2012 : un programme pour une société réellement alternative au capitalisme

Publié le 04 juin 2011 à 19h44 dans Expression libre & Idéologie

Je ne suis pas réformiste. Je ne crois pas en l’omnipotence de notre tant louée « démocratie » représentative, mise en place dans l’unique but de protéger les intérêts économiques de la classe dominante et d’être moins sujet à réprobation que cette bonne vieille dictature à l’ancienne « par la force ».

Je ne nourris aucune illusion quant à cette parodie de république, oligarchique et pensée de manière à autoriser le changement lorsqu’il s’agit de favoriser toujours plus les élites, mais à se révéler impuissante pour qui oserait vouloir réellement changer les choses. Bref, je ne pense pas que le capitalisme et son avatar politique, l’oligarchie, soient réformables à petits coups de lois et d’amendements faussement progressistes.

Mais après tout, je peux me tromper.

 

Je suis pour l’abolition de l’Etat, des frontières et de toute forme de domination et de hiérarchie. Pour la démocratie directe intégrale. Pour l’abolition du politicien et du mandat représentatif.

 

Alors, pourquoi voter, pourquoi participer aux élections, et pourquoi – pire encore – rédiger un programme politique ? N’est-ce pas paradoxal ?

Bien sûr que si. L’Univers, et plus encore le monde humain, sont bâtis sur des paradoxes, des absurdités, des non-sens absolus. Dans ce monde, des pacifistes non-violents sont amenés à se battre pour la Paix, de farouches opposants à l’argent sont obligés de vendre leur force de travail à des capitalistes sans vergogne pour gagner de quoi subsister, des démocrates anti-autoritaires véritables doivent faire de la politique et même parfois devenir, à l’opposé de toutes leurs convictions, des leaders charismatiques si ils veulent parvenir à fédérer les masses. Il en est ainsi, et pas autrement.

 

Un révolutionnaire, tout communiste et libertaire qu’il soit, doit se battre sur tous les fronts qui s’offrent à lui. Qu’il s’agisse des luttes quotidiennes, des grèves, des projets concrets comme les écovillages, les SEL ou les coopératives, des associations, ou même… des élections.

Celles-ci peuvent se révéler l’occasion de faire circuler les idées et de toucher un maximum de personnes… même si elles doivent être dénaturées par la propagande des médias de masse à la botte de leurs riches possédants.

Bien que rêvant d’une lutte sans partis et sans concessions sur la forme, il me paraît impossible de clasher le capitalisme et de fonder une société communiste (c’est-à-dire, une société sans Etat, sans classes sociales, sans exploitation et sans domination) en ayant omis de préparer le terrain.

Une révolte d’un peuple en colère, et après ? Que vont devenir les révolutions tunisiennes, égyptiennes, libyennes ? Tout simplement, d’autres avatars du capitalisme.

Être populiste ne suffit pas. Si les peuples ne sont pas informés, « aiguillés », éduqués, rien de nouveau ne pourra vraiment en sortir.

Il n’y a qu’à voir les propositions « communes » des Indignados en Espagne – mouvement que je soutiens naturellement de tout cœur : malgré toute cette bonne volonté, toute cette énergie revendicatrice, il s’agit encore et toujours de réformer le capitalisme. En grande partie, par manque de références, d’idées, de vision globale de la société.

 

Et puis, qui sait ? Malgré toutes les limites inhérentes au système, ne pourrions-nous pas être tentés de rêver ? Un président et une assemblée élus pourraient peut-être faire office de détonateur dans l’implosion du système, en prenant rapidement des mesures radicales permettant d’affaiblir sa soumission à la classe dominante et de le « débrider ». Nous n’avons finalement pas grand chose à y perdre… à condition de ne pas sombrer dans l’électoralisme et la politique politicienne, comme la plupart des partis dits « communistes » l’ont déjà fait.

Mais ça, ça reste encore du domaine du rêve.

 

En tout cas, présenter un programme pour les élections présidentielles, ça reste relativement classieux. Même si l’on n’a pas l’âge requis pour assumer ladite fonction.

