative et progressiste sans profond changement politique et sociale. Se sortir du piège diabolique des dettes publiques, tout en évitant des politiques de désendettement pour 150 ans, est un préalable avant la mise en œuvre de toute politique différente et progressiste. La révolution Islandaise montre alors la voie que tous programme de gauche se doit d’intégrer au risque d’impuissance politique. Nous reviendrons plus loin sur cette dernière problématique et les moyens d’y arriver tout en évitant le repli nationaliste, en restant dans l’Union Européenne et la zone euro.

Nous aborderons plus précisément dans un prochain article les cinq points soulevés un peu plus haut.

 

 

6 réactions

  1. #1 Ranyanya le 15 avril 2012

    Tout est bon dans cet article, sauf le titre. Pour cela, je t’invite à lire Galbraith « Les mensonges de l’économie » pour bien te rendre compte que les politiques sont dupés par l’économique dans leur grande majorité.
    Seule une minorité de politiques ont un pouvoir sur les choses car ils sont soutenus par l’Economique incriminé très justement dans ton texte.

    Et en effet, non l’Etat-Nation n’est pas mort.
    Pire, c’est le combat actuel des néolibéraux, le faire revenir au goût du jour pour imposer une nouvelle forme de fascisme asservissant les peuples.

    La différence entre l’Ancien Régime et aujourd’hui, les acteurs de notre soumission sont bien moins visibles et donc peuvent travailler en quasi impunité totale.


    Aujourd’hui, pour ne pas faire long (j’évite d’étaler, je le ferai si tu le demandes mais je suis persuadé que tu vois où je veux en venir), le seul vecteur qui puisse changer le système, ce n’est plus le vote mais la consommation. Le vote est soumis car les candidats le sont eux aussi, les campagnes sont financées.
    Le vecteur qui peut nous sortir de ce système, c’est l’engagement massif des citoyens dans les associations de consommateurs qui sont les seules à pouvoir obliger les législateurs à contraindre les producteurs de respecter des normes sociales, écologiques, politiques,… choisies par la population.

    Croire que le Politique gouverne encore le Moral et l’Economique est une erreur. Le basculement a eu lieu avec l’essor des nationalismes au XIXème siècle. Rien de mieux que de faire croire que le Politique doit être le leader de la Nation pour qu’en sous main l’Economique ait le champ libre.

  2. #2 Ranyanya le 15 avril 2012

    Avant de me dire qui voter pour croire en ce que tu dis, dis moi qui finance sa campagne.

  3. #3 Niggzs le 16 avril 2012

    Je pense que tu n’as pas tout à fait compris l’article ou peut n’ai-je pas assez précisé mon propos. Lorsque je parle de politique, j’en parle avec un grand P et non les hommes politiques en eux-même. Oui les hommes politiques peuvent être trompés ou manipulés, mais c’est la volonté politique qui transforme l’économie, qui l’a transformé et la transformera. La solution est donc politique et elle passe à mon sens par la révolution citoyenne.

    L’économie avec un grand E est politique où elle n’est pas, tout comme d’ailleurs la société et toutes les grandes relations sociales. Car l’économie peut faire société, elle est donc politique. Il n’y a pas de distinction égalitaire à faire entre économie et politique.

    Je ne crois pas à la solution qui consiste à croire que notre seul pouvoir est celui que nous avons en tant que consommateur. Certes nous pouvons en avoir, mais à la marge et cela ne changera jamais réellement les choses puisque c’est un système qu’il faut transformer. Or celui-ci nous abaisse justement au rang unique de consommateur. Je comprends que retourner cette arme à notre avantage puisse séduire, mais c’est prendre le risque de rester piégé du système.

