Jeunesse lève-toi !

Publié le 05 avril 2010 à 03h47 dans Expression libre


A mon grand désarroi, je doit avouer que ce qui m’entraine à écrire cet article n’est autre que cette stupide machine à laver la cervelle qu’est la télévision. En effet, c’est un documentaire assez intéressant diffusé sur France 3, concernant la libération des moeurs des années 70 (libération sexuelle, mouvement hippie, luttes pour le droit à l’avortement et la tolérance des homosexuels,…) qui m’a amené ce soir dans un état d’esprit favorable à la production littéralo-politeio-bloguesque.

Cet article plein de nostalgie est donc une sorte d’appel. Un appel aux gens, aux blacks, aux jaunes, aux blancs, aux beurs, aux unijambistes, aux hétéros, aux homos, aux bi, aux loutres, aux communistes, aux anarchistes, aux jeunes, aux vieux, aux chauves, aux chevelus, aux chômeurs, aux fainéants, aux travailleurs et aux caribous. Un appel teinté d’espoir et d’utopie, de liberté et de tolérance. Car, ce soir, mes chers amis, Jesus Christ est un hippie.

Les origines du mal

La période post mai 68, appelée aussi parfois familièrement les seventeen, est pour le monde occidental le théâtre d’une grande Révolution culturelle emmenée par la jeunesse décadente. Entre autres, Le mouvement hippie (chevelus parfois également nommés « baba cool » dans notre cher hexagone), rejetant les valeurs traditionnelles, le système capitaliste consumériste et toute forme d’autorité ou de conformisme, fait figure de référence comme groupe de contestation sociale et culturelle. La libération sexuelle, l’amour libre, le naturisme sont autant de manifestations de cette revendication de liberté, de l’espoir en une nouvelle société solidaire et libertaire, basée sur l’amour universel, la tolérance et le plaisir plutôt que la réussite professionnelle, l’hypocrisie et l’appât du gain. Les mouvements féministes et LGBT se développent, des communautés alternatives se créent partout dans le monde. Mais, surtout, les mentalités changent. Car, quoi que certains puissent vouloir nous faire croire, toutes les luttes payent. Les droits des femmes progressent, l’avortement et la contraception sont légalisés, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit.
Bref, cet article n’ayant pas pour objectif de retracer l’histoire, chose que je ne pourrai faire que très superficiellement et en écrivant moult inepties, je résumerai ce paragraphe ainsi : à l’époque, la classe bourgeoise conservatrice a eu chaud aux miches.

La fin de la fête

Mais malheureusement, pas de révolution sans contre-révolution. La fin des « trente glorieuses », le choc pétrolier, les graves problèmes internes rencontrés notamment à cause de la surconsommation des drogues récréatives (marijuana et LSD), mettent rapidement un coup d’arrêt aux mouvements soixante-huitard et utopistes. Le chômage et la misère s’installent (du moins, encore plus qu’avant), l’économie déraille, le pessimisme commence à gangréner les esprits. L’état, l’éducation et les médias de lobotomie de masse capitalistes ne se privent évidemment pas d’apporter leur contribution à l’ouvrage.
Après une période de progressisme social ayant réellement mis en danger l’ordre en place, les jeunes gauchistes regagnent leur foyer, les communautés hippies se dispersent, ceux qui refusaient d’agrandir le capital par leur travail pointent à l’ANPE (OK, ca n’existait pas à l’époque) : c’est une petite victoire de la bourgeoisie.
Cependant, cette période aura laissé des traces dans la vie quotidienne de tout un chacun, par l’ouverture des mentalités mais également par les différents droits gagnés par exemple pour les femmes ou les homosexuels.