Voici donc le programme que je tenterais d’appliquer si vous m’élisiez Président de la République Française en l’An de grâce 2012 :  *musique officielle*

 

 

Économie


L’économie, c’est quand même un peu la base de tout. Objectifs : abolir le profit, l’exploitation, le productivisme, le consumérisme, les classes sociales, la misère et la propriété privée des moyens de production.

 

  • Nationalisation de toutes les grandes entreprises, qu’elles soient d’origine française ou étrangère, et de tout ce qui se doit d’être un service public (transports, énergie, laboratoires,…). Remise du pouvoir de ces entreprises entre les mains de leurs employés sur un modèle de démocratie directe autogestionnaire, sans hiérarchie, cadres surpayés ou autres, à la manière des sociétés coopératives.

  • Toutes les entreprises nouvellement créées doivent l’être sous cette forme de coopératives autogérées, en attendant que l’ensemble des entreprises soient passées à l’autogestion démocratique. Le salariat est ainsi aboli.

  • Nationalisation de toutes les banques, afin de reprendre en main le pouvoir monétaire (enfin, de ce que notre appartenance à la zone Euro nous laisse).

  • Création d’un système monétaire alternatif à celui du capitalisme au niveau national – par exemple, basé sur une monnaie scripturale gagée sur la production (la valeur de la monnaie créée tous les mois et distribuée à la population selon différents revenus correspond à la valeur de ce qui est produit), non thésaurisable (« détruite » à l’usage = abolition du profit) et prenant en compte le coût écologique dans la définition de la valeur des biens et services -, utilisé dans un premier temps en parallèle de l’existant pour ensuite le remplacer totalement. Stop à la loi de la rentabilité et à la barrière virtuelle créée de toute pièce par le système capitaliste de l’argent ! (qui n’a jamais entendu : « C’est bien tout ça, mais où trouver les sous pour le financer, hein ? »)

  • En attendant que ce nouveau système monétaire soit mis en place et que toutes les entreprises soient aux mains des travailleurs et des populations locales, taxation à 100% des revenus au-dessus de 5 fois le SMIC et augmentation de celui-ci à 1600 euros.

  • Réquisition des logements vacants, lancement d’un vaste programme de construction de logements écologiques et de rénovation écologique des logements existants.

  • Réquisition des biens et nationalisation des entreprises des « évadés fiscaux » et autres lobbyistes capitalistes qui voudraient liquider leurs entreprises pour faire pression – dans le court laps de temps précédent leur « collectivisation ». Le système monétaire changeant, le problème de la « fuite des capitaux » n’en est plus un : la production n’a fondamentalement besoin que d’hommes, de savoirs et d’outils.

  • Abolition de la propriété privée des terres et des habitats au profit d’un droit d’usage (la propriété privée des moyens de production étant d’ors et déjà abolie par leur collectivisation autogestionnaire).

  • Abolition du grand héritage.

  • Création d’instituts de statistique afin d’étudier les besoins, la consommation, la production, la force de travail disponible,… pour préparer une planification décentralisée et démocratique de la production.

  • Création d’un Revenu Inconditionnel d’Existence, accordé à tous et permettant à chaque être humain de vivre de manière digne.

  • Abolition de tous les systèmes de brevets, en particulier les brevets sur les médicaments.

  • Dissolution de la SACEM et consort. Création d’un espace web permettant de partager toute la culture possible et imaginable, et permettant de rémunérer les artistes d’une manière juste et équitable. Abolition du copyright.

  • Amélioration massive du réseau et gratuité afin que tous les foyers puissent avoir accès à Internet.

 

Écologisme

 

Celle-ci étant particulièrement liée à la production et à la consommation, voir également les propositions concernant l’économie.

 

  • Énormes investissements et travaux dans les transports en commun. Gratuité totale de ces transports en commun.

  • Fermeture immédiate des centrales nucléaires les plus dangereuses.

