Jeunesse lève-toi !
Publié le 05 avril 2010 à 03h47 dans Expression libre
A mon grand désarroi, je doit avouer que ce qui m’entraine à écrire cet article n’est autre que cette stupide machine à laver la cervelle qu’est la télévision. En effet, c’est un documentaire assez intéressant diffusé sur France 3, concernant la libération des moeurs des années 70 (libération sexuelle, mouvement hippie, luttes pour le droit à l’avortement et la tolérance des homosexuels,…) qui m’a amené ce soir dans un état d’esprit favorable à la production littéralo-politeio-bloguesque.
Cet article plein de nostalgie est donc une sorte d’appel. Un appel aux gens, aux blacks, aux jaunes, aux blancs, aux beurs, aux unijambistes, aux hétéros, aux homos, aux bi, aux loutres, aux communistes, aux anarchistes, aux jeunes, aux vieux, aux chauves, aux chevelus, aux chômeurs, aux fainéants, aux travailleurs et aux caribous. Un appel teinté d’espoir et d’utopie, de liberté et de tolérance. Car, ce soir, mes chers amis, Jesus Christ est un hippie.
Les origines du mal
La période post mai 68, appelée aussi parfois familièrement les seventeen, est pour le monde occidental le théâtre d’une grande Révolution culturelle emmenée par la jeunesse décadente. Entre autres, Le mouvement hippie (chevelus parfois également nommés « baba cool » dans notre cher hexagone), rejetant les valeurs traditionnelles, le système capitaliste consumériste et toute forme d’autorité ou de conformisme, fait figure de référence comme groupe de contestation sociale et culturelle. La libération sexuelle, l’amour libre, le naturisme sont autant de manifestations de cette revendication de liberté, de l’espoir en une nouvelle société solidaire et libertaire, basée sur l’amour universel, la tolérance et le plaisir plutôt que la réussite professionnelle, l’hypocrisie et l’appât du gain. Les mouvements féministes et LGBT se développent, des communautés alternatives se créent partout dans le monde. Mais, surtout, les mentalités changent. Car, quoi que certains puissent vouloir nous faire croire, toutes les luttes payent. Les droits des femmes progressent, l’avortement et la contraception sont légalisés, l’homosexualité n’est plus considérée comme un délit.
Bref, cet article n’ayant pas pour objectif de retracer l’histoire, chose que je ne pourrai faire que très superficiellement et en écrivant moult inepties, je résumerai ce paragraphe ainsi : à l’époque, la classe bourgeoise conservatrice a eu chaud aux miches.
La fin de la fête
Mais malheureusement, pas de révolution sans contre-révolution. La fin des « trente glorieuses », le choc pétrolier, les graves problèmes internes rencontrés notamment à cause de la surconsommation des drogues récréatives (marijuana et LSD), mettent rapidement un coup d’arrêt aux mouvements soixante-huitard et utopistes. Le chômage et la misère s’installent (du moins, encore plus qu’avant), l’économie déraille, le pessimisme commence à gangréner les esprits. L’état, l’éducation et les médias de lobotomie de masse capitalistes ne se privent évidemment pas d’apporter leur contribution à l’ouvrage.
Après une période de progressisme social ayant réellement mis en danger l’ordre en place, les jeunes gauchistes regagnent leur foyer, les communautés hippies se dispersent, ceux qui refusaient d’agrandir le capital par leur travail pointent à l’ANPE (OK, ca n’existait pas à l’époque) : c’est une petite victoire de la bourgeoisie.
Cependant, cette période aura laissé des traces dans la vie quotidienne de tout un chacun, par l’ouverture des mentalités mais également par les différents droits gagnés par exemple pour les femmes ou les homosexuels.
Le silence des moutons
Certes, la société actuelle, malgré des pressions réactionnaires quotidiennes menées par les médias et les gouvernements conservateurs et libéraux successifs (fussent-ils classés à « gauche » ou à « droite »), tend d’une manière générale à s’affranchir un peu des valeurs morales traditionnelles dictées par la religion. Par exemple, je pense que la tolérance envers les « non-héteros » a fait beaucoup de chemin ces dernières années, notamment grâce à l’influence d’Hollywood. Même si il reste une longue route à parcourir, et que cela reste très limité. Mais que reste t’il vraiment de l’esprit des années hippies ?
A vrai dire, pas grand chose. La société capitaliste a bien fait son travail, par son travail de crétinisation intensive visant à dépouiller la population de tout intérêt à participer aux décisions politiques, et en installant un climat de pessimisme général ayant pour objectif de décrédibiliser et mettre en marge de la société toute pensée utopique qui oserai songer à une société meilleure.