    Oui c’est de la société civile que peut venir le changement, mais pas en restant consommateur. Rester consommateur c’est resté enchaîné et ne pas se libérer de ce carcan. Et sur le plan pratique, aucun mouvement ne peut s’imposer s’il n’est pas politique. Je pense que c’est une erreur que font beaucoup d’associations. Les grandes campagnes des consommateurs ont-elles changées les choses aux USA (aidé en plus par le droit américain et la class action): réponse non. Le boycott contre Israël fonctionne t-il? Non. Les grandes campagnes des associations françaises permettent-elles de faire bouger les choses? De manière très marginale. Le seul mouvement d’ampleur qui a fonctionné est celui contre l’Apartheid en Afrique du sud. Pourquoi? Parce qu’il était fondamentalement politique et le boycott une modalité d’action.

    Enfin, je ne suis pas d’accord avec ton dernier paragraphe sur la soit-disant impuissance de la politique sur l’économie. D’un point de vue moral cela devrait être discuté et d’ailleurs peut-être discutable mais ce n’est pas ici le propos. Certes tu as raison sur l’idée qu’il n’est rien de plus facile de nous manipuler en nous fessant croire à la puissance politique alors que l’économie peut d’un autre côté avoir le champ libre. Mais tout changement est le résultat d’une confrontation des rapport de force de différents groupes sociaux. Et cela est fondamentalement politique. Savoir s’ils utilisent l’économie, la guerre, la lutte sociale ou la domination culturelle comme stratégie de domination ne sont que des modalités d’actions pour la domination politique. Tout changement en profondeur de l’économie passe donc par le combat politique et notamment la scène publique.

    Le plus drôle c’est qu’une de mes sources d’inspiration est justement Galbraith mais je n’en tire pas les mêmes conclusions.

  4. #4 Niggzs le 16 avril 2012

    D’ailleurs mon vote devrait être transparent au regard des deux premiers articles sur la crise et mon commentaire au-dessus :)

  5. #5 Ranyanya le 17 avril 2012

    Puisque « Tout est politique » selon Aristote, oui, dans ce cas, je suis d’accord. Mais alors je vais plus loin. La politique n’est que de la métaphysique, donc seule la métaphysique peut changer les choses (donc ce que nous faisons, et force est de constater que nous ne changeons rien à l’heure actuelle, espérons que cela aura une incidence positive sur le futur des sociétés ; après tout, échanger nous bonifie et un politique influent naîtra peut être de ces échanges).


    Quand je parle de Politique, je vais allusion au monde Politique, qui est bien différent du monde Economique et du monde Moral. Ces trois axes sont par contre étroitement corrélés puisqu’ils gouvernent les sociétés, mais ils sont à différenciés car chacun influence l’autre d’une manière différente dans les sociétés.
    Il faudrait que je retrouve l’auteur de ce découpage pour étayer mon propos, mais voici en substance ce qu’il énonce, ce que je trouve très juste :
    _les débuts de l’humanité sont gouvernés par le Moral. La religion, le code des lois, les traditions,… ont dominé les politiques et les moyens d’organisation de la société. Le Moral domine le Politique et l’Economique.
    En d’autres termes, les juges ou prêtres sont au dessus des chefs de village (par exemple, la monarchie de droit divin où le pape était au dessus du Roi qui lui prêtait allégeance).
    _par la suite, le Politique a pris le dessus sur le Moral et décide lui même ce qui est bon pour la société, prenant le pas sur la Justice et la Religion, tout en dominant l’Economique.
    Les Etats-Nations sont un très bon exemple de ce phénomène.
    _enfin, et c’est la période actuelle, l’Economique a pris le pas sur le Politique et le Moral, les marchés dictent au Politique et au Moral. Les marchés financent le monde politique (in fine, la société civile) et le moral (sois mince et tais toi pour caricaturer un discours parmi d’autres que les marchés nous vendent).