  • Préparation d’un plan pour sortir du nucléaire d’ici une dizaine d’années, basé sur la sobriété énergétique (on pourrait consommer beaucoup, beaucoup moins d’énergie en produisant moins de saloperies inutiles voulues par le consumérisme !), un investissement massif dans la recherche sur les sources d’énergie écologiques (pour l’exemple, aujourd’hui, le coût de mise à jour du parc nucléaire français est de 40 milliards d’euros : si nous y avions consacré le même budget, les systèmes de production d’énergie « propres » seraient, et de loin, bien plus productifs !) et l’efficacité énergétique (logements écologiques prévus pour consommer moins en énergie et en chauffage, diminution de la longueur des trajets par la localisation de la production d’énergie,…). Contrairement à ce que le lobby de l’atome tente de nous faire croire, c’est très largement possible !

  • Interdiction des transports de marchandises par autoroutes (camions), au profit du ferroviaire et du maritime.

  • Diminution drastique de la vitesse maximale autorisée sur les routes.

  • Interdiction de la culture des OGMs. Remplacement de l’agriculture intensive à la fois destructrice de l’environnement et improductive par une agriculture biologique relocalisée, respectueuse de l’environnement et basée sur la connaissance scientifique de l’écosystème (écologie). Selon une étude, on pourrait doubler la production agricole mondiale en utilisant des techniques comme l’agro-écologie !

  • Lutte intensive contre l’obsolescence programmée (machines volontairement bridées et « tombant en panne » afin de pouvoir vendre plus).

  • Interdiction de la publicité pour stopper le consumérisme créant des besoins inutiles.

  • Arrêt immédiat des productions inutiles flagrantes (armes, produits de luxe polluant,…), et réflexions afin de diminuer largement la production et la consommation… la plupart des biens que nous consommons étant en réalité superflus !

  • D’une manière générale, relocalisation de l’économie et de la production.

 

Institutions

 

Pour une vraie démocratie directe et décentralisée, aussi appliquée au secteur économique !

 

  • Abolition de toutes les lois liberticides (HADOPI, LOPPSI,…) et bureaucratiques.

  • Débats dans toutes les villes et villages afin de former des « communes » d’un nombre acceptable d’habitants (par exemple, entre 5000 et 10000) pour pratiquer la démocratie directe.
    Le but est, au final, d’abolir l’Etat bourgeois et la démocratie représentative au profit d’une fédération de communes basée sur une démocratie directe intégrale et décentralisée – que ce soit au niveau de l’autogestion des entreprises par les travailleurs, de leur contrôle et création par les citoyens (« planification décentralisée démocratique ») ou de l’établissement des « règles » de chaque commune. Le tout éventuellement aidé par l’informatique et basé sur le concept de « vote qui est concerné ».

  • Développement de programmes sous forme de Logiciels Libres sécurisés afin de faciliter la démocratie directe.

  • Vote par référendum des éléments importants de la mise en place du nouveau système.

 

Éducation

 

Pour une éducation humaniste, libertaire et formant des êtres humains complets et intellectuellement indépendants !

Ce qui pourrait se rapprocher le plus de mon « système éducatif idéal » dans ce qui a existé en France pourrait être quelque chose comme le Centre Universitaire Expérimental de Vincennes ou les différentes « Universités Populaires ».

 

  • Mise en place d’un revenu d’autonomie pour les jeunes (en plus du Revenu Inconditionnel d’Existence).

  • Interdiction de tout financement privé des universités et de toute participation des entreprises aux conseils de gestion.

  • Augmentation significative du budget de l’éducation et de la recherche.

  • Autogestion démocratique des établissements, où tous les élèves et le personnel prennent ensemble les décisions.

  • Fermeture des établissements religieux et des établissements à but lucratif.

  • D’une manière générale, lutte contre l’endoctrinement religieux ou politique de la jeunesse (organisations de jeunesse, catéchisme,…).

  • Unification de l’éducation supérieure, actuellement divisée en différents types d’établissements qui se vouent une concurrence malsaine (Facs, IUT, BTS, prépa, grandes écoles,…) en une seule grande université.

  • Mise en place de « programmes » et de méthodes basés sur « l’envie d’apprendre » plutôt que « l’obligé d’apprendre », et visant à susciter la réflexion personnelle, l’autonomie et le débat au lieu de formater les élèves afin de faire d’eux de bons moutons consommateurs, soumis à l’autorité et « prêts à embaucher ».