Le silence des moutons

Certes, la société actuelle, malgré des pressions réactionnaires quotidiennes menées par les médias et les gouvernements conservateurs et libéraux successifs (fussent-ils classés à « gauche » ou à « droite »), tend d’une manière générale à s’affranchir un peu des valeurs morales traditionnelles dictées par la religion. Par exemple, je pense que la tolérance envers les « non-héteros » a fait beaucoup de chemin ces dernières années, notamment grâce à l’influence d’Hollywood. Même si il reste une longue route à parcourir, et que cela reste très limité. Mais que reste t’il vraiment de l’esprit des années hippies ?
A vrai dire, pas grand chose. La société capitaliste a bien fait son travail, par son travail de crétinisation intensive visant à dépouiller la population de tout intérêt à participer aux décisions politiques, et en installant un climat de pessimisme général ayant pour objectif de décrédibiliser et mettre en marge de la société toute pensée utopique qui oserai songer à une société meilleure.
Les restes de la libération des moeurs ont quant à eux été pervertis et exploités sans scrupules par le système libéral. Alors que la nudité était à l’époque un symbole de la libération sexuelle, de la lutte contre la femme-objet et de la société théâtre, elle est aujourd’hui un produit de pure consommation. Des clips de rap truffés de putes en string aux émissions cumulant les femmes aux forts avantages naturels, le sexe n’est bien souvent plus qu’un moyen de vendre. Comme le parodiaient si bien les Guignols de l’info il y a quelques années : « du cul du cul du cul ! ». En paraphrasant l’excellente chanson de l’artiste libre David TMX intitulée « rn’bite », cette « société libérale soumise au dieu phallus » n’a plus rien des aspects libertaires et contestataires de la culture hippie. Pire, cette certaine tendance à coucher un peu partout n’est plus qu’un reflet de la superficialité pathétique d’une grande partie de la jeunesse.
Tiens, parlons en de la jeunesse justement. Eh bien, pour causer franchement, en tant qu’étudiant engagé, je suis plutôt horrifié par ce que je voit quotidiennement autour de moi. Pour résumer ca en termes clairs, « les gens s’en foutent ». S’en foutent de quoi ? De tout. En particulier, de tout ce qui ne les concernent pas directement. Alors, bien sûr, on donne une petite piépiéce aux clodos de temps en temps, on soutient ponctuellement des associations humanitaires, on achète du commerce équitable pour se donner bonne conscience. Mais quid d’une véritable réfléxion ? Que nenni. Et au moment de passer à l’action, que répond on ? « De toute facon, ca sert à rien », « Qu’est-ce que j’en ai à foutre ? », « Oh non, moi je doit préparer mon aveniiiir ! ». Comment ne pas être dépité, en voyant cette jeunesse qui n’est plus qu’une pauvre merde amorphe subissante, un troupeau de mouton crétinisé à la télé-réalité et dopée au culte du travail et de la réussite professionnelle.
Enfin, heureusement, il existe encore quelques jeunes (et vieux) qui n’ont pas perdu espoir et qui sont prêts à se battre pour l’avènement d’une société idéale : Hippie isn’t dead.

I have a dream

Et voila tout le propos de cet article : je suis nostalgique. Nostalgique de cette période où la jeunesse croyait en un avenir meilleur, où la lutte et l’espoir avaient pris le pas sur la résignation.
Le message que je voudrais faire passer aujourd’hui, c’est que malgré la passivité ambiante, la manipulation omniprésente des médias et l’éducation prostituée aux entreprises, il faut continuer de se battre. Tous ensemble, faisons en sorte que le mouvement hippie n’ai pas été la dernière des utopies socialistes.
Regroupons-nous, réfléchissons à un projet de société alternatif, luttons quotidiennement par le dialogue et le refus de se soumettre aux conventions bourgeoises et capitalistes, limitons au maximum notre ancrage et notre contribution à l’expansion du grand capital.
En d’autres termes, nous devons faire revivre le mouvement hippie. Mais d’une manière constructive, militante, engagée, en ne reproduisant pas les erreurs du passé qui ont causé sa perte (notamment un certain refus du progrès technologique pouvant s’apparenter à du réactionisme, et évidemment la trop grande consommation de substances dangereuses), et surtout en étant autre chose qu’une horde de jeunes bourgeois-bohèmes en manque de sensations fortes qui retourneront leur veste une fois bien placés dans la société.

GLOIRE AU MOUVEMENT HIGEEK !

C’était mon heure de folie hebdomadaire.

gg

20 réactions

  1. #1 Melkion le 5 avril 2010

    Il faut arrêter d’employer sans cesse des termes que l’on ne maîtrise pas. Le libéralisme ce n’est pas une quelconque exploitation. C’est simplement le respect le plus absolu du droit individuel et de propriété, y compris la propriété de soi. C’est ce qu’on appelle un système de responsabilité, qui inclut évidement la légalisation des drogues, et la possibilité d’union entre personnes du même sexe par exemple. Ces droits ne nuisent pas à autrui, il sont donc légitimes et ne doivent en aucun cas être bridés sous un prétexte farfelu de norme ou de moeurs.

    Le fait que l’on soit spolié de sa responsabilité et volé par l’impôt-racket n’incite pas à s’ouvrir aux autres. Quand on se fait taxer environ 50% des fruits de son travail, il est compréhensible de ne pas vouloir faire en plus ce qu’un Etat est sensé faire, bien qu’il ne le fera jamais car globalement irresponsable et court-termiste (vision sur les échéances électorales). Nos sociétés souffrent d’un manque de capitalisme plus que toute autre chose puisque le principe de propriété est corrélé avec celui de responsabilité. Si l’échange est libre, il est moral et légitime.

    Faisons le test : arrêtons de payer la redevance, la taxe d’habitation et l’impôt sur le revenu. Vous saurez alors à qui votre télé, votre maison et votre salaire appartiennent.