Les restes de la libération des moeurs ont quant à eux été pervertis et exploités sans scrupules par le système libéral. Alors que la nudité était à l’époque un symbole de la libération sexuelle, de la lutte contre la femme-objet et de la société théâtre, elle est aujourd’hui un produit de pure consommation. Des clips de rap truffés de putes en string aux émissions cumulant les femmes aux forts avantages naturels, le sexe n’est bien souvent plus qu’un moyen de vendre. Comme le parodiaient si bien les Guignols de l’info il y a quelques années : « du cul du cul du cul ! ». En paraphrasant l’excellente chanson de l’artiste libre David TMX intitulée « rn’bite », cette « société libérale soumise au dieu phallus » n’a plus rien des aspects libertaires et contestataires de la culture hippie. Pire, cette certaine tendance à coucher un peu partout n’est plus qu’un reflet de la superficialité pathétique d’une grande partie de la jeunesse.
Tiens, parlons en de la jeunesse justement. Eh bien, pour causer franchement, en tant qu’étudiant engagé, je suis plutôt horrifié par ce que je voit quotidiennement autour de moi. Pour résumer ca en termes clairs, « les gens s’en foutent ». S’en foutent de quoi ? De tout. En particulier, de tout ce qui ne les concernent pas directement. Alors, bien sûr, on donne une petite piépiéce aux clodos de temps en temps, on soutient ponctuellement des associations humanitaires, on achète du commerce équitable pour se donner bonne conscience. Mais quid d’une véritable réfléxion ? Que nenni. Et au moment de passer à l’action, que répond on ? « De toute facon, ca sert à rien », « Qu’est-ce que j’en ai à foutre ? », « Oh non, moi je doit préparer mon aveniiiir ! ». Comment ne pas être dépité, en voyant cette jeunesse qui n’est plus qu’une pauvre merde amorphe subissante, un troupeau de mouton crétinisé à la télé-réalité et dopée au culte du travail et de la réussite professionnelle.
Enfin, heureusement, il existe encore quelques jeunes (et vieux) qui n’ont pas perdu espoir et qui sont prêts à se battre pour l’avènement d’une société idéale : Hippie isn’t dead.
I have a dream
Et voila tout le propos de cet article : je suis nostalgique. Nostalgique de cette période où la jeunesse croyait en un avenir meilleur, où la lutte et l’espoir avaient pris le pas sur la résignation.
Le message que je voudrais faire passer aujourd’hui, c’est que malgré la passivité ambiante, la manipulation omniprésente des médias et l’éducation prostituée aux entreprises, il faut continuer de se battre. Tous ensemble, faisons en sorte que le mouvement hippie n’ai pas été la dernière des utopies socialistes.
Regroupons-nous, réfléchissons à un projet de société alternatif, luttons quotidiennement par le dialogue et le refus de se soumettre aux conventions bourgeoises et capitalistes, limitons au maximum notre ancrage et notre contribution à l’expansion du grand capital.
En d’autres termes, nous devons faire revivre le mouvement hippie. Mais d’une manière constructive, militante, engagée, en ne reproduisant pas les erreurs du passé qui ont causé sa perte (notamment un certain refus du progrès technologique pouvant s’apparenter à du réactionisme, et évidemment la trop grande consommation de substances dangereuses), et surtout en étant autre chose qu’une horde de jeunes bourgeois-bohèmes en manque de sensations fortes qui retourneront leur veste une fois bien placés dans la société.
GLOIRE AU MOUVEMENT HIGEEK !
C’était mon heure de folie hebdomadaire.
-
L'auteur
gg
Kidnappé par une chauve-souris en chaleur, je me suis retrouvé sur ce blog.
Voir tous ses articles Influences
Illustration

#1
Melkion
le 5 avril 2010
#2
gg
le 5 avril 2010
#3
Niggzs
le 5 avril 2010
#4
gg
le 5 avril 2010
#5
Armand Caulaincourt
le 5 avril 2010
#6
gg
le 5 avril 2010
#7
Melkion
le 6 avril 2010
#8
Brogol
le 6 avril 2010
#9
gg
le 6 avril 2010
#10
Niggzs
le 6 avril 2010
#11
Melkion
le 6 avril 2010
#12
Niggzs
le 6 avril 2010
#13
gg
le 6 avril 2010
#14
inzemix
le 7 avril 2010
#15
popote
le 7 avril 2010
#16
gg
le 7 avril 2010
#17
T.Thomas
le 7 avril 2010
#18
Armand Caulaincourt
le 10 avril 2010
#19
Pierre_Boyer
le 10 juin 2010
#20
Martinc
le 14 août 2010