  • Redéfinition de la place de l’élève : il faut définitivement tirer un trait sur cette conception conservatrice et autoritaire de l’éducation ! L’élève et le professeur sont deux êtres humains égaux se devant un mutuel respect.

  • Abolition de la notation, concurrentielle et démotivante, au profit d’une évaluation et d’un suivi personnalisés de l’élève par ses professeurs. Ceci nécessite bien sûr une embauche massive de professeurs et autres personnels.

  • Supression du baccalauréat et de la sélection à l’entrée afin de permettre à tous les jeunes et travailleurs de faire ou reprendre des études supérieures.

 

Justice

 

Parce-que la répression coercitive ne résout rien, que la morale religieuse n’a pas à s’ingérer dans nos vies privées et que chacun devrait pouvoir disposer de son propre corps. Nous ne sommes plus au moyen-âge !

 

  • Légalisation des « drogues douces » et dépénalisation de toutes les « drogues ».

  • Libération de tous les prisonniers non dangereux pour la société et injustement privés de leur liberté d’être humain (pour prise de drogue, vol, usage de la liberté d’expression,…), et application éventuelle d’une peine plus adaptée (travaux publics,…). Fermeture progressive de toutes les prisons.

  • Aménagement de centres de désintoxication, d’hôpitaux psychiatriques (sans verser dans la psychose psychiatrique actuelle où tout individu ne rentrant pas « dans le moule » devrait se faire soigner) et autres structures adaptées afin d’aider ceux qui restent à se réintégrer dans la société (en prenant évidement toutes les précautions qui s’imposent). Le but est de remplacer cette justice arriérée et vengeresse, qui punit de la même manière dont on punirait un enfant, par une justice ayant pour seul objectif de protéger et d’aider la population.

  • Abolition des pouvoirs abbérants détenus par la police – bras armé de l’Etat bourgeois et de ses intérêts -, comme la fouille au corps, la mise en garde à vue abusive, etc.

  • Restructuration de la police et de la gendarmerie en un seul corps, de proximité et contrôlable démocratiquement par la population locale (notamment pour éviter les bavures et les abus de pouvoir).

  • Introduction de la démocratie directe et des droits syndicaux au sein de la nouvelle police.

 

Politique étrangère

 

Stop à la politique impérialiste et à l’exploitation des pays pauvres !

 

  • Régularisation de tous les sans-papiers (avec tous les droits qui vont avec : logement, droit de vote,…), ouverture des frontières.

  • Abolition des dettes des pays pauvres.

  • Réquisition des stocks excédentaires et envoi massif d’aides aux pays pauvres (nourriture, médicaments,…). Il est malheureux que de la nourriture soit jetée chez nous, alors que d’autres meurent de faim !

  • Aide à l’éducation des populations des pays défavorisés, en particulier en matière d’agriculture (apprentissage des techniques agro-écologiques,…), afin qu’ils puissent enfin être autonomes et subvenir à leurs propres besoins. La dépendance alimentaire aux pays occidentaux reste une forme d’impérialisme !

  • Retrait de tous les pays où l’armée est présente.

  • Destruction des stocks d’armes, arrêt immédiat des embauches pour au final parvenir à l’abolition de l’armée. Ne soyons pas aveugles, le seul rôle de l’armée est de protéger le système de sa contestation intérieure.

  • Remise aux mains des populations locales des entreprises multinationales françaises situées dans les pays pauvres.

  • Fin des blocus et autres embargos affamant les populations.

  • Arrêt des ventes d’armes et de technologies nucléaires.

 

 

Toutes les propositions de ce court programme, variant en importance et en urgence, ne constituent évidement qu’un vague aperçu de ce qui pourrait être revendiqué par un parti révolutionnaire réellement désireux d’abolir cette société capitaliste esclavagiste, meurtrière et destructrice de notre planète. Cela dit, le jour où un candidat, fût-il « d’extrême-gauche », présentera un programme semblable, un grand bond en avant aura été accompli.

 

À noter que ces propositions sont largement inspirées du projet Codename Utopia, visant à regrouper un certain nombre d’idées cohérentes entre elles pour une alternative concrète au capitalisme. N’hésitez pas à aller y jeter un œil si des questions vous trottent dans la tête, notamment sur le système monétaire, la planification décentralisée ou la démocratie directe.