  2. #2 gg lien website le 5 avril 2010

    Il va sans dire que je ne parle pas ici du « libéralisme politique » mais uniquement du seul libéralisme économique. Ce que tu dit à propos des libertés individuelles prônées par les « vrais » libéraux (libertariens), ce que je ne conteste pas, n’a donc aucun sens ici.

    Arrête de dire à tous ceux qui ne partagent pas ta vision sur le bien-fondé du libéralisme économique et ses effets (désastreux) qu’ils sont de sombres abrutis qui ne savent pas le sens des mots qu’ils emploient.
    Le libéralisme s’appuie sur la notion de droit à la propriété privée qui est pour toi un droit naturel, mais qui pour moi ne l’est absolument pas. Alors que les libéraux disent défendre toutes les sortes de liberté, c’est au contraire l’inverse qui se produit dans la réalité. Alors qu’au dire des économistes libéraux, il est censé s’auto-réguler, le système économique libéral est un système purement darwinien. Ceux qui possèdent sont amenés à posséder encore plus, les plus faibles sont exploités et dépouillés de leur vie, ne gagnant que de quoi survivre afin de continuer à accroître le capital. Le libéralisme n’est pas une liberté, c’est une contre-liberté. C’est uniquement le droit, pour une minorité de la population, à exploiter et à s’enrichir toujours plus, et pour la majorité, à être aliéné chaque jour par le travail. Ceux qui créent la richesse ne sont pas les possédants capitalistes, mais bien les salariés et travailleurs.
    Ainsi, le socialisme n’est pas le contraire de « la liberté économique » comme tu voudrait le croire. C’est à l’inverse une autre organisation économique, où les richesses et le travail sont distribuées (et non redistribuées) équitablement, où chacun peut faire ce qu’il souhaite de sa vie, où cette dernière n’est pas dictée uniquement par les besoins du marché et la quête avide du profit.
    Bref, le système libéral est une abbération qui, loin de s’équilibrer, mène au contraire toujours à la domination d’une classe de possédants sur une classe oppressée (la bourgeoisie et le prolétariat en termes marxistes). Le capitalisme, c’est la destruction de l’environnement, de l’intellect et de la liberté pour 95% de la population.

  3. #3 Niggzs le 5 avril 2010

    Je suis tout à fait d’accord sur le constat édifiant que l’on peut poser sur la jeunesse actuelle. Le pire c’est que j’ai en parti conscience de faire partie de cette jeunesse tout en ayant un discours politisé.

    Je ne perçois pas justement comme meilleurs que les autres alors que je suis surement bien plus politisé que d’autre. Je ne participe ainsi qu’assez peu finalement à des combats sur la durée, certes j’ai été de de toute les luttes de ces dernières années, loi Fillon, CPE, LRU 1 et 2 et assez impliqué dans ces mouvements. Mais malheureusement je ne pense pas que cela soit assez, sans que cela me pousse à augmenter ma participation citoyenne à d’autre combats. Finalement je n’ai qu’une réflexion intellectuelle sur de nombreux sujets mais je ne fais pas grand chose d’autre. Et là je me pose toujours la question, si moi je me bouge pas (considérant que je suis bien plus politisé que la moyenne des jeunes de mon âge) qui va le faire?

    Bref sur le constat général tout à fait d’accord tout en ayant un regard critique sur mon propre engagement.

    Je te soutient aussi tout à fait dans ton commentaire en réponse à Melkion. Un système libertarien serait pour moi un système anarchique dans le sens ou c’est la loi du plus fort qui prédomine et rien d’autre.

    « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, c’est la liberté qui opprime et la loi qui protège » et dans notre société, la loi c’est l’Etat (ce n’est pas le cas partout, mais cela est particulièrement vrai dans la société Française).

    Ps: Le titre de ton article correspond à un titre de chanson, sait-tu laquelle :) ?

  4. #4 gg lien website le 5 avril 2010

    Une chanson de Saez si je ne me trompe pas ?

    A quand un nouvel article mon ptit Niggzs ? :D

  5. #5 Armand Caulaincourt le 5 avril 2010

    C’est fort intéressant. Deux remarques me viennent spontanément à l’esprit après lecture des commentaires :

    1/ Savez-vous à quoi servent les impôts en temps normal et quand le pouvoir n’est pas détenu par un avocat véreux qui les donne à ses copains ?
    A payer les profs, les hôpitaux, les routes, les services publics en général. Le problème ne vient pas des impôts sur les revenus, qui sont une contribution normale à toute vie en communauté, mais de l’utilisation qui en est faite par une certaine partie de la classe politique. Je ne soutiens que les impôts « justes », proportionnés aux ressources de chacun, pas la TVA ou ce type de racket effectivement, qui seraient inutiles si TOUT LE MONDE payait ses impôts en proportion de ses revenus, pauvres comme riches. Les extrêmes de ces deux classes se sentiraient peut-être plus impliqués ou du moins concernés par la communauté dans laquelle ils vivent.