    Je persiste donc en acceptant tout à fait le fait que nous restons dans le domaine politique, même si je lui préfère le mot métaphysique (après tout, le mode d’organisation, le bien et le mal, les idéologies tentent bien de répondre aux questions relatives à l’existence même en agissant sur les Hommes)


    Si je pense que le pouvoir est chez les consommateurs, c’est qu’ensemble, et tu parles toi même de boycott ce qui est ni plus ni moins qu’une association de consommateurs refusant les produits d’une société particulière (voir la Belle Verte de Coline Serreau), les consommateurs (et je parle de consommateurs d’idéologies, de matériels et d’immatériels, tout type de consommation puisque la société est devenue consumériste dans son ensemble) sont capables de se réunir et de reporter leur activité hors des secteurs dominants de l’Economique actuel et donc de faire basculer le système.
    Le Politique, hélas, de par ses divisions idéologiques n’a aucune chance de renverser quoique ce soit. La logique de partis et du « diviser pour mieux régner » fonctionne à merveille ce qui rend le Politique tout bonnement impuissant. Ou alors, il passe par la violence, donc la Révolution (retour au point de départ).


    Je conclus en disant que Rockfeller, Rothschild ou JP Morgan n’ont quasiment jamais fait de politique concrètement, ils ont influencé les politiques en leur donnant des moyens de se faire élire afin de les laisser gouverner le monde des marchés le plus librement possible (ce qui n’est pas du libéralisme puisque le libéralisme implique une responsabilité individuelle au service du collectif, ce qui n’est pas le cas puisque nous sommes ici dans une posture autocratique unilatérale) et de voir émerger une nouvelle morale où la Nation n’a quasiment pas sa place. C’est en cela que l’Economique est aujourd’hui au dessus du Politique.


    PS : le mode d’organisation patriarcal, qui est le premier mode d’organisation des sociétés, est gouverné à la base par des impératifs économiques de survie, à la base l’impératif économique est au dessus du politique, le politique est un moyen d’organiser la survie, qui est économique.

  6. #6 Niggzs le 19 avril 2012

    Je comprend tout à fait ce que tu veux dire notamment sur les sphères morales, politiques et économiques. Néanmoins et j’espère le démontrer dans l’article, la différence « historique » est que le champs politique à volontairement accompagné la prise de pouvoir du champs économique sur les autres pôles de pouvoirs dans la société. Ce sont les politiques qui ont mis en oeuvre cette transition du pouvoir. Ils se sont volontairement dépossédé du pouvoir. Mais c’est encore une illusion de pouvoir que possède le monde économique dans la mesure ou le pouvoir effectif reste dans les mains de l’Etat et du pouvoir politique de manière général. Le monopole de la violence légitime est au main de la sphère politique, de l’Etat tout comme la légitimité de l’action politique. Ils peuvent donc remettre encore en cause l’ordre des choses; accompagné du soutient populaire.

    C’est le volontarisme, le courage politique, l’indépendance d’esprit et matériel du pouvoir politique qui peut encore renverser les choses. C’est dans la raison pour laquelle c’est par l’action politique que l’on ne changera les choses. Certes cela est plus difficile que par le passé car effectivement la sphère économique et politique sont aujourd’hui intimement liés. D’où justement la légitimité politique d’une révolution citoyenne, d’un changement politique profond et d’un changement de république.

    Je persiste sur les mouvements de consommateurs, ils ne peuvent exister sans action politique prédéterminé. Pour moi cela reste une modalité d’action politique, ils ne peuvent engendrer le changement en soit. C’est une modalité d’action utile mais pas suffisante. Car tout comme les mouvements sociaux qui ne sont pas soutenus politiquement (Retraite, autonomie des universités), ils sont voués à être stérile sans résonance politique.

Réagir

Obligatoire

Facultatif

À propos

À une époque charnière, où les moyens de communication sont omniprésents, il paraît nécessaire d'avoir une réflexion sur les fondements de notre société afin de comprendre les conséquences de nos choix et soumissions présentes. La Politeia est une revue virtuelle collaborative, qui se veut être un espace de discussions favorisant l'échange, sans publicité ni contenu payant, conçue pour être et rester indépendante.

Site internet réalisé par le fondateur de Felynx

Plan du site | Contact | Remerciements