 

Révolutionnairement.

 

 

gg

  • Définition

    La démocratie, gouvernement par le peuple, s'oppose aux systèmes monarchiques, où le pouvoir est détenu par un seul, ou oligarchiques où le pouvoir est aux mains d'un groupe. Dans son sens originel (dans la cité-État d'Athènes du Ve siècle av. J.-C.), la démocratie (du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, « souveraineté du peuple », de δῆμος / dêmos, « peuple » et κράτος / krátos, « pouvoir », « souveraineté ») est le gouvernement de tous les citoyens (la citoyenneté, cependant, n'est pas forcément donnée à toute la population).
  • L'auteur

    gg

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10 réactions

  1. #1 Yopp le 4 juin 2011

    Rassure moi gg, c’est un troll, hein ?
    Tu n’y crois pas à ce que tu écris. Sinon, go asile psychiatrique quoi…

    J’ai bien ri.
    Si tu cherches les 500 signatures, j’en parlerai quand même à mon maire, plus tu iras loin et plus on rira.
    Cela dit, les blagues de Coluches étaient plus « évidentes », visibles que les tiennes ; là, on doit chercher constamment si tu es sérieux ou pas. Mais ta candidature lulz vaut bien la sienne, j’en suis convaincu.
    Tu as tout mon soutien.

    Révolololutionnairement

  2. #2 Melkion le 4 juin 2011

    C’est du lourd, du très très lourd (comme ils disent sur allocine). Quand on lit en entier, on se rend compte que c’est plus lourdaud que lourd, en réalité.

    On ne peut pas répondre dans un commentaire à cet article, à moins d’en faire un autre (article) illisible. Si tu permets, je le ferai, quand j’aurai un peu de temps, entre le boulot et le projet en le reprenant par point.

    Néanmoins, quelque chose semble m’échapper… Nous sommes d’accords sur le constat (les deux premiers paragraphes), mais les solutions sont si incompatibles que je ne peux que m’interroger. J’ai lu Kropotkine, Reclus ou encore Proudhon. J’ai visionné des heures de conférence de Soral (avant qu’il ne tombe dans la phobie du complot sioniste). Ces auteurs marxistes voire ou anarcho-communistes ne sont pas dans l’erreur quand ils fustigent une certaine « paralysie ». Mais ils ne sont en rien cohérents quand ils préconisent à la fois la liberté et la contrainte pour ceux qui ne seraient pas en accord avec eux. Comment peut-on être contre la coercition et interdire ceux qui décident librement de croire en une religion par exemple ? Comment peut-on se prévaloir d’une morale (l’entraide) et s’empêcher de condamner (Kropotkine réclame l’abolition des tribunaux) ceux qui contraignent gravement à celle-ci (par exemple les violeurs ou les profiteurs) ? C’est invraisemblable.

    La démocratie dans laquelle nous évoluons est une parodie de représentativité, certes, mais cette liberté dont nous jouissons, qui n’est rendue possible que par le 1er amendement de la constitution US et dont l’émanation récente est Internet, nous permet d’envisager des modèles alternatifs. Comme je l’ai déjà dit, un système anarcho-capitaliste n’empêcherait pas les anarcho-communistes de vivre selon leur désir. L’inverse n’est pas vrai. De là, comment peut-on envisager un système de liberté selon ton système sans contraindre la totalité des récalcitrants ? Il y a beaucoup trop de contradictions…

  3. #3 gg lien website le 5 juin 2011

    @Yopp

    Effectivement, je dois être bon pour l’asile psychiatrique, comme tous les marxistes, communistes, anarchistes, gauchistes et autres objecteurs de croissance qui osent remettre en cause les dogmes, croyances, préjugés et divers mensonges manipulateurs inculqués par l’idéologie dominante.
    Si remettre en cause le système monétaire, l’Etat, la prison, les frontières, le profit, l’exploitation de l’homme par l’homme, l’armée, c’est être malade mental, alors quelques centaines de millions de personnes devraient être internées.