    2/ Le droit à la propriété privée : C’est un droit inaliénable, par le simple fait que notre corps nous appartient, à nous et pas aux autres, comme le dit Melkion. Le travailleur de base produit une valeur et récolte un salaire (pas mirobolant c’est un fait :s), ce salaire lui appartient et il est libre de le dépenser de la façon qui lui convient, on est d’accord. Les biens qu’il aura pu se procurer via la dépense partielle de son salaire seront donc aussi à lui de façon légitime. Si quelqu’un conteste cela il conteste du même coup la valeur du travail accompli par le travailleur. Le libéralisme économique doit simplement, comme toute activité humaine, être encadré par des règles strictes. De même qu’on ne conduit pas de voiture sans se soumettre au code de la route, on ne devrait pas pouvoir faire d’économie sans obéir à un code similaire, préservant l’égalité des hommes et leurs droits universels à la dignité, au repos, à la propriété, etc. Un salaire minimum, soit, mais plus élevé, indexé sur le cours de l’immobilier ou d’une denrée nécessaire et instable, afin de correspondre réellement au coût de la vie, et quid d’un salaire maximum ? De la fin des parachutes dorés et niches fiscales ? Ou alors que chaque personne licenciée puisse bénéficier des mêmes parachutes…
    Une régulation de la spéculation aussi ? Du style on remet les pieds sur terre et on arrête de miser du fric sur des crédits et des dettes ou sinon panpan-kulkul par un comité de régulation appliquant un code de spéculation international ?

    On peut rêver, ça au moins c’est inaliénable.

  6. #6 gg lien website le 5 avril 2010

    D’accord avec Armand en ce qui concerne les impôts injustes type TVA. Même si pour moi, dans la société idéale, il n’y a pas d’impôts étant donné qu’on n’utilise plus de monnaie capitaliste thésaurisable.

    Par contre, je ne trouve pas très sain de considérer le corps comme une possession, c’est à dire comme un simple objet. C’est une pure invention de l’esprit capitaliste de tout rapporter à un lien marchand. Et puis, il ne faut pas confondre la « grande propriété bourgeoise » (entreprises, terre,…) à la petite propriété personnelle. C’est la première qu’il faut abolir, Marx lui-même écrit que la deuxième « on s’en branle ». Je dirait même que dans le capitalisme, l’employeur vole à l’employé sa propriété, le fruit de son travail, et ne lui donne en échange qu’une toute petite partie nécessaire à sa survie.

    En ce qui concerne le reste, c’est vrai que ce serait déjà mieux, mais je pense que le capitalisme n’est pas réformable. Même en mettant des rustines partout à une piscine, si elle est toute pourrie elle continuera à fuir : c’est le cas du capitalisme.

  7. #7 Melkion le 6 avril 2010

    Il n’y a pas de libéralisme hémiplégique. Faire des distinctions revient à fausser les réflexions globales qui amènent à un système intellectuel exhaustif. De plus pour l’économiste libéral authentique, c’est à dire pas les néo-classiques, il n’y a pas d’étude de l’économie, mais uniquement de la praxéologie, ce qui est complètement différent puisqu’on aborde le sujet à l’exact opposé : en partant de l’action humaine, individuelle.

    Concernant la loi du plus fort, ça me fait toujours sourire. Le plus fort c’est effectivement celui qui opprime, qui contraint. Impossible de citer un seul exemple d’employeur qui te contraindrait à travailler chez lui à un prix que tu ne désirerais pas. Si l’acte est libre et volontaire, c’est qu’il n’y a par définition pas contrainte. Par contre, si je ne payes pas mes impôts, on me mets en prison, alors que je n’ai jamais signé de contrat avec un État ou un gouvernement. Qui est le plus fort ? Dans un système de liberté, n’importe qui peut travailler pour un salaire mutuellement consenti avec son patron, et s’en aller s’il trouve mieux ailleurs.

    La vision marxiste exploiteur – exploité est pour moi incompréhensible dans un système d’échange libre. La loi et donc l’État ne protègent pas, ils peuvent enfermer par des effets d’éviction les plus modestes dans des trappes à pauvreté, comme avec le salaire minimal et les politiques monétaires inflationnistes qui grignotent l’épargne par exemple.

    Quant à l’environnement, il souffre d’un manque de capitalisme puisque ce qui n’appartient à personne appartient à tout le monde, et engendre donc des abus de la part de personnes irresponsables. Par exemple les réserves d’éléphants massacrées au Mozambique avec le concours des fonctionnaires qui permettaient aux braconniers de les piller contre pot-de-vin. L’État soi-disant protecteur ? Haha. Quand les réserves ont été privatisées, c’est à dire rendues aux habitants des villages alentours, ceux-ci en sont devenus responsables et ont permis aux troupeaux de se multiplier, et leur ont permis de tirer une ressource de la vente de l’ivoire des vieux éléphants. Les exemples sont légion.

    L’anarchie n’est pas l’anomie. Les droits sont essentiels à la survie d’une société. Le droit de propriété est fondamental, le plus légitime qui soit, et est l’essence même de ce qu’on appelle le capitalisme. Tes possessions sont à toi et tu as le droit d’en faire ce que bon te semble. Mais dire que nous vivons dans un système libéral alors qu’il n’y avait aucun représentant du libéralisme aux dernières régionales et présidentielles, et quand François Goulard est le seul député libéral de l’assemblée nationale, je ne comprends pas la cohérence du propos. IL’arène politique se distingue par le combat droite/gauche (constructivistes d’un extrême à l’autre) et non par une opposition entre constructivistes et libéraux.

  8. #8 Brogol lien website le 6 avril 2010

    @Melkion:
    Ce n’est pas parce que tu as l’impression de choisir que tu choisis vraiment. Tout ce que tu racontes part du principe que la liberté existe initialement pour tous.
    Et ce qu’il y a d’impossible c’est de citer quelqu’un qui travaille quelqu’un d’autre sans avoir perdu sa liberté justement. Contre un salaire on devient l’esclave d’un pouvoir. Qu’on ai signé un papier disant qu’on la fait librement ne change rien aux faits…
    Finalement, pour que ça marche, il faudrait qu’il n’y ait pas de rapport de pouvoirs, hors tout rapport social est un rapport de pouvoir (ce qui n’entraîne pas mécaniquement un rapport exploiteur-exploité, entendons-nous bien). Pour cela que je rejoins l’avis que ce que tu décris est bien la loi du plus fort puisqu’on ne naît pas égaux dans nos corps et encore moins dans nos environnements. D’où l’intérêt d’un état, garantir une égalité de droits à tous les citoyens (ce qu’il ne fait évidemment pas aujourd’hui).

    Concernant l’article, je ne suis pas nostalgique d’une époque que je n’ai pas connu, on embelli le passé alors que l’histoire qui nous parvient est une version plus ou moins déformé de la réalité. Mais soit la jeunesse (c’est quoi la jeunesse d’abord ?) avait plus d’espoirs dans l’avenir.
    Ils étaient surtout plus naïfs car ayant moins accès aux connaissances que nous avons aujourd’hui, pas qu’elles n’existaient pas, la naïveté n’a rien à voir avec l’imbécilité, mais Internet n’existait pas par exemple.

    Et ce que dit Niggzs me donne, moi, de l’espoir pour l’avenir. Malgré toutes les forces mises en œuvres, il y en a encore qui pensent, qui comprennent que de réels choix sont possibles. On a atteint une connaissance accessible au plus grand nombre jamais égalée dans l’Histoire. Et d’ailleurs ce mouvement que tu appelles, ça doit passer par la connaissance si on veut ne pas reproduire les erreurs du passé. Et de pouvoir en discuter ici, avec une liberté qui n’a jamais été atteinte auparavant, est encourageant. Alors certes, le potentiel est là, à nous de nous en servir. De toute façon la société actuelle ne peut plus vivre comme le fait actuellement, rien qu’écologiquement, on est donc à une charnière ou nos choix réels décideront de notre avenir, et surtout de celui de l’humanité.

  9. #9 gg lien website le 6 avril 2010

    Merci mon Batou, ca m’évite d’avoir à écrire un gros pavay pour répondre à Maylkion ;)

    Par contre, je ne pense pas que la naïveté ai quelque chose à voir avec ca. Au contraire, c’est plutôt la société d’aujourd’hui qui est plus formatée et abrutie par le consumérisme et la télévision. C’est l’image du monde qu’on leur inculque dès le plus jeune âge qui est pessimiste, ceci afin de parer à toute contestation d’ampleur, et non l’ancienne génération qui était trop « rêveuse ».

  10. #10 Niggzs le 6 avril 2010

    Bon j’avais écrit un pavé mais j’ai encore bugé donc la flemme de tout réecrire.

    gg_tk bien trouvé pour la chanson.

    Je suis en plein mémoire + révision de partiel = pas tout de suite pour un article, je met beaucoup de temps en général à en pondre un. Son thème sera quand même sur les études de droit, j’ai une vision assez peu partagées sur le droit donc je l’exposerai dès que j’aurai un peu de temps.