    @Melkion

    Je conçois très bien que ça peut être « lourd » à lire pour toi, je sais à quel point il est chiant de lire un pavé qu’on considère comme un parfait tissu de conneries et un amoncellement d’idées idiotes. Je ressens la même chose quand je tombe sur des logorrhées libérales. De là à dire que c’est « lourdaud »…

    Pour répondre aux quelques points que tu as soulevés, il y a une profonde différence entre interdire de croire et interdire l’endoctrinement religieux. Les écoles religieuses, le catéchisme et autres sont des outils de lavage de cerveau. Tu ne choisis jamais une éducation religieuse, tu la subit. 99% des croyants sont catholiques, musulmans, protestants… parce-que ce sont leurs parents qui leur ont inculqué. La liberté de formater ses enfants avec de la propagande religieuse n’en est pas une ; celle de ne pas se faire endoctriner, si. Et ne va pas me répondre « que l’on est libre de toute façon », ce n’est pas vrai. Ce serait renier tout le rôle de l’éducation. Après, je suis pour une totale liberté de culte (ça vaut aussi pour ceux qui veulent se déguiser en Batman ou se flageller). Mais, de la même manière que les parents qui refusent de vacciner leurs enfants pour des motifs religieux sont des assassins, ceux qui imposent leurs croyances religieuses ne valent pas beaucoup mieux que les komsomols.
    En ce qui concerne les tribunaux (je ne connais pas assez Kropotkine pour savoir si sa vision correspond à la mienne), il s’agit de mettre fin à ce résidu ancestral de « loi du talion » qui voudrait qu’on « punisse » les individus à tous prix. Le rôle de la justice devrait être de protéger et d’aider les citoyens, ni plus, ni moins. Au passage, je préfère ne même pas imaginer ce que serait une telle justice dans une société « anarcho »-capitaliste. La loi de la jungle.

    Enfin, le libéralisme absolu (en particulier l’ »anarcho »-capitalisme) mène à la loi du plus fort. Tout système autoritaire n’est qu’un descendant d’un tel système anomique. Tous ceux qui déroberaient à la règle seraient, comme actuellement, assez rapidement… effacés.
    En revanche, dans une société acratique / anarcho-communiste, un groupe de gens pourrait très bien décider de vivre librement en capitalistes. Du moment qu’ils ne viennent pas imposer le pouvoir de l’argent aux autres.

  4. #4 Melkion le 5 juin 2011

    Ah là je trouve qu’on avance, que l’on peut véritablement débattre. Je n’ai pas dit que ce que tu as écrit était un « tissu de conneries ». J’aime confronter mes idées, c’est ainsi que l’on peut juger de leur pertinence, et j’aime à croire qu’il en est de même pour mes interlocuteurs en règle générale, c’est pourquoi j’apprécie que mon flux RSS m’informe d’une nouvel article de ce site, qui autorise l’expression de divergences.

    Concernant un de tes exemples, je peux te répondre par expérience. J’ai été du CP à la 3è scolarisé dans une école privée catholique, avec catéchisme obligatoire et tout le toutim. J’ai donc été obligé d’étudier différentes confessions, le christianisme en étant la part majeure. Pourtant mes parents sont athées (pour être précis, une instit’ et un technicien de Gaz de France, plus fonctionnaires tu meurs, et non pratiquants), mais cela ne m’a pas empêché de développer ma culture, d’accéder malgré de faibles moyens à une certaine littérature, guidé par ma curiosité, et facilité par ce fabuleux outil qu’est Internet. Bien sûr, lorsque l’on décide de laisser mourir son enfant, que ce soit par conviction religieuse ou autre, on reste criminel. Il n’y a pas à tortiller.

    De la même façon, j’ai décidé de lire Kropotkine, comme d’autres auteurs de la paroisse opposée à la mienne (l’anarcho-communisme), par curiosité, ayant envie de confronter mes opinions à des auteurs plus ou moins « célèbres ». Je ne peux m’empêcher de les rejeter, puisqu’eux-mêmes rejettent toute forme de justice. Or il suffit de se documenter sur Hayek (Friedrich August, pas Salma), ou Leoni, pour se rendre compte de l’immense humanité qui transpire de leurs ouvrages. Même Rothbard, le plus « extrême » rejoindrait la dernière phrase de ton commentaire. Ils rejettent en bloc l’anomie, et considèrent la loi du plus fort comme l’antithèse du libéralisme. L’égalité n’est pas le combat final, c’est la lutte contre la pauvreté qui l’est.

    Je pense que les anarchistes n’ont pas effectué leur synthèse (d’une façon large sur le fond, leur rejet de l’état), trop obnubilés par leurs querelles intestines, pour se rendre compte que l’ennemi commun, le pouvoir oligarchique, se joue d’eux. Une fois que cet ennemi sera décapité, les individus sauront que la liberté est préférable. Et ils reconnaîtront d’eux-mêmes la plus efficiente formule.

  5. #5 Niggzs le 5 juin 2011

    Bon désolé de réagir de cette manière mais le premier paragraphe est d’une pauvreté intellectuelle désastreuse !

    Abolition de la dénomination? C’est une réalité constitutive de l’être humain. Abolition de l’Etat? C’est tout simplement livrer l’humanité à l’elle même. C’est le meilleurs instrument de régulation que l’on jamais inventé pour les sociétés humaines, l’abolir est aussi une tâche impossible car son invention permet justement de réguler la domination des hommes contre d’autres. Son abolition c’est la recréation de de l’état de nature caractérisé par son état d’anarchie. C’est donc la dissolution de la société que tu appels de tes veux.
    De même l’abolition des hiérarchie est impossible à partir du moment ou il y a société.

    Bref sans rentrer dans le détail ce paragraphe d’introduction est le type de même de discours qui décridibilise l’extrême gauche, et cela me peine car je me considère dans ce camps là.

    Sur les propositions
    Economie: impossible et peu envisageable pour un peu que l’on connaisse l’économie.
    Ecologie: très intéressant et plutôt d’accord.
    Institutions: désastreux, dangereux et impraticable.
    Education: totalement d’accord.
    Justice: plutôt d’accord.
    Affaires étrangère: utopique, naïf et peu envisageable.

    Bref je suis fatigué et je n’ai pas le temps de détailler mes conceptions, mais en tout cas, si ce programme parait ambitieux, en rupture de prime abord, en y réfléchissant, je lui trouve bien trop de limite pour être applicable.

  6. #6 gg lien website le 5 juin 2011

    Tu confonds l’anomie, qui est l’absence totale de règles et d’organisation, et l’anarchie, qui est l’absence de pouvoir et de hiérarchie (« Ni Dieu, Ni Maître »). Alors qu’effectivement, l’anomie (l’anarcho-capitalisme de Moulkion) est l’état de nature qui dégénère pour parvenir à n’importe quelle société autoritaire, l’anarchie (ou le communisme, pour moi c’est plus ou moins la même chose) est le type de société le plus abouti : c’est l’Ordre sans le Pouvoir.
    L’abolition de l’Etat, des frontières, des classes sociales, de la domination, c’est quand même un peu ce qui relie toute l’extrême-gauche, de Marx à Proudhon en passant par Kropot et Bakounine. C’est au contraire ce qui fait sa prise de conscience et sa crédibilité.
    Mais je ne pense pas qu’on puisse tomber d’accord là-dessus, je me rappelle de ton article (pas ici) où tu fais l’éloge de la bureaucratie.


    « Economie: impossible et peu envisageable pour un peu que l’on connaisse l’économie.  »

    L’économie est une science humaine (et non une science tout court), fondée sur des dogmes et des idées reçues. C’est l’arme de destruction massive de la classe dominante et des libéraux (« On est trop forts en économie, vous êtes des brèles ; donc laissez-nous faire »).
    D’ailleurs, ce que je souhaite, c’est la sortie de ce système monétaire absurde basé sur le profit et l’accumulation. Comment dire que c’est « impossible », même en tenant compte de tous les mensonges de l’économisme ? D’autant plus que les quelques endroits où une économie semblable a été testée, ça a très, très bien marché. Et d’autant plus qu’un certain nombre d’économistes et banquiers plutôt doués sont favorables à un système similaire (économie distributive de Jacques Duboin, écosociétalisme de Holbecq ; sans parler des marxistes qui sont au moins pour l’autogestion et la planification démocratique, et du ParEcon de Michael Albert et Robin Hahnel qui s’en rapprocherait un peu).
    Donc le classique « argument d’autorité » : zéro.