    Je partage tout à fait l’idée de relativité de la liberté de Brogol en réponse au commentaire de Melkion. Il y a d’ailleurs un terme de droit dans le code civil qui résume bien cela: « à l’insu de son plein gré » …. on se croit libre, et sincère, en plein possession de son libre arbitre, en réalité on est manipulé sans que l’on s’en rende compte.

  11. #11 Melkion le 6 avril 2010

    Je pense justement que signer librement un contrat change tout, car on passe d’une relation de contrainte à une relation d’échange libre. Les entrepreneurs et leurs salariés ne sont pas dans une relation de domination mais de dépendance. Sans capitalistes entrepreneurs, pas d’emploi. Sans salariés, pas d’entrepreneurs.

    Evidemment nous ne naissons pas égaux, et à moins d’instaurer l’eugénisme via son pendant, le totalitarisme, il existera toujours des différences entre les hommes. L’égalité de droits est bien entendu un pilier essentiel. Mais instaurer l’égalité de résultats est par définition impossible puisque les hommes sont égaux, à moins de contraindre à l’égalitarisme, de confisquer pour redistribuer, ce qui implique de supprimer les motivations de tous les individus à produire, et de confier à une autre entité nos propres vies. Ce qui n’est pas moralement acceptable.

    Le pouvoir de la télévision bourrative est en inexorable déclin. Pour avoir travaillé dans les médias, je m’en suis bien rendu compte, et tout le monde peut s’en apercevoir. Internet est en train de la supplanter car c’est une immense base de données interactive qui permet à chacun de recevoir non seulement l’information mais aussi de la fabriquer et de la partager. Néanmoins, je suis d’accord, ce moyen de communication et d’information peut encore être étouffé par la télévision, comme on l’a vu avec l’affaire du Climategate.

  12. #12 Niggzs le 6 avril 2010

    Je ne vois pas en quoi signer un contrat devrais justement tout changer, on peut tout aussi bien concevoir que signer un contrat ne fais qu’entériner et légitimer une relation de domination (qui n’est pas forcément perceptible par les parties encore une fois). Tout dépend du contexte, de l’environnement, des acteurs et de leur motivations dans la signature d’un contrat, bref un certain nombres de facteurs qui déterminent les termes de l’échange de consentement.

    Nous ne prônons pas ce que tu appels l’égalité de résultat, mais la possibilité pour tout un chacun de vivre de manière décente et dans un environnement sain, c’est à dire dans une société qui ne soit pas elle-même « pourri » par une concurrence féroce entre individus, un bars de fer permanent pour éviter d’être dominé, ou la réussite individuelle ne deviennent pas le seul rêve auquel chacun puisse prétendre etc… Cette société suppose une dose d’égalité aussi dans la répartition des richesses, car elle conditionne d’une certaine manière un bonheur collectif. Le bonheur de chacun demande aussi un certain bonheur collectif car nous sommes tous des êtres sociaux. Il n’est pas ici question de totalitarisme mais d’assurer l’intérêt général sans que cela se fasse par ailleurs au détriment d’une minorité. Mais cela passe par des règles parfois strictes.

    Sur le déclin de la télévision je partage ton jugement, mais j’ai encore des doutes sur internet, tout le monde voit ce nouvel outil presque comme un miracle, même pour la démocratie. Il y d’énormes effets positifs, mais internet à aussi de nombreux effets pervers.

    On devrais venir au IRL, je crois que l’on pourrais lancer des discutions intéressantes. J’ai un libertarien dans ma promo je commence à être rodé :D

  13. #13 gg lien website le 6 avril 2010

    C’est vrai que ce serait carrément plus pratique de débattre à l’oral :)

  14. #14 inzemix lien website le 7 avril 2010

    C’est clair, a quand une IRL a Lyon :D c’est bien le milieu de la france :D !!!

  15. #15 popote le 7 avril 2010

    gg_tk je doute que pendant les années hippies les gens étaient aussi heureux que tu le crois..

    Quant au reste je n’ai pas le bagage intellectuel nécessaire pour pouvoir argumenter, ceci dit je trouve ce débat assez interessant, étant moi-même un jeune se sentant concerné par les problèmes de la société aujourd’hui.

  16. #16 gg lien website le 7 avril 2010

    J’ai jamais dit que les gens étaient heureux :D

  17. #17 T.Thomas le 7 avril 2010

    « Internet est en train de la supplanter car c’est une immense base de données interactive qui permet à chacun de recevoir non seulement l’information mais aussi de la fabriquer et de la partager. »

    Internet, où tu as pas besoin de censure; la lobotomisation de la collectivité permet l’auto-censure sur le net. Heureusement encore, une minorité diffuse un contenu alternatif. Mais est-ce que le français moyen va-t-il le consulter? J’en doute.

  18. #18 Armand Caulaincourt le 10 avril 2010

    Quand je lis Melkion, je me demande si on vit dans la même réalité… De nos jours, tu as une compétence acquise après mettons 5 ans d’études post-bac. Tu veux travailler dans ton champ de compétences. Et bien non, soit tu dois trouver autre chose, sois tu as la chance de trouver un poste qui correspond à ton profil, mais sous-payé car tu es jeune et sans expérience. Alors non, le contrat n’est ni libre, ni négocié. Tu prends car il n’y a rien d’autre de mieux et que tu as besoin de fric.
    C’est comme ça pour au moins 60% des gens.

    Après concernant les impôts et l’état, si on va jusqu’au bout de ta logique, on supprime l’école publique, les hôpitaux publiques, la sécurité sociale, la fac, les routes gratuites, les transports en commun, la poste, l’eau courante pour tous, l’électricité pour tous, et seuls les plus riches ont le « pack toutes options ». Sans parler de l’éclairage publique, de l’entretient des espaces communs, des monuments historiques, et j’en oublie un paquet.
    Autant chacun vivre sur une île déserte.

  19. #19 Pierre_Boyer le 10 juin 2010

    Personnellement, je différencie les valeurs fondamentales citées par Melkion (le droit de propriété, et la sémantique d’acceptation mutuelle d’un contrat), qui sont, pour moi, totalement justes et fondées, et ce que la société en fait.

    Un esclave se voit imposer un travail, il n’a pas de choix. Un individu libre a au moins le choix entre accepter ou refuser. Ce travail est pénible et mal rémunéré ? Soit. Ce n’est pas la faute au droit de propriété ou à la valeur morale d’un contrat. C’est la faute de l’employeur, qui ne propose pas d’offres décentes. Ces valeurs morales sont les fondements de nos sociétés, de nos civilisations.

    C’est grâce à la notion de propriété par exemple, que le commerce, puis les mathématiques ont été développés. Les individus sont motivés par les gains. Cela est vrai pour tout le monde. N’oublions pas que personne n’est d’accord au départ pour passer sa journée devant une caisse à scanner des articles (par exemple). Cependant il faut bien le faire.

    Si aujourd’hui la grande majorité de la population (voir Distribution de Pareto au passage, petite interlude mathématique intéressante) est maintenue dans la misère par une minorité, ce n’est pas les valeurs qui sont à blâmer, mais la société et les individus qui la constituent. C’est injuste. C’est vrai. Mais ce n’est pas en réprouvant ces valeurs fondatrices que la situation s’améliorera.

    Par ailleurs, je suis d’accord avec le constat fait par gg_tk sur la télévision et la jeunesse. Quand je vois les programmes de chaînes comme M6 ou TF1, qui matraquent des absurdités à longueur de journée à des téléspectateurs qui finissent par en redemander, j’ai des nausées. Et ce constat s’applique malheureusement à certaines parties d’internet (Ces horreurs de skyblogs notamment).

    Les jeunes ne font plus aucune réflexion, ils se contentent d’émissions simples et populaires, et suivent comme des moutons les tendances du moment. Actuellement, la philosophie des lumières est enseignée dans les lycées français (programme de première, je crois). Je me demande bien si certains prennent la peine de chercher à la comprendre. Les gens se contentent de suivre les autres. Personne n’essaie de comparer les argumentations des politiques. On vote à la tête du client (quand on daigne se déplacer pour voter).

    En passant, je ne prétend pas pouvoir rivaliser d’un point de vue stylistique avec vous pour la simple raison que, comme Potier, je ne pense pas avoir un bagage intellectuel suffisant. Cependant le débat est intéressant et j’essaie d’exprimer mon point de vue (bien que maladroitement, peut-être) aussi clairement que possible. De plus je suis trop jeune pour avoir vécu 68 et pas assez vieux pour avoir une culture littéraire me permettant d’argumenter

  20. #20 Martinc le 14 août 2010

    C’était déjà le pouvoir autoritaire marié au pouvoir de l’argent qui était rejeté. ce n’était pas la morale qui était rejetée mais la moralisation dogmatique et autoritaire. Le système capitaliste n’était pas rejeté, il était abandonné pour d’autres paradis dont les paradis dits artificiels. Oui, c’était bien les dogmes et le conformisme qui étaient individuellement rejetés, la règle d’or devenant le droit de « consommer » sa liberté sans s’occuper de celle des autres, même si les libertés personnelles avaient à se rassurer dans des élans grégaires qu’étaient les mouvements féministes ou les communautés que vous désignez comme alternatives se lançant dans l’expérimentation de possibles et attendus paradis inconnus.