    « Institutions: désastreux, dangereux et impraticable.  »

    Déjà évoqué plus haut. Une fédération de communes gérées démocratiquement est hautement plus souhaitable qu’un Etat bureaucratique et centralisateur qui mène aux relations de domination… cf URSS (là, je pense que Melkion est d’accord avec moi).

    « Affaires étrangère: utopique, naïf et peu envisageable.  »

    Qu’est-ce qui est naïf ? La régularisation des sans-papiers, l’abolition de l’armée ou l’arrêt des ventes d’armes (je pense pas que le reste soit soumis à controverse) ? Si se rendre compte que l’armée ne sert à rien, que laisser des mecs au bord du trottoir c’est pas très cool ou que vendre des armes à des dictateurs, ça tue des gens, c’est être naïf, eh bien dans ce cas je suis un grand naïf :)



    Après, si tu es effectivement pour un Etat fort, pour la propriété privée des moyens de production, pour la démocratie représentative et pour le profit, je ne pourrais que te suggérer de remettre en cause ton appartenance à « l’extrême-gauche » ;) C’est un peu la base de tout.

  7. #7 gg lien website le 5 juin 2011

    Ah, j’avais pas vu la deuxième réponse de Melkion :peticoeur:

    Effectivement, nous pouvons débattre, c’est même là le lieu idéal :) D’autant plus que nous partageons (paradoxalement ?) un certain nombre de « positions » en commun.

    Je sais bien que la loi du plus fort est opposée au libéralisme, puisque le libéralisme veut la liberté pour tous. Sauf que, pour moi, le libéralisme ne peut pas exister, et mène directement à la loi du plus fort. Profit –> Accumulation d’argent –> Pouvoir –> Domination (non, rien à voir avec les gnomes voleurs de slips :D)

    Concernant la religion, même si je suis pour l’abolition du catéchisme et autres, je ne pense pas que ce soit réellement faisable en premier lieu… ni souhaitable. Il y a déjà assez de gens qui ont des choses à perdre, sans en plus se mettre les croyants à dos :D
    Ton exemple est un peu celui qui confirme la règle. Tu es quelqu’un d’intelligent, qui aime découvrir de nouveaux trucs et des opinions différentes. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Si il n’est pas vrai que tous ceux qui ont une éducation religieuse deviennent effectivement religieux (j’ai moi même été baptisé catholique, et j’ai échappé de peu au catéchisme… ouf :D), tous ceux qui sont religieux (ou presque) ont eu une éducation religieuse (écoles, catéchismes, ou simple éducation des parents). Bref, de toute façon, pour moi, l’école doit être publique et laïque.

  8. #8 delesque gerard le 6 juin 2011

    salut les faiseurs de nouveau
    pas vraiment de surprise aux reactions et commentaires sur cette proposition qui a le merite d etre simple et d exister
    je ne crois pas que nous ayons tant d interet a debattre de cette facon
    c est une maniere de se buter alors que d evidence nous sommes bien d accord sur une generalite : pratiquement tout est a changer et meme a reinventer , en fait le fait meme d avancer dans le changement sera le point de continuite et de constat pour que suive ce changement , aucune transformation ne peut se faire dans la violence , a moins de vouloir couler le navire , par contre les priorites sont assez evidentes ….on peut peut etre se dire que tout le monde a raison mais qu on se doit de commencer par le debut
    c est a dire les points critiques et le simple fait de creer de la participation va ouvrir des tas de solutions
    vamos juntos
    gerard

  9. #9 Francois Breton le 17 juin 2011

    « Fermeture des établissements religieux et des établissements à but lucratif. »

    Tous les établissent religieux que je connais sont à but lucratif.

  10. #10 Niggzs le 21 juin 2011

    Merde il faut que j’arrêter de poster à 5h du matin après une soirée….

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