    Si le chômage s’installe, c’est à cause du progrès : la production est de plus en plus réalisée par les machines qui remplacent les « travailleurs » et si la misère s’installe c’est parce que l’Etat conserve sa gestion financière d’avant pléthore au lieu de mettre en place des assiettes fiscales et sociales DOTANTES, du type de celles de l’Inoppression Active…n qui sont aujourd’hui zappées par les pouvoirs incompétents et/ou malhonnêtes.


    Si la société actuelle s’affranchit un peu des valeurs morales traditionnelles dictées par la religion, et plus précisément par les dogmes, les citoyens n’en restent pas moins très attachés à la Liberté et à la Dignité individuelles.

    Hors des réseaux de l’objétisation et du crime qui se protègent (voir Amidlisa) les violences sont le plus souvent dictées par des nécessités de survie puis de droit à bien vivre, pour la simple raison que l’Etat n’organise pas, alors qu’il le peut une économie DOTANTE justifiant qu’on respecte l’Etat.

    Ce n’est pas la société capitaliste, qui s’occupe de la création de l’Offre, qui a engendré le marasme, c’est l’organisation NON POLITIQUE de la gestion de l’Etat qu’ont installé les récupérateurs de privilèges. Ce sont les politiciens du législatif qui ont fait les lois scélérates d’objétisation mises en place par l’exécutif de leurs bords, de Droite comme de Gauche.

    Les politiciens ont eu l’habileté de faire croire qu’ils étaient spécialistes en Economie, c’est à dire dans l’organisation du partage, alors qu’ils étaient pour la majorité ignares en Economie et pour les responsables des réseaux, des machiavels.

    Oui ils ont bien organisé la crétinisation intensive visant à dépouiller la population de tout intérêt à participer aux décisions politiques, et en installant un climat de pessimisme général ayant pour objectif de décrédibiliser et mettre en marge de la société toute pensée LOGIQUE proposant le CONCRET DOTANT de l’Inoppression Active auquel TOUT citoyen a légitimement droit. Il ne s’agit pas de rêve irréaliste, mais bien d’une mécanique bien connue de quelques uns de Bercy qui font semblant de ne pas connaître alors qu’ils ont su détruire et dépouiller l’inventeur avec des forfaitures, des mensonges et la complicité des copains d’une Justice criminelle.

    Soyez rassuré « GG_TK », avec le principe et le concret d’Inoppression Active qui devient INEVITABLE à cause et grâce au progrès, la jeunesse a bien un avenir meilleur. Quand ? Quand elle aura décidé de s’investir pour un MODE D’ENJEU et non plus pour les privilèges des pouvoirs des partis politiques actuels.


    Pour Répondre à Melkion, le capitalisme n’est que du commerce avec de l’argent créé ad hoc.
    C’est bien le respect le plus absolu ET STRICTEMENT personnel et EGOCENTRIQUE du droit individuel et de propriété. Le capitalisme n’a pas a être économique ni politique ? C’est à l’Etat SEUL d’organiser l’Economie Politique aux sens étymologiques de ces termes.

    Nos sociétés ne souffrent pas d’un manque de capitalisme mais d’une ABSENCE TOTALE d’Economie Politique, ce qui va même jusqu’à déshabiller le capitalisme qui va faire faillite par manque de « clients ». Cela dit, le capitalisme ne respecte pas le principe de propriété ni de responsabilité car l’échange n’est libre, moral et légitime…., que si TOUS les citoyens y ont accès ! Sans organisation Economique par l’Etat cet accès, nous le constatons est impossible.

    Ceci étant dit Le capitalisme, n’est pas la destruction de l’environnement, de l’intellect et de la liberté pour 95% de la population, c’est l’ABSENCE de gestion fiscale et sociale dotante qui est la cause de ces incongruités.

    Comme le dit « NIGGS » dans notre société qui n’organise pas les dotations garantissant la Liberté et la Dignité individuelles, c’est bien la liberté du fort qui opprime, à ceci près que la loi désopprimante N’EXISTANT PAS, on reste dans la fable du Loup et l’Agneau.


    Pour répondre à Armand Caulaincourt, son raisonnement sur l’injustice de l’impôt TVA est un barbarisme Economique. Si la TVA (ou la TC) était le principal impôt sur les 3 SEULS nécessaires, elle permettrait de doter a minima TOUTE la population et deviendrait donc enrichissante, comme le démontre la cohérence Economique d’Inoppression Active. A ma connaissance de concepteur en Economie AUCUNE autre forme fiscale ne peut être dotant, c’est à dire distributrice a minima d’un dividende mensuel du progrès.

    Et pour finir, je vous attends en VRAIE Economie Politique et je voterai quoi qu’il arrive pour un mode d’enjeu libérateur, c’est à dire pour les candidats députés qui s’y engageront. Je ne voterai plus pour des partis ou des belles gueules !


    PS : Voici les définitions des mots « POLITIQUE » et « ECONOMIE »

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